2009.10.26

En librairie

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(Merci à la photographe !)

2009.10.15

A paraître en 2010

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Sanguine

sanguine.jpgSanguine
de Cynthia Leitich Smith, traduction Blandine Longre
Editions Intervista, parution octobre 2009

Austin, Texas. Depuis la mort de ses parents, Quincie, lycéenne de 17 ans, gère le restaurant familial avec l’aide de son oncle. L’affaire périclitant, celui-ci lance l’idée d’un établissement thématique : Sanguini’s, un restaurant vampirique ! Quand le chef cuisinier est assassiné, tout bascule. Kieren, l’ami d’enfance de Quincie, est soupçonné. Entre thriller gothique et quête amoureuse, entre rire et terreur, sexe et sentiments, fantastique et réalité, SANGUINE est un roman fascinant qui porte à l’incandescence de façon très originale ce nouveau phénomène littéraire qu’est la « bit-lit » (la littérature qui mord) dont Twilight de Stephenie Meyer est le représentant romantique. Quincie, la narratrice, est une adolescente de son temps, résolument transgressive, pas du tout éthérée, une battante avec son franc-parler et ses désirs explicites. Le ton du roman est… mordant et débridé, volontiers ironique. SANGUINE aborde, sans pruderie mais sans vulgarité, la sexualité inhérente au thème du vampire, c’est-à-dire la part d’animalité qui est en nous. Il est d’une grande finesse dans l’analyse du processus ambigu de fascination-répulsion qui s’installe entre les proies et les prédateurs, les bourreaux et les victimes. Un roman résolument « young adults », pour grands ados de notre époque et pour adultes, qui séduira un très large lectorat.
Titre original : Tantalize, paru aux USA en 2007


Cynthia Leitich Smith, journaliste et écrivain, amérindienne de la tribu des Creeks, vit à Austin, Texas. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, des albums ainsi que des nouvelles, et se montre très active dans ce domaine (rep o rtages, articles, interventions, ateliers d’écriture, etc.). SANGUINE, son premier roman pour grands adolescents, a été très bien accueilli aux USA, certains l’ont surnommée « The Anne Rice for teen readers. »

Les Démoniaques

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Les Démoniaques - Tome 1 - La Nuit des Ombres
Simon Holt , Blandine Longre (traduction)
Hachette Jeunesse, Collection Hors-série roman, septembre 2009

4e de couv.
Lorsque Margot découvre dans la librairie où elle travaille un vieux journal manuscrit intitulé "Les Démoniaques", elle est loin de prendre ce livre au sérieux. Avec son meilleur ami, Alex, fan comme elle de films d'horreur, ils décident alors d'invoquer les créatures infernales mentionnées dans le journal : des Vores, qui semblent pouvoir investir les corps de ceux qui ont peur et dont les âmes sont alors rejetées dans les limbes. Margot et Alex, sûrs de ne pas se laisser prendre, procèdent au rituel. Mais Henry, le petit frère de Margot qui se trouve à l'étage de leur maison, lui, a très peur

Conan Doyle

sherlockholmes.jpgL'aventure du ruban moucheté
d'Arthur Conan Doyle - nouvelle traduction
Christel Espié (Illustrateur) , Blandine Longre (Traducteur)
Album - Broché
éditions Sarbacane, octobre 2009

4e de couv

Une jeune femme affolée réveille à l’aube Sherlock Holmes et son ami Watson : sa sœur a péri brutalement dans des circonstances inexpliquées, tandis que son beau-père, homme violent et irascible, l’effraie de plus en plus… De Baker Street aux brumes de la campagne anglaise, une aventure du célèbre détective à l’atmosphère  ultra-britannique, illustrée de superbes peintures grand format.

2009.02.02

RectoVerso, revue

rectoverso4.gifLa revue Recto/Verso est un espace de travail et d’échange autour de l’étude de la création littéraire et artistique. Dévouée à la jeune recherche internationale dans l’étude de la genèse des œuvres et des manuscrits d’écrivains, dans différents domaines littéraires, linguistiques et artistiques, Recto/Verso est une revue interdisciplinaire et quadrilingue. Elle publie des articles en anglais, français, espagnol et italien et se compose de cinq rubriques - « Cahiers de genèse », « Rendez vous », « Passerelles », « Marges » et « Apprentissages ».

Le numéro 4 vient de paraître, intitulé "Mauvais genres".

Le sommaire 

"Du roman noir à la littérature de jeunesse, de la science-fiction au roman sentimental ou policier, cette littérature, pour faire l’objet, depuis de nombreuses années, d’études scientifiques, reste prise dans le spectre du genre à contraintes. Souvent abordée sous l’angle exclusif du procédural ou de l’archétypal, elle peine à s’extraire, malgré la diversité de ses réalisations, du carcan des mauvais genres, ceux-là même qu’on fréquente sans (trop) le dire, et qu’on hésiterait en principe à interroger dans le cadre d’une recherche génétique. (...) Au cœur de ce numéro, l’importance prise par la réflexion théorique de la section « Passerelles » met justement en lumière la question de la valeur. Quels sont les codes socioculturels et historiques, les implicites qui entravent la pleine jouissance de cette littérature ? Alors même que seul le plaisir de la lecture semblerait à même de sauver ces mauvais genres, il apparaît que sous la contrainte, la liberté de la création sourde, comme une évidence plus éclatante encore d’avoir été longtemps contenue – sinon retenue. À ce titre, l’entretien avec Blandine Longre permet de mesurer, du côté de l’auteur, cette évidence de la création en littérature jeunesse, là où il serait trop facile de ne voir que la mise en œuvre d’un cahier des charges plus ou moins invariant." (Editorial, Guillaume Bellon)

http://www.revuerectoverso.com/

 

2008.11.06

D'une langue à l'autre

tingo3.jpgJe découvre, via http://jelct.blogspot.com/2008/11/kmutonla-et-cetera.html, une excellente initiative intitulée "le Dictionnaire des Intraduisibles", mise en place par la Bulac. L'occasion de reparler de deux ouvrages qui se penchent sur les mots français et de nombreux autres.

Tingo, Drôles de mots, drôles de mondes, d'Adam Jacot de Boinod, traduit de l’anglais par Jean-Baptiste Dupin - 10-18, 2007

Les mots Oiseaux de Marie Treps, illustrations Gwen Keraval - Le Sorbier, 2007

Adam Jacot de Boinod, un amoureux des langues, a répertorié et classé des dizaines de mots appartenant à une centaine d’idiomes plus ou moins connues chez nous (de l’anglais au japonais, en passant par le persan, le maori, le pachto, le tulu…). Des mots amusants ou surprenants, qui recouvrent souvent diverses réalités culturelles, ou bien l’universalité de l’expérience humaine.
Cet ouvrage d’ethnolinguistique, de prime abord léger et divertissant, est malgré tout le résultat de recherches longues et fouillées (plus de 200 dictionnaires consultés) ; sans pourtant céder à la simplification, l’auteur a su mettre son érudition au service du plus grand nombre en vulgarisant le jargon linguistique, et aborde divers domaines de la vie quotidienne (de l’alimentation à l’amour, des expressions animales à la météo…). On remarque que certaines langues font preuve d’un sens de l’économie étonnant, un terme très court pouvant exprimer une situation ou une idée pour laquelle aucun équivalent n’existe dans les autres langues. Ainsi, que signifie le fameux « tingo » du titre en rapanui (langue de l’île de Pâques) ? («Emprunter une à une les affaires d’un ami jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien chez lui. ») Même chose pour «rujuk », verbe indonésien (« se remarier avec une femme dont on a divorcé»), pour « ilunga », un mot tchiluba, langue africaine (« personne prête à pardonner n’importe quelle offense la première fois, à la tolérer une deuxième fois, mais jamais une troisième »…) L’auteur recense par ailleurs un grand nombre d’expressions figées, montrant que les métaphores varient avec la géographie. Un panorama qui témoigne en tout cas de l'indéniable richesse et de la diversité des langages humains.

motsoiseaux.jpgIl en est de même avec Les mots Oiseaux, de Marie Treps (linguiste, attachée au Laboratoire d’anthropologie urbaine au CNRS) ; un ouvrage illustré avec finesse et humour par Gwen Keraval, certes d’abord destiné à de jeunes lecteurs (à partir de 8-9 ans), mais que les adultes auront plaisir à découvrir et feuilleter. Cet abécédaire des mots français venus d’ailleurs part du principe que « les mots sont des oiseaux », qu’ils « ignorent les frontières » et « nous relient à d’autres gens ». Le lecteur comprend comment, à travers les multiples exemples recensés par l’auteure, la langue n’est pas un matériau fixe, mais est en perpétuelle évolution, au fil de l’histoire et des échanges entre les peuples (d’où la nécessité de fuir les puristes ou censeurs qui aimeraient momifier le français). On apprendra ainsi d’où viennent des termes aussi banals que « cauchemar », « toboggan », « matelas », « caramel » ou « ballon »…

(B. Longre)

 

Toujours du côté de la traduction, je recommande un article fort instructif publié par Emmanuel Pallier : "Satané fucking", où l'on comprend que le terme en question n'est pas si simple à traduire...

2008.10.17

Fast speaking woman

waldman.jpgI’m a bird woman

I’m a book woman

I’m a devilish clown woman

I’m a holy-clown woman

I’m a whirling-dervish woman

I’m a playful-light woman

I’m a tidal-pool woman

I’m a fast speaking woman

 (…)

I’m the camouflaged woman

I’m the assuaged woman

I’m the ravenous woman

I’m the Kali Yuga woman

high-pitched woman

not a trifling woman

hissing woman

 

I’m the woman with the guns

I’m the woman with tomes

I’m the book woman

I’m the stolen book woman.

 

Anne Waldman, Fast speaking woman
Bilingue, anglais-français, Traductions de Marianne Costa, Pierre Guéry, Frédérique Longrée et Olivier Dombret.
Editions Maelstrom, 2008

 

Première édition en français de textes de la poétesse américaine Anne Waldman.
 

http://www.maelstromeditions.com/

 

http://www.electriques.ca/filles/artistes.f/w/waldman_an....

 

http://www.poetspath.com/waldman.html

 

2008.09.13

La peau et le cœur des livres

alzamora3.jpgIl y a des livres qu’on a envie de défendre davantage que d’autres, ne serait-ce que pour pallier leur (inexplicable) invisibilité médiatique. C'est le cas de La Fleur de peau, premier roman de l'auteur catalan Sébastià Alzamora à avoir été traduit en français.
On peut aussi lire l'article ci-dessous sur www.sitartmag.com/alzamora.htm , accompagné des regards croisés de l'auteur et de la traductrice. J'avais d'abord suggéré à Cathy Ytak de répondre à quelques questions à propos de ce roman ; ce qu'elle a accepté, me proposant ensuite de recueillir le témoignage de Sébastià Alzamora. Je les remercie tous deux de cette contribution.

 

 

 

La Fleur de peau de Sébastià Alzamora
traduit du catalan par Cathy Ytak - Métailié, 2007

 

La peau et le cœur des livres

« Il est important que nous les laissions nous protéger, il est très important que notre peau mortelle se laisse imprégner par ce qu’il y a d’éternel dans la peau des livres. »

Quels liens complexes et incertains peuvent s’échafauder entre Puppa, un vieil homme énigmatique, ancien héros devenu relieur, un tailleur de pierre unijambiste, une religieuse versée dans les livres, une gitane ensorcelante qui cherche un « progéniteur », une princesse, « personnification de la beauté pure », une reine nymphomane, un rabbin célèbre pour avoir accompli l’impensable ? Entre le treizième chant de l’Odyssée, les rivalités religieuses et les sombres manœuvres politiques qui agitent la ville de Prague à la veille de la guerre de Trente ans ? Au lecteur de démêler peu à peu cet enchevêtrement fascinant, proprement irracontable, à la limite du conte et de la mascarade théâtrale, oscillant entre fantasmagorie et onirisme, tout en se laissant porter par l’épopée de Puppa, récit qui nous est rapporté par un autre conteur, installé dans une taverne un soir de tempête...

alzamora5.jpgDes cadres narratifs en apparence circonscrits, que l’auteur n’hésite pourtant pas à faire exploser tout en dévoilant les ficelles retorses de son récit premier : une façon de mieux nous déstabiliser encore, de semer le trouble dans nos esprits échauffés par la multiplicité d’émotions, de symétries et de questions qui nous assaillent, au fil des péripéties rocambolesques, invraisemblables, narrées dans une langue lyrique et sophistiquée. Ces pertes de repères successives s’accompagnent d’un bouleversement spatio-temporel vertigineux, comme si ces frontières devaient être une bonne fois pour toutes abolies afin que l'on puisse goûter pleinement aux histoires enchâssées qui composent ce roman étonnant et vivre ses aventures avec Puppa : « Je me souviens de cette suite de jours naissants comme d’un tout, » dit-il, se remémorant une année passée dans le Château de Prague, « comme s’il s’agissait d’un seul et même jour renaissant encore et encore, inexorablement, de manière inaltérable, un jour têtu et rebelle, réfractaire aux strictes coordinations de l’espace et du temps tels que nous les concevons par l’habitude d’une logique imposée. »

Au cœur de cette prose étincelante et imprévisible, riche en métaphores et en symboles, demeure l’idée qu’un roman forme un tout inaltérable, obéit à une logique qui lui est propre, au-delà de tout référent réel, et que pour goûter à la fiction, il faut accepter qu’un début contienne déjà la fin, et vice-versa. Aussi, et c’est là que réside tout son art, Sébastià Alzamora parvient à nous divertir, à donner corps à des personnages et à des événements inoubliables, tout en élaborant, sans jamais passer par la voie de l’essai didactique, une véritable philosophie de la fiction, multipliant les approches et les définitions possibles, laissant la voie ouverte à de nombreuses interprétations. (B. Longre, sept. 2008)

2008.05.23

L'aventure continue...

Nouveaux rebondissements dans l'affaire de la traduction Millénium ! Suite à cet article de Jacques Drillon dans Bibliobs dont je parlais dans ce billet, les traducteurs ont proposé une réponse (vite controversée) quelques jours plus tard. Mais Bibliobs ne s'est pas arrêté là et propose un entretien avec Régis Boyer, traducteur de sagas islandaises. Ce dernier n'a pas lu la trilogie en question en français (mais en suédois), et commente néanmoins le débat soulevé par Jacques Drillon, qui portait principalement sur la piètre qualité du français. Mais ce qui stupéfie, c'est ce qu'on apprend "grâce" à ce "spécialiste des langues scandinaves "... je cite : "Les prosateurs suédois sont des esprits lents, lourds, manquant de subtilité ; leur style colle à la réalité. Quant à celui des Norvégiens!... Ce n'est pas une critique, mais une constatation. Même la conversation n'est pas une chose facile en Scandinavie: les gens sont sur la réserve, ils communiquent difficilement. On est loin là-bas de l'art de la conversation et de l'écriture à la française."

913652411.jpgPour avoir lu des auteurs suédois ou norvégiens dans d'excellentes traductions, j'avoue avoir du mal à saisir... Pourquoi véhiculer des stéréotypes aussi grossiers, auxquels on ne croit pas un seul instant... ? L'anglais est aussi une langue qui tend au concret, ce qui n'empêche pas ses "prosateurs" de montrer une finesse d'esprit tout aussi honorable que celle des auteurs français... Voudrait-on nous faire croire que les (bonnes) traductions du suédois ou du norvégien n'ont généralement plus rien à voir avec les textes d'origine ? Que les traducteurs réinventeraient les romans afin de les rendre plus subtils, moins "lourds", afin que le lecteur francophone ne s'aperçoive pas de la supposée "lenteur" d'esprit de leurs auteurs ? Je pense entre autres aux romans d'Erlend Loe, tels que Doppler ou Autant en emporte la femme, ou à ceux de Katarina Mazetti (rien de plus vivace et vivifiant que ses textes - l'auteure est pourtant... suédoise, si j'en crois son éditeur ?). Selon Régis Boyer, on pourrait penser que c'est effectivement le cas, car lui se dit "fidèle aux textes"  et dénonce "la tendance rive gauche à la réécriture" (rive gauche ?!). Remarque plutôt étrange, quand on sait que la traduction est per se un exercice de réécriture... La fidélité au texte, à quel prix ? Au risque de donner à lire un texte français illisible et bourré de calques, qui rebutera n'importe quel lecteur qui ne demande qu'à entrer dans un récit ? Fidélité à l'esprit d'un texte, serait plus juste, il me semble...

Bref, on ne reviendra pas sur le mépris qui se dégage des propos de ce monsieur qui est certes agrégé (cela donnerait-il tous les droits... comme de critiquer ouvertement le travail des "correcteurs et relecteurs", titulaires d'une (misérable, il est vrai) "licence de lettres..." ?), ce qu'il ne manque pas de souligner un peu lourdement - tiens donc, lui aussi ! Je préfère de loin le billet mesuré, nuancé et plein de bon sens de Bernard Cohen, traducteur littéraire, qui tient le blog joliment intitulé FOUND in translation sur Bibliobs.

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