2008.05.10
Middlesex...
Mes souvenirs - Histoire d’Alexina / Abel B.
Herculine Barbin
La cause des livres, 2008
Middlesex…
En 1874, le Docteur Ambroise Tardieu publiait un ouvrage scientifique intitulé "Question médico-légale de l'identité dans ses rapports avec les vices de conformation des organes sexuels", qui comprenait un manuscrit découvert en 1868, dans "une des plus pauvres mansardes du Quartier Latin". Auprès de ce manuscrit, un corps : celui d'Abel Barbin, âgé de vingt-huit ans, qui venait de se suicider. Abel, certes, pourtant né(e) Adélaïde Herculine Barbin (surnommée Alexina par ses proches) et rebaptisé(e) à vingt et un ans, après qu'un tribunal la/le déclare de sexe masculin. Une décision administrative qui tient compte de la « prédominance évidente du sexe masculin » d’Abel d’un point de vue physiologique, néanmoins insuffisante à résoudre les états d’âme de cet hermaphrodite et d’offrir de réponse à ses incessants questionnements identitaires.
Abel fait le récit de sa courte existence sans aucune prétention littéraire ("Ma plume ne peut se mesurer à celle de ces géants du drame", écrit-il en mentionnant Alexandre Dumas et Paul Féval) ; il se raconte avec pudeur et dignité – une tournure d’esprit engendrée selon toute vraisemblance par la honte qui l’habite, mais aussi par une éducation religieuse « parfaite », tout au long des années durant lesquelles il fut « fille » puis « femme». En effet, jusqu'à quinze ans, Herculine est confiée au "calme délicieux des maisons religieuses". Les "études sérieuses" comblent la jeune fille, ainsi que diverses amitiés avec certaines de ses camarades, à qui elle voue parfois des passions démesurées ; des comportements qui ne sont pas sans inquiéter les religieuses. Ces dernières ne lui inspirent qu'un profond amour, respectueux, et le soutien moral qu'elles lui apportent sera essentiel. Aussi, de retour chez sa mère, Herculine se voit proposer une carrière dans l'enseignement ; elle accepte, malgré "une antipathie non raisonnée mais profonde pour le métier". Deux ans d'école normale, où elle vit de nouveau entourée de jeunes filles, lui font prendre conscience de sa nature trouble ; ses sens en éveil ne cessent de la harceler dans un lieu qu’elle décrit pourtant comme un "sanctuaire de la virginité", et seule l'étude semble la protéger temporairement des pulsions qui la tiraillent mais qu’elle ne comprend pas. Ses études terminées, elle est affectée à l'école privée d'une petite ville et tombe amoureuse de Sara, une autre institutrice qui deviendra sa maîtresse, avec toutes les complications que ce statut provoque.
Rien de rocambolesque, ni de grivois, car l'humour n'a pas sa place ici ; à défaut, l’auteur exprime une lucidité désespérée et morbide. Si érotisme il y a, il n'est nullement prémédité ou gratuit, mais uniquement dicté par un profond désir d'authenticité de la part d'Abel Barbin ; un désir pourtant étouffé par la douleur qui nourrit ce récit : une souffrance infinie se dégage de ce témoignage, une souffrance morale, surtout, qu'il/elle ne cesse de clamer et de renvoyer à la face d'une société en marge de laquelle il se situe ; car sa nature hybride fait naître des réactions cruelles chez certains avides de scandale (en particulier la presse, qui multiplie les « insinuations perfides » quand il est déclaré « homme » par l’état civil) et même si d'autres le soutiennent (sa mère, les médecins, son amie Sara, ou encore l'évêque qui tranchera pour lui), il sait que les voies vers un bonheur simple lui sont fermées, comme à jamais voué à la marginalité ; pour preuve, devenu officiellement un homme, il admet que sa "connaissance intime, profonde de toutes les aptitudes, de tous les secrets du caractère de la femme" ferait de lui "un détestable mari". Une souffrance née d’une ambivalence inscrite au cœur du texte (oscillant sans cesse entre le masculin et le féminin pour parler de lui), que lui/elle-même est incapable d’apaiser et qui le mènera au suicide.
Tout comme leur auteur, ces mémoires très particuliers, écrits d'une plume élégante, ont une histoire : nous devons à Michel Foucault d'avoir retrouvé le texte dans les archives du Département de l'Hygiène publique, de l'avoir publié en 1978, accompagné de documents d'époque et d'avoir ainsi fait connaître Abel/Herculine Barbin, mi-homme, mi-femme, incapable de définir sa véritable identité sexuelle, qu'elle soit biologique ou psychique. Tragédie identitaire, récit d'éducation, témoignage de l'histoire privée, ce récit frappant et sincère est aussi un appel à la compassion et au respect. « Il est difficile de lire une histoire plus navrante, racontée avec un accent plus vrai », disait Ambroise Tardieu en introduction de ces Souvenirs.
Blandine Longre

En annexe de cette publication soignée et fort agréable à parcourir, on trouvera divers éléments de documentation – dont un texte d’Antoinette Weill (qui retrace les lois scolaires qui se sont succédées au cours du XIXe), des données chronologiques et biographiques, le rapport précis de l’examen médical d’Herculine, à l’âge de 21 ans, ainsi que quelques photos d’un hermaphrodite inconnu, signées Nadar.
Le titre de cet article fait référence au roman de Jeffrey Eugenides, Middlesex - critique en ligne.
13:31 Publié dans Essais & non-fiction, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, herculine barbin, souvenirs, mémoires, hermaphrodite, middlesex, jeffrey eugenides
2008.05.09
Non !
Ceux qui ont dit NON, nouvelle collection aux éditions Actes Sud Junior, aurait tout aussi bien pu s'intituler "Non !" (sur le mode de J'accuse ! des éditions Syros), puisqu'on est là dans le registre de la révolte et de l'indignation. Une révolte toutefois pensée, structurée, qui sait ce qu'elle veut et s'engage avec intelligence dans des luttes pour des causes justes. Les quatre ouvrages qui inaugurent la collection, dirigée par Murielle Szac, mettent en scène des figures historiques dont l'engagement résonne encore aujourd'hui et peut servir d'exemple : Victor Hugo, Rosa Parks, Victor Jara et Lucie Aubrac. Quatre individus dont les actes et/ou les propos ont contribué à l'avancement de l'humanité.
Ici, plutôt que de proposer un documentaire, la directrice de collection a opté pour la forme romanesque ; chaque ouvrage comprend donc une fiction historique, complétée par un dossier qui permet d'établir de vrais liens entre les luttes du passé et celles du présent. Ainsi, le roman de Bruno Doucey (poète, romancier, essayiste et éditeur aux éditions Seghers), Victor Jara : non à la dictature, est suivi d'un texte qui relate le combat d'Aung San Suu Kyi, qui s'oppose à la junte militaire de son pays, la Birmanie, tout comme Jara (1932-1973) dénonçait la répression militaire au Chili. De même, le dossier qui suit Victor Hugo : non à la peine de mort, signé Murielle Szac, permet de découvrir d'autres opposants à la peine de mort, dont Cesare Beccaria, l'un des premiers à dénoncer l'assassinat "légal" pratiqué par le pouvoir en 1776, mais aussi Camus, Jaurès, Koestler, et Badinter. L'auteure explique aussi (pour ceux qui le sauraient pas...) qu'en Chine aujourd'hui, les stades servent aussi de lieux d'exécution ("de macabres mises en scène publiques").
Rosa Parks : "Non à la discrimination raciale" de Numrod.
Victor Hugo : "Non à la peine de mort" de Murielle Szac
Lucie Aubrac : "Non au nazisme" de Maria Poblete
Victor Jara : "Non à la dictature" de Bruno Doucey
11:56 Publié dans Edition, Littérature francophone, Littérature jeunesse, Romans ados | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, adolescence, jeunesse, actes sud junior, luttes
2008.05.07
Condamnés au Paradis
Au plus loin du tropique de Jean-Marie Dallet - Editions du Sonneur
Condamnés au Paradis
« Quand vous serez tous morts petits Blancs qui sentez le cadavre de vos possessions, l'île entière m'appartiendront, et le dernier d’entre vous je l’envelopperai dans le drap cloué au-dessus de mon comptoir, ce drap sur lequel j’ai peint "Rôtissez tous au fond de l’enfer" avec mes caractères hakka bien plus beaux que vos lettres en chiures de mouche, puis j’irai brûler le tout au fond de mon jardin – à cette pensée Ah You éclate d’un rire qui découvre trois chicots, multiplie les rides de son visage gris jaune alors que la lumière de l’aube filtre à travers les auvents entrouverts, il est là debout au milieu de son échoppe… »
Parataito, « Paradis » en maori, un atoll perdu (« plat, petit et tout en rond (…) à peine un point noir entre Tuamotu et Gambier »), colonie pénitentiaire oubliée de tous, abrite encore une drôle de troupe qui tient à peine sur pied : cinq vieillards condamnés à l’exil, aussi disparates les uns des autres que leurs crimes respectifs – Ma Pouta, la vieille maquerelle, Trinité, le métis unijambiste, Pétino, le vieux militaire pétainiste, Corentin, le prêtre concupiscent, et Ah You, le Chinois qui tient boutique et qui n’attend que la disparition des quatre autres pour devenir le souverain des lieux… Il faut dire qu’au fil des années, ils ont déjà vu nombre des leurs s’éteindre et, survivants d’une longue liste de bagnards ayant échappés à la guillotine, ils s’accrochent tant bien que mal à ce qui leur reste de vie, au quotidien qui s’étire sans fin et aux quelques bribes de souvenirs à travers lesquels ils se définissent et se complaisent à revivre ce que le temps a définitivement effacé.
En ce 1er janvier, tandis qu’ils attendent la goélette pénitentiaire qui les ravitaille deux fois l’an, ils s’apprêtent à se rendre à l’office religieux que Corentin s’obstine à célébrer, bien que ses compagnons ne manquent jamais de s’endormir avant la fin de son sermon, et que ces derniers connaissent d’avance les élucubrations que va leur servir le vieux pervers… quand un cyclone frappe l’île et ses alentours, provoquant deux événements qui vont temporairement bouleverser l’ordonnancement (certes déjà un peu bancal) du quotidien de ces prisonniers sans geôliers : la mort de l’un d’entre eux et l’arrivée de Kerlan, jeune naufragé semi amnésique échoué sur la plage, qui bien vite devient le protégé des quatre vieillards restants – ils entreprennent de le sauver in extremis des bernard-l'hermite, de panser ses plaies, de le soigner, de le nourrir, de le bichonner, bref, de l’accueillir dans leur univers déglingué et lui confier quelques-uns de leurs souvenirs.
Dès les premières lignes, cette étonnante robinsonnade séduit le lecteur, qui se perd et se retrouve dans les monologues fluides et truculents de chacun des personnages, le narrateur intervenant régulièrement pour remettre un peu d’ordre dans le récit (l’absence de délimitation entre le « je » et le « il » impersonnel ne perturbe pas longtemps) ; les soliloques (ou dialogues avec ce qu'ils furent et ne sont plus) sont composés de lambeaux de mémoire, de plongées nostalgiques dans leurs passés respectifs (rarement idylliques, mais qu’ils ont néanmoins pris l’habitude de magnifier) : un épanchement de rancoeurs accumulées pour certains, une litanie des regrets pour d'autres, un éternel ressassement qui se traduit dans l’écriture elle-même, syntaxiquement décalée, à l’image des pensées qui se chevauchent dans l’esprit des narrateurs qui prennent la parole en alternance. L’auteur fait entendre la voix de rebuts, mis au banc d’une société rigoriste, des naufragés involontaires de l’existence dont l’humanité n’est toutefois pas à démontrer et dont le véritable Eden se trouve ailleurs que sur cet atoll, coin de paradis qu’ils maudissent (« enfer posé sur les flots », « atoll de désolation »). Des personnages qui forment un microcosme signifiant, reflet de la société qui les a rejetés mais à laquelle ils restent attachés, coûte que coûte, en reproduisant sur leur bout de terre un semblant d’organisation sociale ; soulignons cependant que ces figures certes emblématiques (le prêtre, le militaire, la putain, le commerçant et l’esclave) ne sont jamais monolithiques ou fonctionnelles, en dépit de la théâtralité qui émane de l’ensemble, mais restent très attachants malgré leurs tares ou leurs défaillances.
Ce qui ressort de ces portraits nous concerne tous : donner un sens à une existence dérisoire (et parfois à un passé qui ne l’est pas moins), trouver une logique au chaos de la vie, dépasser l’horizon unique auquel chacun de nous a pu s’accoutumer… Qu’espèrent encore Ma Pouta, Trinité, Pétino, Corentin et Ah You ? Une rédemption possible pour les crimes commis (ou dont ils ont été injustement accusés) ? Un pardon ? Pas vraiment. Une délivrance, peut-être ? Un départ de l’atoll ? Un retour, en tout cas, à la « civilisation » qui les a abandonnés. En revanche, le naufragé Kerlan semble en quête de tout autre chose – d’une libération, mais qui se traduirait d’une autre manière, tant il aspire à la solitude que l’île, loin d’être déserte, ne pourra lui offrir qu’une fois les autres partis ou morts.
Sur le mode de la robinsonnade (du naufrage à la délivrance – qui ne revêtent pas le même sens pour tous), Jean-Marie Dallet tisse un roman jubilatoire, où le huis clos n’a rien d’étouffant, où règne une atmosphère au contraire souvent joyeuse et cocasse – un récit hors normes, entre réalisme cru et allégorie poétique, qui s’achève sur une touche de sérénité, une échappatoire à l’enfer du monde et de la civilisation. Une oeuvre brève, dense, polyphonique et savoureuse, à laquelle on se hâtera d'aller goûter.
(B. Longre, mai 2008)
http://www.editionsdusonneur.com/
Depuis Les Antipodes, édité au Seuil en 1968 et préfacé par Marguerite Duras, Jean-Marie Dallet a écrit une quinzaine de romans, dont Dieudonné Soleil, qui obtint la Bourse Goncourt du récit historique. Il a toujours « navigué » entre la Méditerranée, le Pacifique Sud et Paris. Encre de guerre est son deuxième roman publié aux Éditions du Sonneur.
00:57 Publié dans Critiques, Littérature francophone, Livres de chevet | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, livre, jean-marie dallet, le sonneur
2008.04.24
Les retourneurs d’idées
Revue Brèves n°84, janvier 2008
L'Atelier du Gué, revue trimestrielle
Des auteurs libres, des lecteurs libres
"Un livre n'est pas un évangile à prendre en entier ou à laisser. Il est une suggestion, une proposition - rien de plus. C'est à nous de réfléchir, de voir ce qu'il contient de bon et à rejeter ce que nous y trouverons d'erroné." (Kropotkine, 1909)
Les livres relatant, commentant, louant, commémorant (etc.) Mai 68 pullulent dans les librairies (et pas seulement libertaires) et puisqu’on se trouve en plein revival rebelle, parlons aussi du numéro 84 de la revue Brèves (créée en 1976 par Martine et Daniel Delort - « doyenne des revues de nouvelles », comme l’écrit René Godenne dans La nouvelle de A à Z – éditions Rhubarbe), consacré aux « retourneurs d’idées » : les écrivains anarchistes de la fin du XIXe siècle. L’anarchie, un « mouvement qui va le mieux permettre aux écrivains de concilier engagement et liberté » (nous dit Caroline Granier dans sa lumineuse introduction), très loin de toute idéologie figée, du dogmatisme et de la langue de bois des politiciens (de droite ou de gauche), et les amener à transmettre et à s’engager par le biais de leurs écrits, prenant conscience du rôle « social » de l’écrivain mais aussi de son indépendance, vis-à-vis des pouvoirs en place ou de leurs pairs.
Il ne s’agit pas, en effet, d’un « mouvement » littéraire unifié, même s’il est possible de « cerner un ensemble de tentatives, de réalisations, dont le projet vise à ne pas séparer la littérature des autres manifestations de la vie. » Littérature de réflexion et de lutte, donc (qui doit cependant éviter l’écueil de la propagande) mais aussi d’émotions (plus parlantes que les grandes théories), les écrits de ces « retourneurs » ou « stimulateurs d’idées » incitent les lecteurs à s’affranchir des « fictions sociales » et de la domination en général (celle du capital, de l’économie ou des arbitraires), en s’appuyant sur des histoires, des contes ou des fables, mais aussi des chansons, du théâtre, des romans et, bien évidemment, des nouvelles… dont un échantillonnage est proposé dans ce numéro, de Florentine, de Georges Darien, aux Vampires de Louise Michel (un récit où nécrophagie, faits divers et injustice sociale sont mêlés), sans omettre L’arrivée du colon d’Isabelle Eberhardt (une voyageuse dont on lira une autre nouvelle dans l’anthologie d’Eric Dussert, La littérature est mauvaise fille), Le Noyé de Victor Barrucand (un texte très moderne par sa forme oralisée), ou encore des auteurs plus connus, comme Octave Mirbaud ou Jules vallès.
Eric Dussert, de son côté, s’est penché sur le cas de l’énigmatique Flor O’Squarr, qui relate, dans Sous la Commune, une histoire d’amour non moins énigmatique (où une jeune femme refuse de se donner à son amant à moins de se sentir en danger…) et dont le livre documentaire, les Coulisses de l’anarchie (1892), s’est vu d’emblée fermement critiqué par les vrais anarchistes. Pour clore ce numéro spécial, un hommage est rendu à la revue « d’art et d’humeur » Le Fou parle, créée en 1977 par Jacques Vallet, Albert Meister et Philippe Ferrand, et disparue en 1984, dans un dossier dédié à cette aventure collective en marge, forcément dérangeante, qui se revendiquait du courant libertaire.
(B. Longre)
commander en ligne
http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/-Atelier-du-Gue-.h...
17:00 Publié dans Liberté d'expression, Littérature francophone, Luttes, Revues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, anarchisme, revue brèves
2008.04.23
Où ont-ils la tête ?
Les enfants sans têtes d’Antoine Bouvier, Les impressions Nouvelles, 2008
Le titre fait référence à la chanson des Pixies (Where is my mind ?) que chantent les cinq personnages autour d’un feu, une nuit d’été. Cinq jeunes gens, garçons et filles, qui s’interrogent sur leur existence, sur l’amour physique et les sentiments qui vont ou non avec, se cherchent – se trouvent ou se perdent – à l’âge frontière de tous les possibles, quand on croit encore que rien n’est déterminé. Le trait fluide et souple d’Antoine Bouvier épouse harmonieusement la fragilité des sensations et des pulsions, les questionnements sans réponses, entre vie en groupe, aspirations à la solitude et tentation d’être à deux. Un joli roman graphique, un brin mélancolique, qui plaira tout autant aux adolescents d’aujourd’hui qu’à ceux d’antan. B. Longre
01:18 Publié dans Critiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, bd, roman graphique, antoine bouvier
2008.04.09
Courants Noirs
Toute nouvelle collection de romans lancée par les éditions Gulfstream avec, aux commandes, l’auteur Thierry Lefèvre, Courants Noirs propose des intrigues policières, des thrillers, des romans noirs, qui ont pour décor des époques révolues, proches ou lointaines. Les deux premiers titres, Ami, entends-tu… de Béatrice Nicodème et Fleurs de Dragons de Jérôme Noirez, transportent le lecteur, respectivement, dans la France de 1943 et dans le Japon médiéval. Des romans pour tous (entendez par-là ados comme adultes), exigeants, denses et dont le grand format et les couvertures signées Aurélien Police sont une belle incitation à la lecture.

Deux autres titres prévus pour septembre 2008 : Attaques nocturnes de Thierry Lefèvre et L’empire invisible de Jérôme Noirez.
www.gulfstream.fr/courantsnoirs/accueil.php
Thierry Le






















































































































