2009.07.04

Questionnaire de l'étrange

nng_images.jpg

Eric Poindron, dont on recommande vivement le blog, a questionné de manière bien étrange Anne-Sylvie Homassel, traductrice et auteure – on lira entre autres Lamont, recueil de nouvelles délicatement illustré par Stepan Ueding, paru récemment aux éditions du Visage vert, des fictions parfaitement opaques et inquiétantes, pourtant composées dans une langue limpide, précisionniste, peuplée de terreurs qui prennent des formes imprévisibles ; de même, on pourra découvrir la nouvelle Fox into Lady, parue dans le dernier numéro du Zaporogue (téléchargeable gratuitement, est-il besoin de le rappeler ?) en compagnie d'illustrations de Marc Brunier Mestas dont il faut visiter le blog.

livre_l_544.jpgPour connaître le travail d'Anne-Sylvie Homassel dans le détail, une visite de son netvibes s'impose, de même que celle du blog du Visage Vert, revue littéraire publiée par les éditions Zulma et dont le dernier numéro comporte entre autres un bien beau dossier sur la sorcellerie concocté par Michel Meurger et la petite équipe dirigée par Xavier Legrand-Ferronnière, secondé par A-S. Hommassel et la traductrice Elisabeth Willemz.

Rappelons aussi que Le Visage Vert est aussi une structure éditoriale (à ce propos, lire ce billet sur la petite édition, très justement intitulé Les nains aussi...) dont les publications peuvent être commandées en ligne.

Le Visage vert est de nouveau l’invité de Bulles Noires / Bulles de rêve, samedi 4 juillet, à Radio Libertaire.

2009.07.03

Soyons Babyloniens

babylonian_trilogy.jpg"Yellow: color of the sun, of blindness and summer. Color attached to the meaning of fear and fire. Too much yellow in a room can lead to mental confusion, schizophrenia or worse. On the other hand, it is said that if you dress up a baby in yellow clothes three days after he is born, luck will be with him all his life. Yellow is the color of the East and South. It is one of the three primary colors. It is only justice to start with it then."

 

Extrait de The Babylonian Trilogy de Sébastien Doubinsky (PS Publishing, 2009), avec une introduction signée Michael Moorcock himself. Un triple roman foisonnant, ingénieusement construit, réjouissant kaléidoscope où tout semble pesé, pensé, calculé ; les différents niveaux de lecture et la variété narrative qu'il propose témoignent de l’ampleur du projet, tout comme l'habileté à naviguer entre les genres, entre dystopie, allégorie, polar, poésie, drames intimes de l'humaine condition et ce qui pourrait passer pour du réalisme (mais qui n'en est pas, l'auteur restant prudemment en-deçà, dans un monde à la fois familier et pourtant délibérément décalé). Une lecture hautement recommandable.

 

D'autres extraits sont disponibles en ligne.

 

Sur Sitartmag, un entretien avec Sébastien Doubinsky qui, non content d'écrire, de traduire et d'enseigner, est aussi le dynamique créateur du Zaporogue.

2009.06.24

Who the fuck


Découvrez PJ Harvey!

Afin d'éventuellement accompagner le texte qui figure dans la revue Zaporogue 6.

 

2009.06.22

LE ZAPOROGUE #6

zap6.jpgLe numéro 6 de la revue le Zaporogue, dirigée par l'irremplaçable Sébastien Doubinsky, est arrivé.

On peut commander l'ouvrage en ligne ou le télécharger gratuitement.

Au sommaire, poésie, nouvelles, illustrations, créations, etc.

JERRY WILSON – THIBAULT DE VIVIES – ANDRÉ ROBÈR – CATHY YTAK TABISH KHAIR – MÉTIE NAVAJO – DÉBORAH REVERDY VS ENTORTILLÉE STEPAN UEDING – LIONEL OSZTEAN – LUC BARANGER – DANIEL LABEDAN – JEFF SYLVA – ALEX SCHREIBER – JONAS LAUTROP – JEAN-FRANÇOIS MARIOTTI ANNE-SYLVIE SALZMAN MARC BRUNIER MESTAS – JOHANNES HØIE –YANNIS LIVADAS – BLANDINE LONGRE – ERIC BEAUNIE – CELINA OSUNA – FRANÇOIS BONNEAU – SOFIUL AZAM – MYRIAM GALLOT – OLE WESENBERG NIELSEN – CHRIS ROBERTS – OLGA ZERI.

http://lezaporogue.hautetfort.com/archive/2009/06/22/le-z...

Le Visage Vert en cause ici http://www.zulma.fr/visagevert/?p=170

2009.04.21

En passant...

lady.jpgMerci entre autres à tous ceux qui ont témoigné leur attachement à ce blog. L'endroit a beau rester muet ces temps, on peut retrouver posts variés, liens et/ou lectures ailleurs.

In a Jumble (en vrac)

http://inajumble.tumblr.com/ 

Netvibes

http://www.netvibes.com/blongre

Et Sitartmag (mises à jour quotidiennes)

http://sitartmaglesite.hautetfort.com/

2009.03.26

Fermeture

Fermeture de ce blog pour un temps indéfini. Merci à tous ceux qui l'ont suivi. Les anciens articles, billets et liens restent malgré tout en ligne.

Bonne continuation à tous.

B. Longre

2009.03.23

L'école des loisirs, théâtre

E114962.gifL'hiver, quatre chiens mordent mes pieds et mes mains de Philippe Dorin
L'Ecole des loisirs, 2008

Un homme et une femme occupent un espace scénique presque vide, où ils attendent que l’auteur veuille bien écrire leur histoire. À défaut, ils font connaissance, s’efforcent de s’inventer une vie, bon gré mal gré, d’effectuer quelques gestes quotidiens, d’accueillir deux enfants ; ainsi, leur quête identitaire prend peu à peu du sens, malgré l’absence supposée de l’auteur… Cette pièce, Molière du Spectacle jeune public 2008, parle finement de l’illusion théâtrale et des ficelles qui sous-tendent toute création dramatique (les personnages, loin d’être dupes, savent qu’ils ne sont que des personnages, aussi ne jouent-ils pas toujours le jeu…) et déconstruit en creux les clichés associés à des rôles figés (l’homme, la femme, les enfants) que ce soit dans l’univers théâtral ou dans le monde réel.

E114975.gifLa morsure de l'âne de Nathalie Papin
L'Ecole des loisirs, 2008

Paco, un « égaré » entre la vie et la mort, se retrouve dans un espace hors du temps, où il croise plusieurs personnages : un âne qui fait office de guide, son fils qui vient lui demander de faire un choix (vivre ou mourir), une petite à naître qui aimerait être sa fille… En errance dans un purgatoire étrange, réinventé pour l’occasion, le protagoniste passe par diverses phases, jusqu’à se séparer de son enveloppe charnelle, pour se décider plus tard à la réintégrer et à revenir dans le monde des vivants. L’auteure s’efforce ici de mettre en mots et en scène le processus du passage de la vie à la mort (et vice-versa) de façon métaphorique, mais l’ensemble, malgré ses qualités, reste fort abstrait et, sans être morbide, manque un peu de fantaisie.

(B. Longre)

Ces articles ont paru en compagnie de quelques autres dans le numéro 245 de La Revue des livres pour enfants (La Joie par les livres / BNF, décembre 2008)

 

D'autres chroniques

2009.03.20

Blogs - littérature & écriture

http://jeanlucdasciano.jeblog.fr

Jean-Luc d'Asciano, auteur, éditeur à L'œil d'Or, propose un blog d'écriture à l'occasion d'une résidence en Île-de-France jusqu'en juin 2009.

http://www.lekti-ecriture.com/blogs/nouvelles

La nouvelle est ici à l'honneur - chroniques, annonces, etc. en lien avec la Revue Brèves de l'Atelier du Gué qui n'est plus à présenter, et dont le dernier numéro (le 87e) est consacré à la nouvelle espagnole. Dernières parutions de l'Atelier du Gué, Un dimanche au bord de l'autre, de Françoise Guérin (2009) et Nouveau Catéchisme pour Indiens insoumis de Carlos Monsivàis (2009)

2009.03.19

Un peu de théâtre

9782742777815.gifMoi et ma bouche, de Denis Lachaud, illustrations Patrick Fontana
Actes Sud-Papiers, Heyoka jeunesse, 2008

 

Pièce créée sur scène en octobre dernier, Moi et ma bouche donne la parole à Pauline, adolescente plongée dans un long coma (« enfermée à l’intérieur d’elle-même »), mais aussi à certains de ses organes : sa bouche, ses yeux, ses oreilles et son cerveau. Les dialogues qui s’instaurent entre elle et eux lui permettent de tromper son ennui, tandis que grâce à son cerveau, elle revit certains souvenirs (dont l’accident qui l’a mené sur ce lit d’hôpital), et parvient peu à peu à reprendre contact avec le monde extérieur. Le procédé rappelle En voiture Simone, de Luc Tartar (Lansman jeunesse, 2006), où les cinq sens de la jeune héroïne étaient personnifiés. Si Denis Lachaud traite la thématique avec moins de fantaisie, le ton reste léger. Les phrases sont brèves, sobres et vont à l’essentiel sans pourtant se départir de poésie, via les séquences oniriques qui succèdent aux scènes des deux mondes de Pauline.

 

9782070616176.gifThomas More ou L'homme libre de Jean Anouilh
Gallimard jeunesse, Scripto, 2008

 

Thomas More (1478-1535) auteur de l’Utopie (1516), s’opposa, par fidélité à ses principes (et au pape), à la volonté royale, ce qui lui valut d’être condamné à mort par Henry VIII. Figure historique qui a inspiré une autre pièce célèbre (A Man for All Seasons de Robert Bolt, 1954), More incarne ici l’homme libre qui jamais ne plie, prêt à se sacrifier, à l’instar d’Antigone, au nom de ses principes et de ce que lui dicte sa conscience. Publiée en 1987 à La Table Ronde, peu de temps avant la mort d’Anouilh, cette pièce est rééditée en Scripto, visiblement à l’attention des grands collégiens ou des lycéens, sans que cette parution propose pour autant d’appareil critique (hormis une brève biographie de Thomas More en fin d’ouvrage) – ce qui est regrettable, vu la complexité des questions éthiques et politiques abordées et les nombreuses références au contexte historique.

 

 

9782070618316.gifJe vais au théâtre voir le monde
de Jean-Pierre Sarrazac, illustrations Anne Simon

Giboulées, collection Chouette penser ! 2008

 

Cet ouvrage entre essai et documentaire propose un panorama diachronique (mais non linéaire) et générique du théâtre en tant qu’art du spectacle, « du présent et de la présence » ; hormis le retour sur les origines grecques du théâtre, l’auteur offre des tentatives de réponses à des questions rarement abordées : pourquoi aller au théâtre ? Seulement pour se divertir ? Pourquoi la comédie ? La tragédie ? Quels éléments distinguent le roman du théâtre ? De la même façon, on comprendra comment le théâtre est toujours « action », qu’il y a « des » théâtres, chacun s’inscrivant dans une société donnée, et que le spectateur sera nécessairement impliqué dans une représentation. Une lecture stimulante, dans une prose simple qui n’exclut cependant pas le développement d’idées complexes et paradoxales.

 

(B. Longre)

 

couv245_grand.jpgCes articles ont paru en compagnie de quelques autres dans le numéro 245 de La Revue des livres pour enfants (La Joie par les livres / BNF, décembre 2008)

 

D'autres chroniques

2009.03.09

Pause

Longue pause pour ce blog, malgré sa présence dans le dernier numéro du Magazine des livres, parmi "20 blogs incontournables". De même, dans le numéro précédent, on ira lire l'excellent dossier consacré à la littérature pour la jeunesse, concocté par Anne-Sophie Demonchy. Une autre information : le dernier numéro du magazine Griffon se concentre autour des écrits de Claire Ubac, qui m'a proposé d'en écrire l'éditorial. Plus d'informations ici.

Je tâche de reprendre du service prochainement, en dépit de nombreux travaux en cours.

 

2009.02.23

Zaporoguons - ter...

celina.jpgLes éditions du Zaporogue, passerelle dont j'ai déjà parlé ici et là, se dotent d'une vitrine :

http://lezaporogue.hautetfort.com/

Derniers titres parus : COLLECTION DE SOMBREROS par Thomas Vinau et HAPPINESS IS A RUMOUR par Ole Wesenberg.

J'incite aussi à aller découvrir, entre autres, la poésie de Celina Osuna.

2009.02.20

A paraître, le 5e tome des Chroniques des Temps Obscurs

CTO5fr.jpgà paraître le 4 mars 2009

Chroniques des Temps Obscurs
Tome 5 - Le serment

de Michelle Paver
traduction de l'anglais B. Longre
Hachette roman jeunesse.

Lorsque son « cousin » Bale est tué par Thiazzi, l’un des derniers Mangeurs d’âme, Torak jure de le venger. Accompagné de son amie Renn, jeune apprentie-mage, il part aussitôt à la poursuite du terrible Mage. Au cours de leur quête, ils vont peu à peu s’enfoncer dans la Forêt Profonde. C’est un lieu sombre, mystérieux… et dangereux depuis que les Clans qui y vivent ont perdu la raison

Sur le site de l'éditeur

Recension du tome 4

http://www.michellepaver.com/

http://www.torak.info/

2009.02.19

Suite au billet précédent...

J'ai reçu hier soir une réponse fort courtoise d'Emmanuelle Heurtebize, directrice éditoriale des éditions 10-18, qui s'excuse de son silence (suite à un premier message de ma part envoyé en janvier) et de ce "dérapage incontrôlé " qui n'est pas dans les habitudes de la maison. Elle s'engage à corriger cette 4e de couv lors de la prochaine réimpression de l'ouvrage - nouvelle 4e de couv en ligne dès aujourd'hui ; en outre, elle m'a proposé d'ajouter un extrait de mon article assorti de la source. Je me réjouis de cette saine résolution de l'affaire, et remercie l'éditrice d'avoir réagi, même tardivement.

Je remercie aussi tous ceux qui m'ont apporté leur soutien et me l'ont fait savoir, soit dans les commentaires de ce blog, soit par mail, soit sur Facebook, et tout particulièrement Grégoire Leménager pour son éclairant papier sur Bibliobs (ce dernier,  contacté hier après-midi, m'avait devancée).

Je n'oublie par Gilda pour son billet d'hier et Pascale pour son billet d'humeur, indirectement lié au débat, et qui revient sur l'idée parfois pernicieuse de gratuité. Mes divers articles paraissent soit sur l'internet, soit dans des revues papier, mais j'ai conscience qu'il est plus simple (et tentant ?) de faire un copié-collé que de reproduire un article papier - il n'empêche que la pratique est répandue dans les deux cas (et je ne parle pas des journalistes et critiques qui se contentent de paraphraser 4e de couv. ou argumentaires presse, phénomène inverse et lui aussi fort répandu) et qu'il est nécessaire de faire preuve de vigilance face à ces dérives.

2009.02.17

Plagiaires anonymes

Je ne sais qui est chargé d'imaginer les 4e de couverture chez 10-18... en revanche, je sais exactement d'où vient celle de Doppler, d'Erlend Loe, roman d'abord paru aux éditions Gaïa en 2006 (traduction J.-B. Coursaud). Je ne vais pas épiloguer, mais vu que la pratique ne semble pas gêner l'éditeur (que j'ai évidemment contacté mais qui n'a pas daigné me répondre), autant en faire profiter le plus grand nombre – qui sait, cette façon de faire pourrait peut-être encourager d'autres maisons d'édition en panne d'inspiration à procéder de même. En attendant, je vous laisse juges.

La 4e de couv (qui, décidément, est bien rédigée, même si elle manque légèrement d'étoffe à mon goût...)

"Qui est réellement ce Doppler ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ? Ou un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse, enfants et d'aller trouver refuge dans la forêt proche d'Oslo ? Après un vol plané lors d’une promenade à vélo, le monde de ce brave père de famille de la middle class norvégienne bascule. Physiquement, tout va bien, mais mentalement, c’est une révélation : Doppler veut rompre avec la civilisation. Il décide d’aller vivre dans les bois et érige un système de valeurs dont le premier commandement est le suivant : fuir l’application humaine. Aussi, quand son épouse lui impose la garde partagée de leur fils, comment va-t-il bien pouvoir réagir ?"

1834871177.jpgExtrait d'un article paru en 2006 dans Sitartmag (remis en ligne depuis peu, à l'occasion de la parution du roman en 10-18... on appréciera l'ironie de la chose).

Qui est réellement ce Doppler qui donne son nom au quatrième roman d’Erlend Loe publié en français et qui, soit dit en passant, nous fait tant rire ? Un irrécupérable ahuri ? Un asocial invétéré ? Ou tout simplement un sage, qui a bien raison de fuir travail, épouse et enfants, d’aller trouver refuge dans la forêt proche d’Oslo et d’adopter un jeune élan comme seul compagnon ? Certes, Doppler reconnaît ouvertement sa misanthropie en admettant ne pas aimer les gens (surtout les Norvégiens…) et son départ s’accorde à la logique jusqu’au-boutiste qu’il a décidé de suivre désormais. Avide de silence, il vit depuis six mois dans la forêt où il a planté sa tente dans un coin tranquille et érige petit à petit un système de valeurs dont le premier commandement est le suivant : fuir l’application humaine, qui caractérisait la vie étriquée qu’il menait avant, faite de petites obsessions matérielles et de préoccupations déshumanisantes, vécue au rythme des Teletubbies, héros de son fils téléphage, ou des élucubrations tolkieniennes de son adolescente de fille. (…) Et quand son épouse (qui est parfois venue lui rendre visite – Doppler est admirablement membré, il ne s’en cache pas !) lui annonce tout de go qu’elle est enceinte, lui pose un ultimatum, ou lui impose la garde partagée de Gregus, leur fils de quatre ans, comment va-t-il réagir ? (B. Longre, 2006)

Bon, est-il besoin de rappeler ceci ?

Droits de reproduction des articles et propriété intellectuelle : " Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l'adaptation ou la transformation, l'arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque." (Article L.122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle)

pbayard.jpgAprès, il est fort possible qu'on me reproche d'avoir pratiqué le plagiat par anticipation, notion introduite par l'OULIPO et que Pierre Bayard a choisi de réhabiliter et de prolonger dans un livre aussi sérieux qu'amusant, érudit que facétieux. (Le Plagiat par anticipation, Ed. de Minuit, 2009) Certes, il ne s'agit là que d'un simple article, mais ce qui est valable pour une création hautement littéraire ne pourrait-il aussi l'être de n'importe quel autre type de texte ? Il reste que je suis plutôt contente d'apprendre a posteriori que j'ai pu travailler par anticipation pour le compte des éditions 10-18, prestigieuse maison à qui l'on doit tant de bons livres.

Du côté des blogs

Plusieurs blogs ont fait leur apparition ces temps, dont ceux-ci.

Le making-of d'Ammi, un album illustré de Françoise Malaval et Patrice Favaro
http://ammi-editionsmassala.hautetfort.com/

Mon p'tit mot m'a dit - une invitation à mognoter, par Martine Falgayrac
http://mognoter.blogspot.com/

Anne Mulpas, en résidence à la médiathèque de Cormontreuil (51), ouvre un blog intitulé L'être en lettres
http://alphabetre.over-blog.com/

Les 7 mains - Sept auteurs pour un même blog : Stéphane Beau, Jean-Claude Lalumière, Fabrice Lardreau, Claire Le Cam, Bertrand Redonnet, Emmanuelle Urien et Marc Villemain.
http://lesseptmains.canalblog.com/

2009.02.16

Souvenirs contre oubli

block.jpgHistoire de l’oubli de Stefan Merrill Block
traduit de l’anglais par Valérie Malfoy, Albin Michel, 2009

 

« A place where nothing was remembered and so nothing was lost »

 

Fresque sur la filiation et la transmission combinant tous les ingrédients que l’on attend d’un roman bien dosé, entre émotion et érudition, Histoire de l’oubli se fonde sur quatre récits morcelés, parallèles, alternés, puis croisés et nous mène en un seul mouvement de l’histoire à la préhistoire, de la génétique au fantastique, du pouvoir des histoires transmises oralement à la puissance de l’imagination, du microcosme au macrocosme, des affres de l’adolescence à la dégénérescence intellectuelle qui accompagne parfois la vieillesse… Une complexité qui ne doit pas rebuter le lecteur, qui découvre en temps voulu ce qui rapproche Abel, ermite texan de 70 ans, bossu de naissance, qui vit sur ce qui reste de la ferme familiale, et Seth, adolescent solitaire qui, à 14 ans, a compris que sa mère souffrait d’une forme rare et héréditaire de la maladie d’Alzheimer ; une situation qui incite le jeune homme à reconstruire empiriquement l’histoire génétique de sa mère, malgré les secrets et les non-dits qui polluent l’histoire familiale. Car Seth peut aussi compter sur des récits réinventés et transmis de génération en génération : l’histoire intercalée de la cité d’Isadora, monde parallèle intemporel, fascinant, reflet paradisiaque du nôtre, où les habitants sont dépourvus de mémoire.

 

La multiplicité des voix narratives et le désordre chronologique délibéré (à l’image du chaos qui règne dans nos cerveaux saturés de souvenirs plus ou moins fiables…) invitent le lecteur à reconstruire un puzzle impeccablement élaboré ; l’on passe ainsi d’une intrigue à l’autre sans effort, prenant plaisir à comprendre comment tout fait peu à peu sens. Fils conducteurs inévitables de ce beau roman, l’idée de mémoire, constamment fouillée – une mémoire toujours sélective (« We remember what we want to remember ») – et la place accordée au souvenir dans le temps présent.

Lire aussi un entretien avec l'auteur, qui signe là son premier roman :
http://www.albin-michel.fr/pages/interview/mblock/intervi...

 

2009.02.07

Rien de gratuit

glu.jpgGlue, d'Irvine Welsh
traduit de l’anglais par Laura Derajinski - Au Diable Vauvert, 2009 (2001 Jonathan Cape)

 

Décidément, on est en droit de se demander si Irvine Welsh se lassera un jour des cités écossaises et de leurs populations déshéritées, que les auteurs littérairement corrects oublient souvent... Après un roman qui narrait les souffrances d'un policier purement haïssable (Une ordure), l'auteur revient à ses premières amours, dans la droite lignée du fameux Trainspotting ou du moins connu Marabou stork nigthmares, pour le pire et le meilleur.


Là encore, Welsh décrit l'existence de gens qui ne penseraient même pas à s'acheter un bouquin (et encore moins l'un des siens) et l'histoire en elle-même n'a rien que de très ordinaire : le récit d'une quadruple amitié, de l'enfance (difficile, on s'en doute) à la trentaine (non moins difficile, mais pour d'autres raisons), des années 70 à notre époque. Carl Ewart (futur DJ) est un peu rêveur, grand timide, le seul à avoir eu un père capable de l'élever ; Billy Birrel, le plus solide des quatre, a la tête sur les épaules (futur boxeur) ; Andrew Galloway, le malchanceux de la bande, est entraîné malgré lui dans une spirale désastreuse (futur junkie) ; et enfin, Terry Lawson, obsédé sexuel, intellectuellement limité mais fidèle en amitié (futur loser). Les quatre amis vivent de multiples aventures sordides (hooliganisme, chasse aux filles, beuveries diverses, petits cambriolages ou larcins et vacances à l'étranger) et tentent de faire vivre des rêves, quand ils parviennent à en avoir, pour toujours se retrouver face à la glaçante réalité.

 

Au-delà de l'excellente structure narrative (toujours élaborée avec soin, l'auteur donnant la parole à de multiples personnages) et du charme du langage (l'écriture mime encore les caractéristiques phonétiques du milieu décrit), on retiendra surtout la démarche sociale de l'ensemble : Irvine Welsh affirme que ce qu'il raconte correspond bien à une réalité occultée, celle de toute une partie de la population écossaise (on pourrait élargir à la Grande-Bretagne) qui vit dans un dénuement matériel et culturel inimaginable ; un quart-monde qui a ses propres lois (le père de Carl les lui énonce très souvent), comme la fidélité en amitié... Une substance incroyablement tenace (de la glue) qui lie les quatre copains, même lorsque leurs vies prennent des directions différentes.

 

Glue est ainsi la peinture hyperréaliste (on retrouve le penchant de l'auteur pour le grotesque) et crue d'un univers en marge, où tout ce qui représente l'autorité, de l'école à la police en passant par les pompiers, est nié, rejeté ; une fresque sociale et humaine qui prouve que le talent de Welsh pour observer puis retranscrire ne s'est pas émoussé. Il est vrai toutefois que son incapacité à décrire avec le même talent le reste du monde au-delà de la cité écossaise est un sérieux handicap pour son inspiration et que certains chapitres peuvent apparaître comme de la (bonne) redite. Et cependant, il est difficile de se lasser de ces romans tant les dialogues y sont truculents, tant l'humour y est toujours aussi noir et tant l'amour du romancier pour ses personnages transparaît tout du long ; et lorsque l'on a dépassé le stade de la provocation (scatologie et pornographie), on perçoit les aspects symboliques de l'ensemble qui nous font dire que rien de ce que Welsh écrit n'est gratuit... 

 

(B. Longre)

 

www.audiable.com

www.irvinewelsh.net

2009.02.05

Araluen - la série

araluenpoche1.jpgAinsi que je l'indiquais récemment, le tome 4 des aventures de Will, apprenti Rôdeur, vient de paraître, accompagné de la parution en poche du tome 1.

J'ai découvert récemment plusieurs mentions et recensions de la série sur le net. D'abord sur le site La feuille charbinoise (merci à Cathy pour le lien !), mais aussi sur le site d'une librairie québécoise, et sur le site de Citrouille.

Quant au tome 1, il figure dans la sélection d'un prix que je découvre.

Sur le site officiel de la série, on ira aussi voir les différentes publications et leurs couvertures...

L'Apprenti d'Araluen
tomes 1 à 4
de John Flanagan
(traduction de l'anglais, Australie, B. Longre) - Hachette roman jeunesse.

2009.02.04

Lectures théâtrales - BIS

pommerat.jpgPinocchio de Joël Pommerat, illustrations d'Olivier Besson

Actes Sud papiers - collection Heyoka jeunesse, 2008

 

On pourrait croire l’histoire usée jusqu’à la corde et pourtant, Joël Pommerat signe un Pinocchio résolument optimiste et innovant, en particulier du point de vue de la langue ; une interprétation où l’humanité du pantin n’est pas engendrée par un phénomène magique, mais se construit « tellement progressivement que même le père ne s’en était pas rendu compte ».

La construction suit toutefois la trame de l’original, tout en adoptant un rythme énergique et en proposant des dialogues enlevés, souvent amusants, voire insolents. Un « présentateur » fait office de récitant, ce qui permet de faire le lien entre les épisodes et de planter les différents décors.

 

adkeene.jpgL’apprenti, de Daniel Keene
traduction de l’anglais (Australie) Séverine, Magois

Éditions Théâtrales - jeunesse, 2008

 

L’Apprenti se penche intelligemment sur la relation entre les pères et leurs fils, par le biais d’une amitié choisie entre Pascal, un quadragénaire qui n’a pas vu son père depuis longtemps et Julien, 12 ans, qui regrette qu’on ne puisse choisir son père idéal… Le sien, indifférent, ne lui convenant pas, il a décidé d’enseigner à Pascal (malgré les réticences de celui-ci), l’art d’être père. Ils apprennent à se connaître à mesure que les mois passent, lors de promenades et de rendez-vous dans des lieux variés. Naît une belle complicité, dont on sait pourtant qu’elle ne serait pas la même si Pascal était le père véritable du garçon… Un décor épuré, « non réaliste » (ainsi que l’indique l’auteur) sert de cadre à cette intrigue bien bâtie et d’une grande finesse psychologique.

 

madani.gifErnest ou comment l’oublier d’Ahmed Madani

L’école des loisirs, théâtre, 2008

 

Marie-Louise et Yvonne, deux vieilles artistes de cirque, vivent dans l’attente de l’improbable retour de l’homme aimé, Ernest, et passent leur temps à se chamailler plus ou moins gentiment ; ce qui ne les empêche pas de se soutenir mutuellement quand l’une perd la mémoire ou que l’autre ne tient plus sur ses jambes. Leurs souvenirs les entraînent sur les pistes qu’elles ont connues, quand elles étaient Miss Lévitos et Melle Saltarella, tandis que dans le présent, elles s’escriment à balayer la poussière (préfigurant leur fin proche) qui s’accumule étrangement autour d’elles, envahissant l’espace scénique. Un duo attachant, dont la paradoxale vivacité réjouit le lecteur, et qui rappelle par instants (à travers la thématique de l’humain face à la mort) la pièce de Suzanne Van Lohuizen, Les trois petits vieux qui ne voulaient pas mourir (L’Arche éditeur, 2006).

 

 (Blandine Longre, décembre 2008)

 

revue244.jpgCes articles ont paru en compagnie de quelques autres dans le numéro 244 de La Revue des livres pour enfants (La Joie par les livres / BNF, décembre 2008)

les autres numéros : les sommaires des numéros des deux dernières années sont consultables en ligne. Les numéros des années précédentes ont été numérisés et sont consultables en texte intégral sur le site. 

http://www.editionstheatrales.fr/

 

http://www.ecoledesloisirs.fr/index1.htm

 

http://www.actes-sud.fr

 

 

2009.02.02

RectoVerso, revue

rectoverso4.gifLa revue Recto/Verso est un espace de travail et d’échange autour de l’étude de la création littéraire et artistique. Dévouée à la jeune recherche internationale dans l’étude de la genèse des œuvres et des manuscrits d’écrivains, dans différents domaines littéraires, linguistiques et artistiques, Recto/Verso est une revue interdisciplinaire et quadrilingue. Elle publie des articles en anglais, français, espagnol et italien et se compose de cinq rubriques - « Cahiers de genèse », « Rendez vous », « Passerelles », « Marges » et « Apprentissages ».

Le numéro 4 vient de paraître, intitulé "Mauvais genres".

Le sommaire 

"Du roman noir à la littérature de jeunesse, de la science-fiction au roman sentimental ou policier, cette littérature, pour faire l’objet, depuis de nombreuses années, d’études scientifiques, reste prise dans le spectre du genre à contraintes. Souvent abordée sous l’angle exclusif du procédural ou de l’archétypal, elle peine à s’extraire, malgré la diversité de ses réalisations, du carcan des mauvais genres, ceux-là même qu’on fréquente sans (trop) le dire, et qu’on hésiterait en principe à interroger dans le cadre d’une recherche génétique. (...) Au cœur de ce numéro, l’importance prise par la réflexion théorique de la section « Passerelles » met justement en lumière la question de la valeur. Quels sont les codes socioculturels et historiques, les implicites qui entravent la pleine jouissance de cette littérature ? Alors même que seul le plaisir de la lecture semblerait à même de sauver ces mauvais genres, il apparaît que sous la contrainte, la liberté de la création sourde, comme une évidence plus éclatante encore d’avoir été longtemps contenue – sinon retenue. À ce titre, l’entretien avec Blandine Longre permet de mesurer, du côté de l’auteur, cette évidence de la création en littérature jeunesse, là où il serait trop facile de ne voir que la mise en œuvre d’un cahier des charges plus ou moins invariant." (Editorial, Guillaume Bellon)

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