2009.10.26
La noblesse des parvenus
Le sel sur la plaie de Jean Prévost, Zulma, 2009
(par Jean-Pierre Longre)
Dieudonné Crouzon est d’abord un intellectuel humilié : par la pauvreté, par la calomnie, par la lâcheté de ses camarades. Fort de ses études de Lettres et de Droit, rongé par la rage sociale, il quitte brusquement Paris pour Châteauroux, incarnation de la France profonde, où la soif de revanche le transforme en arriviste : le journalisme, l’imprimerie, la publicité, la politique… Il devient un notable local, un homme d’affaires de province qui, fortune faite et la crise des années 1930 aidant, pourra revenir savourer son ascension à Paris.
Le sel sur la plaie fait partie de ces grands romans trop méconnus de l’entre-deux-guerres dont les protagonistes, tout en rappelant les héros des romans initiatiques du XIXe siècle, se construisent sur la modernité (encore très actuelle) d’un monde en pleine mutation. L’ambition de Crouzon peut faire penser à celle de Rastignac ou de Bel-Ami, mais elle est plus proche de celle de Julien Sorel, dont Jérôme Garcin, dans sa préface, affirme à juste titre qu’il est un « cousin germain ». Son ambition est intimement liée à ses états d’âme, et ses sentiments le guident davantage que la simple soif de fortune et de notoriété ; les femmes (l’Epervière, Mme Rougeau, Anne-Marie) ne sont pas, comme pour le Leroy de Maupassant, des échelons de l’ascension sociale, mais de sincères étapes amoureuses ; l’amour et l’amitié lui valent autant de déboires que de coups de chance… Bref, Crouzon est profondément humain, lui qui, selon les mots de son ami Boutin, philosophe et poète, garde « la seule noblesse, celle des parvenus ».
Jean Prévost, mort prématurément dans la bataille du Vercors, n’a pas eu le temps de donner la pleine mesure de son talent. Ses beaux essais sur Stendhal ou Baudelaire, son abondante production journalistique, ses romans vifs et roboratifs appelaient une suite dont les balles nazies nous ont privés. Avec Le sel sur la plaie, nous avons non seulement le bonheur d’une réédition bienvenue, mais aussi la grâce d’une écriture alerte, incisive, dont la vigueur quasiment physique s’associe à la clairvoyance psychologique, et qui depuis 1944 nous manque.
voir aussi http://www.lesimpressionsnouvelles.com/jean_prevost_aux_a...
07:31 Publié dans Jean-Pierre Longre - critiques, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, roman, jean prévost, zulma, jean-pierre longre
En librairie


(Merci à la photographe !)
07:09 Publié dans Librairie, Littérature étrangère, Littérature jeunesse, Traductions & publications, Traduire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, sherlock holmes, conan doyle, éditions sarbacane
2009.10.15
A paraître en 2010



10:33 Publié dans Littérature étrangère, Traductions & publications, Traduire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, parutions, traductions
Sanguine
Sanguine
de Cynthia Leitich Smith, traduction Blandine Longre
Editions Intervista, parution octobre 2009
Austin, Texas. Depuis la mort de ses parents, Quincie, lycéenne de 17 ans, gère le restaurant familial avec l’aide de son oncle. L’affaire périclitant, celui-ci lance l’idée d’un établissement thématique : Sanguini’s, un restaurant vampirique ! Quand le chef cuisinier est assassiné, tout bascule. Kieren, l’ami d’enfance de Quincie, est soupçonné. Entre thriller gothique et quête amoureuse, entre rire et terreur, sexe et sentiments, fantastique et réalité, SANGUINE est un roman fascinant qui porte à l’incandescence de façon très originale ce nouveau phénomène littéraire qu’est la « bit-lit » (la littérature qui mord) dont Twilight de Stephenie Meyer est le représentant romantique. Quincie, la narratrice, est une adolescente de son temps, résolument transgressive, pas du tout éthérée, une battante avec son franc-parler et ses désirs explicites. Le ton du roman est… mordant et débridé, volontiers ironique. SANGUINE aborde, sans pruderie mais sans vulgarité, la sexualité inhérente au thème du vampire, c’est-à-dire la part d’animalité qui est en nous. Il est d’une grande finesse dans l’analyse du processus ambigu de fascination-répulsion qui s’installe entre les proies et les prédateurs, les bourreaux et les victimes. Un roman résolument « young adults », pour grands ados de notre époque et pour adultes, qui séduira un très large lectorat.
Titre original : Tantalize, paru aux USA en 2007
Cynthia Leitich Smith, journaliste et écrivain, amérindienne de la tribu des Creeks, vit à Austin, Texas. Elle a publié de nombreux romans pour la jeunesse, des albums ainsi que des nouvelles, et se montre très active dans ce domaine (rep o rtages, articles, interventions, ateliers d’écriture, etc.). SANGUINE, son premier roman pour grands adolescents, a été très bien accueilli aux USA, certains l’ont surnommée « The Anne Rice for teen readers. »
10:26 Publié dans Littérature étrangère, Romans ados, Traductions & publications, Traduire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, traduction, cynthia leitich smith, vampires
Les Démoniaques

Simon Holt , Blandine Longre (traduction)
Hachette Jeunesse, Collection Hors-série roman, septembre 2009
10:17 Publié dans Littérature étrangère, Romans ados, Traductions & publications, Traduire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : les démoniaques, littérature, traduction, simon holt
Conan Doyle
L'aventure du ruban moucheté
d'Arthur Conan Doyle - nouvelle traduction
Christel Espié (Illustrateur) , Blandine Longre (Traducteur)
Album - Broché
éditions Sarbacane, octobre 2009
4e de couv
Une jeune femme affolée réveille à l’aube Sherlock Holmes et son ami Watson : sa sœur a péri brutalement dans des circonstances inexpliquées, tandis que son beau-père, homme violent et irascible, l’effraie de plus en plus… De Baker Street aux brumes de la campagne anglaise, une aventure du célèbre détective à l’atmosphère ultra-britannique, illustrée de superbes peintures grand format.
10:11 Publié dans Littérature étrangère, Romans ados, Traductions & publications, Traduire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, traduction, conan doyle, sherlock holmes
2009.07.04
Questionnaire de l'étrange
Eric Poindron, dont on recommande vivement le blog, a questionné de manière bien étrange Anne-Sylvie Homassel, traductrice et auteure – on lira entre autres Lamont, recueil de nouvelles délicatement illustré par Stepan Ueding, paru récemment aux éditions du Visage vert, des fictions parfaitement opaques et inquiétantes, pourtant composées dans une langue limpide, précisionniste, peuplée de terreurs qui prennent des formes imprévisibles ; de même, on pourra découvrir la nouvelle Fox into Lady, parue dans le dernier numéro du Zaporogue (téléchargeable gratuitement, est-il besoin de le rappeler ?) en compagnie d'illustrations de Marc Brunier Mestas dont il faut visiter le blog.
Pour connaître le travail d'Anne-Sylvie Homassel dans le détail, une visite de son netvibes s'impose, de même que celle du blog du Visage Vert, revue littéraire publiée par les éditions Zulma et dont le dernier numéro comporte entre autres un bien beau dossier sur la sorcellerie concocté par Michel Meurger et la petite équipe dirigée par Xavier Legrand-Ferronnière, secondé par A-S. Hommassel et la traductrice Elisabeth Willemz.
Rappelons aussi que Le Visage Vert est aussi une structure éditoriale (à ce propos, lire ce billet sur la petite édition, très justement intitulé Les nains aussi...) dont les publications peuvent être commandées en ligne.
Le Visage vert est de nouveau l’invité de Bulles Noires / Bulles de rêve, samedi 4 juillet, à Radio Libertaire.
01:16 Publié dans Edition, Littérature francophone, Nouvelles, Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : anne-sylvie homassel, visage vert, eric poindron, fiction, littérature
2009.07.03
Soyons Babyloniens
"Yellow: color of the sun, of blindness and summer. Color attached to the meaning of fear and fire. Too much yellow in a room can lead to mental confusion, schizophrenia or worse. On the other hand, it is said that if you dress up a baby in yellow clothes three days after he is born, luck will be with him all his life. Yellow is the color of the East and South. It is one of the three primary colors. It is only justice to start with it then."
Extrait de The Babylonian Trilogy de Sébastien Doubinsky (PS Publishing, 2009), avec une introduction signée Michael Moorcock himself. Un triple roman foisonnant, ingénieusement construit, réjouissant kaléidoscope où tout semble pesé, pensé, calculé ; les différents niveaux de lecture et la variété narrative qu'il propose témoignent de l’ampleur du projet, tout comme l'habileté à naviguer entre les genres, entre dystopie, allégorie, polar, poésie, drames intimes de l'humaine condition et ce qui pourrait passer pour du réalisme (mais qui n'en est pas, l'auteur restant prudemment en-deçà, dans un monde à la fois familier et pourtant délibérément décalé). Une lecture hautement recommandable.
D'autres extraits sont disponibles en ligne.
Sur Sitartmag, un entretien avec Sébastien Doubinsky qui, non content d'écrire, de traduire et d'enseigner, est aussi le dynamique créateur du Zaporogue.
10:33 Publié dans Edition, Littérature étrangère, Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sébastien doubinsky, ps publishing, michael moorcock, littérature, fiction
2009.06.24
Who the fuck
Découvrez PJ Harvey!
Afin d'éventuellement accompagner le texte qui figure dans la revue Zaporogue 6.
15:59 Publié dans Amis, Littérature francophone, Musique, Nouvelles, Revues, Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pj harvey, zaporogue, who the fuck, écriture, littérature, fiction
2009.06.22
LE ZAPOROGUE #6
Le numéro 6 de la revue le Zaporogue, dirigée par l'irremplaçable Sébastien Doubinsky, est arrivé.
On peut commander l'ouvrage en ligne ou le télécharger gratuitement.
Au sommaire, poésie, nouvelles, illustrations, créations, etc.
JERRY WILSON – THIBAULT DE VIVIES – ANDRÉ ROBÈR – CATHY YTAK – TABISH KHAIR – MÉTIE NAVAJO – DÉBORAH REVERDY VS ENTORTILLÉE – STEPAN UEDING – LIONEL OSZTEAN – LUC BARANGER – DANIEL LABEDAN – JEFF SYLVA – ALEX SCHREIBER – JONAS LAUTROP – JEAN-FRANÇOIS MARIOTTI – ANNE-SYLVIE SALZMAN – MARC BRUNIER MESTAS – JOHANNES HØIE –YANNIS LIVADAS – BLANDINE LONGRE – ERIC BEAUNIE – CELINA OSUNA – FRANÇOIS BONNEAU – SOFIUL AZAM – MYRIAM GALLOT – OLE WESENBERG NIELSEN – CHRIS ROBERTS – OLGA ZERI.
http://lezaporogue.hautetfort.com/archive/2009/06/22/le-z...
Le Visage Vert en cause ici http://www.zulma.fr/visagevert/?p=170
12:08 Publié dans Amis, Edition, Littérature étrangère, Littérature francophone, Nouvelles, Poésie, Revues, Sur le Web, Traductions & publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zaporogue, littérature, écriture, publication, revue littéraire
2009.04.21
En passant...
Merci entre autres à tous ceux qui ont témoigné leur attachement à ce blog. L'endroit a beau rester muet ces temps, on peut retrouver posts variés, liens et/ou lectures ailleurs.
In a Jumble (en vrac)
Netvibes
http://www.netvibes.com/blongre
Et Sitartmag (mises à jour quotidiennes)
06:55 Publié dans Pauses | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : liens, blog, littérature, inajumble
2009.03.26
Fermeture
Fermeture de ce blog pour un temps indéfini. Merci à tous ceux qui l'ont suivi. Les anciens articles, billets et liens restent malgré tout en ligne.
Bonne continuation à tous.
B. Longre
21:19 Publié dans Pauses | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2009.03.23
L'école des loisirs, théâtre
L'hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains de Philippe Dorin
L'Ecole des loisirs, 2008
Un homme et une femme occupent un espace scénique presque vide, où ils attendent que l’auteur veuille bien écrire leur histoire. À défaut, ils font connaissance, s’efforcent de s’inventer une vie, bon gré mal gré, d’effectuer quelques gestes quotidiens, d’accueillir deux enfants ; ainsi, leur quête identitaire prend peu à peu du sens, malgré l’absence supposée de l’auteur… Cette pièce, Molière du Spectacle jeune public 2008, parle finement de l’illusion théâtrale et des ficelles qui sous-tendent toute création dramatique (les personnages, loin d’être dupes, savent qu’ils ne sont que des personnages, aussi ne jouent-ils pas toujours le jeu…) et déconstruit en creux les clichés associés à des rôles figés (l’homme, la femme, les enfants) que ce soit dans l’univers théâtral ou dans le monde réel.
La morsure de l'âne de Nathalie Papin
L'Ecole des loisirs, 2008
Paco, un « égaré » entre la vie et la mort, se retrouve dans un espace hors du temps, où il croise plusieurs personnages : un âne qui fait office de guide, son fils qui vient lui demander de faire un choix (vivre ou mourir), une petite à naître qui aimerait être sa fille… En errance dans un purgatoire étrange, réinventé pour l’occasion, le protagoniste passe par diverses phases, jusqu’à se séparer de son enveloppe charnelle, pour se décider plus tard à la réintégrer et à revenir dans le monde des vivants. L’auteure s’efforce ici de mettre en mots et en scène le processus du passage de la vie à la mort (et vice-versa) de façon métaphorique, mais l’ensemble, malgré ses qualités, reste fort abstrait et, sans être morbide, manque un peu de fantaisie.
(B. Longre)
Ces articles ont paru en compagnie de quelques autres dans le numéro 245 de La Revue des livres pour enfants (La Joie par les livres / BNF, décembre 2008)
23:10 Publié dans Littérature jeunesse, Revues, Théâtre - lire & voir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : revue des livres pour enfants, littérature, théâtre
2009.03.20
Blogs - littérature & écriture
http://jeanlucdasciano.jeblog.fr
Jean-Luc d'Asciano, auteur, éditeur à L'œil d'Or, propose un blog d'écriture à l'occasion d'une résidence en Île-de-France jusqu'en juin 2009.
http://www.lekti-ecriture.com/blogs/nouvelles
La nouvelle est ici à l'honneur - chroniques, annonces, etc. en lien avec la Revue Brèves de l'Atelier du Gué qui n'est plus à présenter, et dont le dernier numéro (le 87e) est consacré à la nouvelle espagnole. Dernières parutions de l'Atelier du Gué, Un dimanche au bord de l'autre, de Françoise Guérin (2009) et Nouveau Catéchisme pour Indiens insoumis de Carlos Monsivàis (2009)
09:40 Publié dans Littérature francophone, Nouvelles, Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : blogs, écriture, littérature, nouvelles
2009.03.19
Un peu de théâtre
Moi et ma bouche, de Denis Lachaud, illustrations Patrick Fontana
Actes Sud-Papiers, Heyoka jeunesse, 2008
Pièce créée sur scène en octobre dernier, Moi et ma bouche donne la parole à Pauline, adolescente plongée dans un long coma (« enfermée à l’intérieur d’elle-même »), mais aussi à certains de ses organes : sa bouche, ses yeux, ses oreilles et son cerveau. Les dialogues qui s’instaurent entre elle et eux lui permettent de tromper son ennui, tandis que grâce à son cerveau, elle revit certains souvenirs (dont l’accident qui l’a mené sur ce lit d’hôpital), et parvient peu à peu à reprendre contact avec le monde extérieur. Le procédé rappelle En voiture Simone, de Luc Tartar (Lansman jeunesse, 2006), où les cinq sens de la jeune héroïne étaient personnifiés. Si Denis Lachaud traite la thématique avec moins de fantaisie, le ton reste léger. Les phrases sont brèves, sobres et vont à l’essentiel sans pourtant se départir de poésie, via les séquences oniriques qui succèdent aux scènes des deux mondes de Pauline.
Thomas More ou L'homme libre de Jean Anouilh
Gallimard jeunesse, Scripto, 2008
Thomas More (1478-1535) auteur de l’Utopie (1516), s’opposa, par fidélité à ses principes (et au pape), à la volonté royale, ce qui lui valut d’être condamné à mort par Henry VIII. Figure historique qui a inspiré une autre pièce célèbre (A Man for All Seasons de Robert Bolt, 1954), More incarne ici l’homme libre qui jamais ne plie, prêt à se sacrifier, à l’instar d’Antigone, au nom de ses principes et de ce que lui dicte sa conscience. Publiée en 1987 à La Table Ronde, peu de temps avant la mort d’Anouilh, cette pièce est rééditée en Scripto, visiblement à l’attention des grands collégiens ou des lycéens, sans que cette parution propose pour autant d’appareil critique (hormis une brève biographie de Thomas More en fin d’ouvrage) – ce qui est regrettable, vu la complexité des questions éthiques et politiques abordées et les nombreuses références au contexte historique.
Je vais au théâtre voir le monde
de Jean-Pierre Sarrazac, illustrations Anne Simon
Giboulées, collection Chouette penser ! 2008
Cet ouvrage entre essai et documentaire propose un panorama diachronique (mais non linéaire) et générique du théâtre en tant qu’art du spectacle, « du présent et de la présence » ; hormis le retour sur les origines grecques du théâtre, l’auteur offre des tentatives de réponses à des questions rarement abordées : pourquoi aller au théâtre ? Seulement pour se divertir ? Pourquoi la comédie ? La tragédie ? Quels éléments distinguent le roman du théâtre ? De la même façon, on comprendra comment le théâtre est toujours « action », qu’il y a « des » théâtres, chacun s’inscrivant dans une société donnée, et que le spectateur sera nécessairement impliqué dans une représentation. Une lecture stimulante, dans une prose simple qui n’exclut cependant pas le développement d’idées complexes et paradoxales.
(B. Longre)
Ces articles ont paru en compagnie de quelques autres dans le numéro 245 de La Revue des livres pour enfants (La Joie par les livres / BNF, décembre 2008)
04:41 Publié dans Littérature jeunesse, Revues, Théâtre - lire & voir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : revue des livres pour enfants, littérature, théâtre
2009.03.09
Pause
Longue pause pour ce blog, malgré sa présence dans le dernier numéro du Magazine des livres, parmi "20 blogs incontournables". De même, dans le numéro précédent, on ira lire l'excellent dossier consacré à la littérature pour la jeunesse, concocté par Anne-Sophie Demonchy. Une autre information : le dernier numéro du magazine Griffon se concentre autour des écrits de Claire Ubac, qui m'a proposé d'en écrire l'éditorial. Plus d'informations ici.
Je tâche de reprendre du service prochainement, en dépit de nombreux travaux en cours.
02:27 Publié dans Pauses | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, blog
2009.02.23
Zaporoguons - ter...
Les éditions du Zaporogue, passerelle dont j'ai déjà parlé ici et là, se dotent d'une vitrine :
http://lezaporogue.hautetfort.com/
Derniers titres parus : COLLECTION DE SOMBREROS par Thomas Vinau et HAPPINESS IS A RUMOUR par Ole Wesenberg.
J'incite aussi à aller découvrir, entre autres, la poésie de Celina Osuna.
08:22 Publié dans Edition, Littérature étrangère, Littérature francophone, Sur le Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : édition, poésie, littérature, le zaporogue
2009.02.20
A paraître, le 5e tome des Chroniques des Temps Obscurs
à paraître le 4 mars 2009
Chroniques des Temps Obscurs
Tome 5 - Le serment
de Michelle Paver
traduction de l'anglais B. Longre
Hachette roman jeunesse.
Lorsque son « cousin » Bale est tué par Thiazzi, l’un des derniers Mangeurs d’âme, Torak jure de le venger. Accompagné de son amie Renn, jeune apprentie-mage, il part aussitôt à la poursuite du terrible Mage. Au cours de leur quête, ils vont peu à peu s’enfoncer dans la Forêt Profonde. C’est un lieu sombre, mystérieux… et dangereux depuis que les Clans qui y vivent ont perdu la raison
08:14 Publié dans Littérature jeunesse, Romans ados, Traductions & publications | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, jeunesse, michelle paver, traduction, parution, livre, aventures
2009.02.19
Suite au billet précédent...
J'ai reçu hier soir une réponse fort courtoise d'Emmanuelle Heurtebize, directrice éditoriale des éditions 10-18, qui s'excuse de son silence (suite à un premier message de ma part envoyé en janvier) et de ce "dérapage incontrôlé " qui n'est pas dans les habitudes de la maison. Elle s'engage à corriger cette 4e de couv lors de la prochaine réimpression de l'ouvrage - nouvelle 4e de couv en ligne dès aujourd'hui ; en outre, elle m'a proposé d'ajouter un extrait de mon article assorti de la source. Je me réjouis de cette saine résolution de l'affaire, et remercie l'éditrice d'avoir réagi, même tardivement.
Je remercie aussi tous ceux qui m'ont apporté leur soutien et me l'ont fait savoir, soit dans les commentaires de ce blog, soit par mail, soit sur Facebook, et tout particulièrement Grégoire Leménager pour son éclairant papier sur Bibliobs (ce dernier, contacté hier après-midi, m'avait devancée).
Je n'oublie par Gilda pour son billet d'hier et Pascale pour son billet d'humeur, indirectement lié au débat, et qui revient sur l'idée parfois pernicieuse de gratuité. Mes divers articles paraissent soit sur l'internet, soit dans des revues papier, mais j'ai conscience qu'il est plus simple (et tentant ?) de faire un copié-collé que de reproduire un article papier - il n'empêche que la pratique est répandue dans les deux cas (et je ne parle pas des journalistes et critiques qui se contentent de paraphraser 4e de couv. ou argumentaires presse, phénomène inverse et lui aussi fort répandu) et qu'il est nécessaire de faire preuve de vigilance face à ces dérives.
07:41 Publié dans Critiques, Edition, Littérature étrangère | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, édition, 10-18, bibliobs
2009.02.17
Plagiaires anonymes
Je ne sais qui est chargé d'imaginer les 4e de couverture chez 10-18... en revanche, je sais exactement d'où vient celle de Doppler, d'Erlend Loe, roman d'abord paru aux éditions Gaïa en 2006 (traduction J.-B. Coursaud). Je ne vais pas épiloguer, mais vu que la pratique ne semble pas gêner l'éditeur (que j'ai évidemment contacté mais qui n'a pas daigné me répondre), autant en faire profiter le plus grand nombre – qui sait, cette façon de faire pourrait peut-être encourager d'autres maisons d'édition en panne d'inspiration à procéder de même. En attendant, je vous laisse juges.
La 4e de couv (qui, décidément, est bien rédigée, même si elle manque légèrement d'étoffe à mon goût...)
"Qui est réellement ce Doppler ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ? Ou un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse, enfants et d'aller trouver refuge dans la forêt proche d'Oslo ? Après un vol plané lors d’une promenade à vélo, le monde de ce brave père de famille de la middle class norvégienne bascule. Physiquement, tout va bien, mais mentalement, c’est une révélation : Doppler veut rompre avec la civilisation. Il décide d’aller vivre dans les bois et érige un système de valeurs dont le premier commandement est le suivant : fuir l’application humaine. Aussi, quand son épouse lui impose la garde partagée de leur fils, comment va-t-il bien pouvoir réagir ?"
Extrait d'un article paru en 2006 dans Sitartmag (remis en ligne depuis peu, à l'occasion de la parution du roman en 10-18... on appréciera l'ironie de la chose).
Qui est réellement ce Doppler qui donne son nom au quatrième roman d’Erlend Loe publié en français et qui, soit dit en passant, nous fait tant rire ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ? Ou tout simplement un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse et enfants, d’aller trouver refuge dans la forêt proche d’Oslo et d’adopter un jeune élan comme seul compagnon ? Certes, Doppler reconnaît ouvertement sa misanthropie en admettant ne pas aimer les gens (surtout les Norvégiens…) et son départ s’accorde à la logique jusqu’au-boutiste qu’il a décidé de suivre désormais. Avide de silence, il vit depuis six mois dans la forêt où il a planté sa tente dans un coin tranquille et érige petit à petit un système de valeurs dont le premier commandement est le suivant : fuir l’application humaine, qui caractérisait la vie étriquée qu’il menait avant, faite de petites obsessions matérielles et de préoccupations déshumanisantes, vécue au rythme des Teletubbies, héros de son fils téléphage, ou des élucubrations tolkieniennes de son adolescente de fille. (…) Et quand son épouse (qui est parfois venue lui rendre visite – Doppler est admirablement membré, il ne s’en cache pas !) lui annonce tout de go qu’elle est enceinte, lui pose un ultimatum, ou lui impose la garde partagée de Gregus, leur fils de quatre ans, comment va-t-il réagir ? (B. Longre, 2006)
Bon, est-il besoin de rappeler ceci ?
Droits de reproduction des articles et propriété intellectuelle : " Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque." (Article L.122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle)
Après, il est fort possible qu'on me reproche d'avoir pratiqué le plagiat par anticipation, notion introduite par l'OULIPO et que Pierre Bayard a choisi de réhabiliter et de prolonger dans un livre aussi sérieux qu'amusant, érudit que facétieux. (Le Plagiat par anticipation, Ed. de Minuit, 2009) Certes, il ne s'agit là que d'un simple article, mais ce qui est valable pour une création hautement littéraire ne pourrait-il aussi l'être de n'importe quel autre type de texte ? Il reste que je suis plutôt contente d'apprendre a posteriori que j'ai pu travailler par anticipation pour le compte des éditions 10-18, prestigieuse maison à qui l'on doit tant de bons livres.
09:00 Publié dans Critiques, Edition | Lien permanent | Commentaires (48) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, plagiat, propriété intellectuelle









































