13/05/2012

Rimbaud à Java

Parution imminente, aux éditions du Sonneur, de la traduction de "Rimbaud in Java, the Lost Voyage" de Jamie James (Editions Didier Millet 2011) - traduit de l'anglais par Anne-Sylvie Homassel.

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http://www.editionsdusonneur.com/produit.php?ref=Rimbaud-...

12/05/2012

Librairie éphémère, printemps 2012

Du 31 mai au 10 juin 2012
la librairie éphémère présente, à la Halle Saint Pierre, Paris.
la production de plus de cinquante éditeurs peu présents en librairie.
en semaine de 10 heures à 18 heures, 
le samedi de 10 heures à 19 heures, le dimanche de 11 heures à 18 heures.

quelques rencontres (parmi d’autres) :

Jeudi 31 mai, à partir de 18 heures : vernissage
chant & contrebasse avec le duo Poly Tiktok, apéritif et signatures sauvages. 

Dimanche 3 juin, à 15 heures auditorium
Carte blanche aux éditions Le Visage vert autour de la littérature fantastique, 
lectures surprises, projections possibles, bizarreries assurées.

La librairie éphémère, organisée par les éditions l’oeil d’or et Passage Piétons, présente la production de plus de cinquante éditeurs indépendants.

Halle Saint Pierre, Librairie Ephémère , 2 rue Ronsard, Paris XVIIIe.

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11/05/2012

"Your Psych Tunes"

Free psychedelic music for the masses - Celina O. runs the show.

http://yourpsychtunes.bandcamp.com/

8 albums, free download. 

 

Your Psych Tunes Vol. 8 - The Day Breaks at Dawn

22:04 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : celina o., psychedelic music, free download |

10/05/2012

"À propos des crânes, à propos des hommes"

A lire ici, une critique de Gregory Mion sur À propos d'un thug de Tabish Khair. 

"Or ce glissement du littéraire à la rumeur, voire de l’historique à l’artificiel, c’est ce qui va commencer à avoir lieu dans ce Londres dix-neuviémiste que nous décrit admirablement Khair par petites touches descriptives, lesquelles font penser à la méthode de Cézanne, donnant ainsi à l’Angleterre une allure impressionniste où la succession des moments descriptifs finit par accomplir une totalité objective dont la vérité fonctionne à rebours."

 

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09/05/2012

Jardin, abstrait (Hart Crane)

 

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Garden Abstract 

 

The apple on its bough is her desire,—

Shining suspension, mimic of the sun.

The bough has caught her breath up, and her voice,

Dumbly articulate in the slant and rise

Of branch on branch above her, blurs her eyes.

She is prisoner of the tree and its green fingers.

 

And so she comes to dream herself the tree,

The wind possessing her, weaving her young veins,

Holding her to the sky and its quick blue,

Drowning the fever of her hands in sunlight.

She has no memory, nor fear, nor hope

Beyond the grass and shadows at her feet.


Hart Crane (from White Buildings, 1926)


****


Jardin, abstrait

 

La pomme sur sa branche est son désir, –

Éclatante suspension, imitation solaire.

La branche a saisi son souffle, et sa voix,

Muettement distincte dans les obliques et les hauteurs

Des branchages au-dessus d’elle, brouille son regard.

Elle est captive de l’arbre et de ses doigts verts.

 

Aussi en vient-elle à se rêver arbre,

Possédée par le vent qui tisse ses jeunes veines,

La hisse vers le ciel et son bleu vif,

Noie la fièvre de ses mains dans l’éclat du soleil.

Elle n’a plus ni mémoire, ni peur, ni espoir

Au-delà de l’herbe et des ombres à ses pieds.

 

Traduit de l’anglais par Blandine Longre

Paru dans The Black Herald 2, septembre 2011.

http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/the-black-...

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à propos de Hart Crane

http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/Hart_Crane

http://alidades.librairie.assoc.pagespro-orange.fr/crane....

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2007/01/hart_crane.h...

29/04/2012

À propos d’un thug

À propos d’un thug

de Tabish Khair

traduit de l'anglais (Inde) par Blandine Longre (avec le concours du CNL)

Les Editions du Sonneur, 2012 (The Thing about ThugsHarper Collins 2010)

 

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"Qu’il est étrange de devenir ce qu’on n’est pas. Quelques histoires, quelques mots, suffisent-ils ? Notre emprise sur la réalité est-elle si faible, si précaire ? Les histoires – racontées par nous ou par d’autres – peuvent-elles nous transformer ainsi ? Et pour quelle raison avons-nous besoin de nous en revêtir – quelle que soit notre manière d’avoir prise sur la réalité, et quelle que soit cette réalité ? Est-ce donc ce à quoi nous nous résumons ? Des histoires, des mots, un souffle ?"

C’est depuis la bibliothèque de son grand-père, à Phansa, petite ville imaginaire de l’état indien du Bihar, qu’un narrateur anonyme bâtit « le fantôme d’une histoire vraie », la trame d’une intrigue qui débute à Londres en 1837, à la veille du couronnement de la reine Victoria : à partir d’ouvrages divers (réels ou fictifs), d’une coupure de presse datée de 1839, d’un manuscrit épistolaire rédigé en persan et de ses propres réminiscences, le narrateur tisse des récits enchâssés qui enjambent temps et espace, dont celui d’Amir Ali, lequel a quitté son village natal du Bihar pour accompagner le capitaine William Meadows jusqu’à Londres. Ce dernier, tout particulièrement intéressé par la carrière de thug d’Amir Ali, lui demande de lui relater l’histoire de sa vie – Meadows souhaite en effet écrire un ouvrage destiné à instruire ses contemporains, Notes à propos d’un thug : caractère et circonstances. Meadows ignore cependant tout des véritables intentions d’Amir Ali… et ce sera au lecteur de démêler les fils du récit de ce dernier.

tabish khair,thugs,traduction,blandine longre,le sonneur,man asian literary prize,cnl,thuggismeDans le même temps, Lord Batterstone, phrénologue renommé, charge John May, un individu qui a fait tous les métiers, de lui trouver des crânes et de les lui apprêter : peu importe leur provenance, il lui faut des crânes exceptionnels pour son « Théâtre de Spécimens phrénologiques », grâce auquel il parviendra enfin à prouver les différences inhérentes qui séparent les races et les cultures, et à réfuter les arguments de ses adversaires. La quête désespérée de John May le pousse peu à peu à commettre des actes qui provoquent sensation et terreur dans tout Londres. Bientôt, les soupçons se porteront sur Amir Ali – car qui d’autre qu’un Oriental, thug de surcroît, aurait pu commettre de telles abominations ?

tabish khair,thugs,traduction,blandine longre,le sonneur,man asian literary prize,cnl,thuggismeÀ propos d’un thug subvertit les repères classiques du récit postcolonial, du roman victorien, du roman à sensation et plus particulièrement du roman policier, et brouille les frontières entre fiction, imagination et réalité en interrogeant sans répit les notions de vérité, d’authenticité et de crédibilité – historiques, identitaires, narratives – via la juxtaposition de fausses vérités et de vrais mensonges. Aussi le narrateur déstabilise-t-il volontairement le lecteur en mêlant éléments réels et fictifs ou pseudo-historiques : Notes à propos d’un thug : caractère et circonstances du capitaine William Meadows, cité dès l’exergue et dont on découvre de nombreux extraits au fil du roman, s’inspire très librement d’un roman bien réel, lui : Confessions of a Thug de Meadows Taylor, publié en 1837 (Mémoires d’un Thug, traduit de l’anglais par Lucienne Escoube, disponible chez Phébus).

tabish khair, thugs, traduction, blandine longre, le sonneur, man asian literary prize, cnl, thuggismeDe la même façon, la vérité historique du phénomène thugiste est déconstruite, non sans ironie, à travers le double récit d’Amir Ali (celui qu’il livre à Meadows, confronté à celui qu’il relate en persan dans un journal intime hybride), et permet ainsi de dévoiler fantasmes, clichés paternalistes et constructions faussées que les Britanniques et les puissances impérialistes en général ont entretenus, consciemment ou non, sur l’Inde et sur tout autre pays colonisé. Des procédés semblables mettent en lumière l’absurdité de la pseudoscience phrénologique (à travers le personnage de Batterstone, dont le fanatisme est sans bornes) et les préjugés engendrés par la notion de « races », l’auteur ridiculisant ces certitudes « scientifiques » et le « Dieu de la Raison » que ne cesse d’invoquer Meadows.

tabish khair, thugs, traduction, blandine longre, le sonneur, man asian literary prize, cnl, thuggismeAinsi, Amir Ali, personnage insaisissable posté entre deux mondes, dont le rôle de témoin en terre étrangère n’est pas sans rappeler les Lettres persanes de Montesquieu, ne se réduit pas à l’archétype qu’il incarne aux yeux des puissants ou de l’ordre public : une fois les stéréotypes renversés, c’est lui qui passe pour un homme cultivé et sage, parlant mieux l’anglais qu’on ne le croit, se jouant de ceux qui le considèrent avec crainte, mépris ou bienveillance paternaliste. Outre la quête identitaire d’Amir (et de tant d’autres, comme le prouvent au fil du roman les précisions données sur les noms et les appellations de chacun, à la limite de l’obsession), À propos d’un thug se double une histoire d’amour presque invraisemblable (celle d’Amir et de Jenny, bonne à tout faire analphabète, nièce d’une vieille femme qui tient une fumerie d’opium) et développe sans relâche deux thèmes étroitement liés, ceux de la solitude et de la vengeance, dont Amir Ali est le catalyseur involontaire. L’auteur s’intéresse également de près aux « invisibles » de la cité londonienne et de ses bas-fonds, monde que l’on pénètre grâce au récit de Paddyji, vieil Irlandais opiomane marié à une ancienne ayah indienne, Qui Hy : lascars échoués en Europe, brigands de diverses origines, résurrectionnistes, bohémiens, mendiants, domestiques – individus dont on attend servilité et silence mais qui, dans leur univers parallèle, s’avèrent capables de prendre en main une enquête qui échappe à la sagacité des autorités policières et médiatiques, et de parfois faire montre de solidarité à l’égard de ceux qui leur ressemblent.

tabish khair,thugs,traduction,blandine longre,le sonneur,man asian literary prize,cnl,thuggismeLe roman, en accumulant les niveaux de lecture, propose ainsi une intrigue polymorphe, kaléidoscopique et labyrinthique en parfaite adéquation avec la multiplicité des genres et des styles auxquels l’auteur rend hommage en même temps qu’il les transgresse (roman exotique, d’amour, policier, victorien, épistolaire, biographie romancée, etc.), ainsi qu’une réflexion filée sur la lecture, l’écriture et le langage (entre autres par le biais d’une langue émaillée de termes étrangers, en particulier hindoustanis, qui constamment rappellent les identités doubles et souvent disjointes de certains personnages). La fragmentation de surface fait sens à mesure que les récits morcelés se télescopent (à l’instar d’un précédent roman de Khair, Filming, Picador, 2007), donnant alors naissance à des parallèles insoupçonnés entre des personnages, des voix, des siècles, des contrées et des cultures en apparence divergents, des bas-fonds du Londres victorien nimbé de brouillard à nos villes modernes et cosmopolites. 


tabish khair,thugs,traduction,blandine longre,le sonneur,man asian literary prize,cnl,thuggismeEn construisant le récit sous nos yeux depuis une bibliothèque fantomatique, le narrateur élabore un roman délibérément livresque, érudit, dans lequel s’entrelacent en permanence d’autres récits, histoires, romans : ceux qui l’ont inspirés (de Dickens à Wilkie Collins, en passant par Mayhew, Peter Ackroyd, Conrad ou Austen), ceux qui s’écrivent à l’intérieur du roman (dont l’ouvrage du capitaine Meadows ou le journal épistolaire d’Amir Ali), ceux qui sont physiquement présents (les Œuvres complètes de Shakespeare, bible d’un pacha antillais des bas quartiers) ou encore les étonnants fragments poétiques et religieux inscrits sur les parois d’une grotte dissimulée sous la ville de Londres, œuvre monumentale d’Ustad, vieil ermite indien : « le plafond est entièrement couvert d’extraits du Coran et de vers de poètes tels que Mir Taqi Mir et Wali Mohammed Wali  – la belle écriture cursive, argent, or et blanc, ouvre ses ailes sur la pierre et le plâtre, les agitant comme un oiseau pris dans un filet, emplissant la salle d’un bruit silencieux. Des fragments sophistiqués de cultures perdues se sont fondus pour créer cette volière d’alphabets hurlants, muets, en appui sur les ruines d’un esprit… »


tabish khair,thugs,traduction,blandine longre,le sonneur,man asian literary prize,cnl,thuggismeLe roman, d’abord paru en Inde (4th Estate, Harper Collins) a été sélectionné pour The Hindu Best Fiction Prize, The Man Asian Literary Prize 2010 et le DSC Prize for South Asian Literature, 2012. Il paraîtra aux États-Unis en juillet 2012 (Houghton Mifflin Harcourt).

Tabish Khair est aussi l’auteur de Filming (Picador, 2007), de The Bus Stopped (Apaiser la poussière, les Éditions du Sonneur, 2010, traduit de l’anglais par B. Longre, avec le concours du CNL) et de How to fight Islamist Terror from the Missionary Position (Harper Collins India, avril 2012). 

Pour se procurer l'ouvrage 

editionsdusonneur.com/produit.php?ref=Khair-Thugs&id_...

recherche.fnac.com/ia584150/Tabish-Khair

 

EXTRAITS DE PRESSE

Thugs makes for intellectually satisfying reading, by virtue of its redoubtable research and excellent atmospherics. By reintroducing imagination to the Indian novel in English without sacrificing relevance, Khair has done us all a favour.” (The Wall Street Journal, August 27, 2010)

“Partly, perhaps, the world Khair creates seems so real because foggy Victorian London is so well entrenched in the imagination. However, much more is due to Khair's own peculiar genius. He is a renowned poet, and like many poets before him, has a rare gift for prose. He can, in a few words, a brief alliterative phrase, conjure up a picture, inspire horror, pity, fear or love. He has also crafted a novel full of suspense where the various strands of mystery, human relationships and crime are expertly woven into one absorbing and fast-moving tale. This is a book that deserves to stand the test of time and join the other masterpieces of Victorian London.” (India Today, Aug 30, 2010)

“As the story swings from India to England and voice to voice, Khair peoples the trans-Atlantic landscape with a string of edgy and wondrously inventive characters, most of whom emerge from the gloomy shadows and stinking, muck-laden by-lanes of London. Lying, cheating, murdering and beheading, they shuffle through the pages in a miasma of odours, eccentricities and transgressions. (…) thuggee is soon overtaken by English skulduggery and therein lies Khair's triumph: his evocative recreation of the seedier side of Victorian England. His research, and his elegant use of it, are both meticulous and skillful; you can smell those odorous, dingy by-lanes, see those shady figures through the London fog that seems to envelop much of this story.” (The Hindu, Oct 03, 2010)


06/03/2012

De nouveau en librairie, Le Cercle Meurtrier

littérature,roman,sokoloff,hachette,traductionLe Cercle meurtrier
Alexandra Sokoloff
(The Harrowing) - traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Blandine Longre

Le Livre de poche jeunesse, mars 2012 

4e de couv. Vacances de Thanksgiving. Le campus est déserté. Roxane est restée seule à Mendenhall. Âme solitaire, noyée dans ses idées noires, la jeune femme a décidé d'en finir avec la vie. Mais dans la salle commune où elle a trouvé refuge, d'autres étudiants sont également présents...

"The Harrowing is a real page-turner. Alexandra Sokoloff raises a fine crop of goosebumps and shivers. A first novel of unusual promise. " IRA LEVIN, author of Rosemary's Baby and The Stepford Wives.

Alexandra Sokoloff

Lire les premières pages 

Acheter le roman

Première publication (collection Black Moon, 2008)

L'éditeur

 

La bande-annonce du roman en anglais


http://fr.youtube.com/watch?v=bFpRLP_2J1A

03/03/2012

Les enfants disparaissent - Gabriel Báñez

la dernière goutte,gabriel báñez,roman,argentine,littérature« Il ne rêva pas. Il ne rêvait jamais. À peine savait-il ce qu’était un rêve. Les enfants lui racontaient leurs rêves, mais leurs récits lui paraissaient toujours incohérents et imaginaires. De sa propre enfance aussi, il ne lui restait que peu de souvenirs. Rien d’autre qu’une époque scandée par les changements successifs de fauteuil et par les périodes d’adaptation auxquelles il devait se soumettre à mesure que son thorax grandissait. Pour lui, la croissance avait été une série constante de transformations.

Cependant, il avait fini par se sentir vieux. Cette conscience du temps le dérangeait, l’empêchait de s’en tenir aux pures sensations, le contraignait à admettre les années, les jours. L’âge lui avait toujours semblé une idée abstraite. Les adultes se remémoraient les meilleurs moments de leur vie, et c’est ainsi qu’ils se rassuraient quand il était trop tard. Pour les adultes, il était toujours trop tard, pour tout. L’enfance, au contraire, était un printemps toujours neuf qui repoussait la vieillesse dans un au-delà. Le vertige des pentes et l’éternel assemblage des mécanismes, eux aussi, nécessitaient de faire abstraction des années. Les adultes, se disait-il, n’avaient pas ce genre de préoccupations. Les adultes pensaient.

Il ne faisait part de ses obsessions qu’avec réticence. Entrer dans le giron des innombrables associations pour handicapés, c’eût été renoncer à sa condition. Il avait ces cercles en horreur. Ils étaient aussi traîtres que l’écoulement de son sablier ou que les mécanismes de mesure qui faisaient croire à la plupart des gens que le temps était uniforme. Pour Macias, le temps n’était rien d’autre qu’une définition, un ordre arbitraire, sans effet ni cause. »

Les enfants disparaissent, de Gabriel Báñez - Traduit de l'espagnol (Argentine) par Frédéric Gross-Quelen, La Dernière goutte, 2010


http://www.ladernieregoutte.fr/livres/les-enfants-dispara...


Anne-Françoise Kavauvea présentait ici les éditions de La dernière goutte.


Gabriel Báñez est décédé en juillet 2009, on peut consulter son blog ici :

http://cortey.blogspot.com/

12/02/2012

Les carnets d’eucharis n°32 Hiver 2012

Le sommaire ici 

et la revue en format pdf

par Nathalie Riera

http://lescarnetsdeucharis.hautetfort.com/

 nathalie riera, les carnets d’eucharis, poésie, littérature, arts plastiques

08/02/2012

Des monstres et des saints : SADE 2.0

Marquis de Sade, Jean-François Mariotti, Clémentine Marmey, théâtreUne adaptation de Sade pour rire des monstres sacrés et démonter férocement le puzzle de l’histoire.

Auteurs : Sade / Jean-François Mariotti
Metteur en scène: Jean-François Mariotti

Avec Clémentine Marmey

Théâtre Les déchargeurs, 3 rue des Déchargeurs, Paris 75001
du 24 janvier au 08 mars 2012 à 20h / mardi, mercredi et jeudi.
pour réserver : 
http://www.lesdechargeurs.fr/node/533 

Jean Moulin, Pétain, Sœur Emmanuelle, Jean-Paul Sartre ou la Cicciolina, tour à tour victimes et bourreaux d’une grande orgie décomplexée. Sade 2.0, c’est Sade revisité et mélangé sans vergogne aux cendres du XXème siècle : un tour de passe-passe pour en découdre avec la grande Histoire. Et peut-être en finir avec ces statues de marbre qui pèsent lourdement sur nos mémoires et nous empêchent d’avancer, libres du passé.

"Sade 2.0 est une adaptation libre des dernières pages des 120 Journées de Sodome, du Marquis de Sade. Ces pages-là sont les plus terribles, puisqu’elles se résument à de longues listes de cruautés énoncées de manière systématique, sans préoccupation narrative. Une sorte de plan, sans doute, la promesse d’une narration à venir, mais que Sade n’a jamais écrite. Tout comme le XXe siècle fut la promesse d’une grande histoire, pour s’abîmer finalement dans l’horreur érigée en système. Si je me suis permis des digressions autour du texte de Sade, et si j’ai changé le nom des protagonistes pour coller à mon projet, je n’ai en revanche absolument rien touché à l’essentiel du texte : la cruauté. Cette dernière appartient entièrement à Sade, jusqu’aux répétitions, approximations et, parfois, contresens. Écrites dans la solitude d’une cellule de la Bastille, Les 120 journées de Sodome possèdent cette langue brute, quasi improvisée, qui sied parfaitement à Sade 2.0..." Jean-François Mariotti

Lire ici la critique du Visage Vert

http://leblogduvisagevert.wordpress.com/2012/02/08/sade-e...

pour en savoir plus

http://www.lesdechargeurs.fr/sites/default/files/DP_Sade2...

http://www.heautontimoroumenos.com/

http://www.lesdechargeurs.fr/node/2071


04/02/2012

Le poème sauvage – Jos Roy

le poème sauvage n’est pas sauvage puisqu’il
parle

chien disait l’homme à l’homme et chacun perdait sa parole

le poème n’est pas autre chose
 qu’une chose                  (sauvage/sylvestre)                      vivante qui pousse malgré toute
condition catastrophique du monde                       qui pousse malgré tout
 
faut dire              :             on se fout du biotope des
civilisations & de toute cette littérature qui ne situe rien
rien
(presque rien)
 
**
(extrait – pour lire le texte dans son intégralité :

Le BH2 vu par le Visage Vert

“Mais ce sont les œuvres — poèmes, nouvelles, essais — qui priment avec, pour seul commentaire, la traduction (puisque l’un des principes duBlack Herald est de publier tous ses textes au moins en français ou en anglais, quelle qu’en soit la langue originale, de toute façon toujours restituée.) Le seule exception, déjà citée, est l’introduction de Stubbs (on peut la lire ici), laquelle réaffirme la primauté des voix sur les auteurs eux-mêmes et préconise leur émergence, “sur la rive opposée à l’égotisme contemporain“. À cette lumière, et bien loin du narcissisme sans joie où s’embourbent nombre de revues ou de magazines littéraires, on ira donc, dans ce deuxième numéro du Black Herald, chercher des voix dont le seul point commun est probablement de ne jamais s’écouter parler (ce qui les rapproche, toutes poétiques qu’elles soient, de la littérature de genre si chère au Visage vert).”

à lire sur le blog du Visage Vert, revue et éditeur.


03/02/2012

À propos d’un thug - Tabish Khair

à paraître en avril aux Editions du Sonneur

À propos d’un thug
un roman de Tabish Khair
traduit de l'anglais (Inde) par Blandine Longre
(avec le concours du CNL)

(The Thing about Thugs, Harper Collins 2010)


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Pour feuilleter les premières pages

THUGS : secte active en Inde du XIIIe au XIXe siècle, dont les membres pratiquaient le vol et le meurtre par strangulation en l’honneur de la déesse Kali. Amir Ali, l’un d’eux, a quitté l’Inde pour accompagner le capitaine William Meadows dans la grisaille du Londres victorien. Ce dernier a en effet pour projet d’écrire un ouvrage sur cette confrérie meurtrière. Dans le même temps, lord Batterstone, un célèbre phrénologue qui cherche à prouver les différences séparant les hommes et les races, charge un certain John May de lui trouver des crânes et de les lui apprêter. La quête de John May le pousse peu à peu à commettre des crimes abominables qui provoquent sensation et terreur dans tout Londres. Bientôt, les soupçons se portent sur Amir Ali – car qui d’autre qu’un thug, même repenti, aurait pu commettre de tels meurtres ?

Le roman a été retenu dans les dernières sélections des prix suivants : 

Man Asian Literary Prize 2011
DSC Prize for South Asian Literature, 2012
Hindu Best Fiction Prize, 2010


du même auteur 

Apaiser la Poussière
(Editions du Sonneur, 2010, traduit de l'anglais par B. Longre)

voir aussi

http://blongre.hautetfort.com/tag/tabish+khair

http://www.tabishkhair.co.uk/

Concernant les thugs, un extrait du Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse. 

03/01/2012

Merci à ParisLike

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http://www.parislike.com/FR/happenings/page.php?link=Herald

(Photomontage réalisé par ParisLike - "À bout de souffle" (1960) de Jean-Luc Godard)

02/01/2012

En lecture

Au bord d'un lent fleuve noir
Anne-Sylvie Salzman
(Ed. Joëlle Losfeld, 1997)

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le site de l'auteur

ashomassel.wordpress.com/fictions/

Critique

lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=4390

sur le site de l'éditeur

joellelosfeld.fr/ouvrage-964529-au_bord_d_un_lent_fleuve_...

31/12/2011

The Impotence to Tell—

If What we could—were what we would—
Criterion—be small—
It is the Ultimate of Talk—
The Impotence to Tell— 

 

Emily Dickinson, poems selected by Ted Hughes (Faber)

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The Cambridge Companion to Emily Dickinson (edited by Wendy Martin)

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Emily Dickinson: Letters (Everyman's Library)

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Emily Dickinson, Quatrains et autres poèmes brefs, Folio Poésie - Traduction et présentation de Claire Malroux.

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17/12/2011

En librairie, Sherlock Holmes

Bel article de Sophie Van der Linden à propos du Diadème de béryls d'Arthur Conan Doyle

nouvelle traduction de Blandine Longre

illustrations de Christel Espié, éditions Sarbacane, 2011

"Le présent titre Le Diadème de Béryls est le deuxième opus des Enquêtes de Sherlock Holmes. Face à ce texte canonique, la série poursuit une grande élégance éditoriale : format, papier, impression et nouvelle traduction très réussié (réalisée par Blandine Longre) qui s'inscrit absolument dans la tradition des publications d'Arthur Conan Doyle tout en lui apportant une réelle modernité. Christel Espié s'attache dans ses illustrations à faire ressortir l'ambiance du récit, par un souci du détail, qu'il soit architectural ou vestimentaire ou par ses vues d'ensemble sur des paysages urbains marqués par la révolution industrielle."

Lire l'article

 

Sophie Van der Linden, sherlock holmes, Christel Espié, Sarbacane

 

Oyez, oyez le noir héraut – par Frédéric Saenen

"Les découragés d’office qui, à la feuilleter en hâte, ne verront qu’élitisme dans le parti pris de The Black Herald de se tenir au plus près du langage et des langues, passeront à côté d’une revue qui assume de se mettre pleinement au service de la littérature, en jouant son indispensable rôle de passeur. Passeur de mots, de vérités précaires, de risques aussi. Embarquement immédiat !" Frédéric SAENEN

Pour lire l'article

article paru dans le n°33 du Magazine des Livres (en kiosque)


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Le 2e numéro du Black Heraldparu en septembre

#2 – September 2011 - Septembre 2011 / 162 pages – 13.90 € – ISBN  978-2-919582-03-7

Poetry, short fiction, prose, essays, translations / Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

En ligne

• L'éditorial (Paul Stubbs) en VO et en français 

• Le sommaire / the contents

• A poem by Jos Roy in original version & translation / Un poème de Jos Roy, accompagné de sa traduction en anglais.

• Un texte inédit de Jacques Sicard (à propos de The Murderer de Na Hong-jin).

• Rimbaud & the New Inquisition (an excerpt from Paul Stubbs’s essay).

Pour commander et/ou trouver la revue

 

Librairie éphémère

librairie éphémère, Halle Saint Pierre, Paris, jusqu'au 5 janvier 2012.

La librairie éphémère, organisée par les éditions l'oeil d'or et Passage Piétons, présente la production de plus de cinquante éditeurs indépendants.

entrée libre
en semaine 10 h-18 h / samedi 10 h-19 h / dimanche 11 h-18 h
les 24 et 31 décembre 10 h-16 h / fermeture les 25 décembre et 1er janvier
renseignements 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre 2 rue Ronsard, Paris XVIIIe.

 

librairie éphémère, halle saint pierre, visage vert, black herald press

 


Le 28 décembre 2011 à 15h
Halle Saint Pierre, Librairie Ephémère , 2 rue Ronsard, Paris XVIIIe.

(Entrée gratuite)

Clémentine Marmey, comédienne, Jean-François Mariotti, metteur en scène (Compagnie L’Héautontimorouménos) et Romain Verger, écrivain, vont débusquer apparitions et illuminations dans quelques textes choisis dans les revues le Visage vert et le Black HeraldCette lecture s’inscrit dans le cadre de la Librairie éphémère.

 

07/12/2011

ParisLike, webmagazine

 Webmagazine créé par Alessandro Mercuri et Haijun Park, consacré à l’art, la création et la culture en France, ParisLike présente des documentaires vidéos, des entretiens et des textes critiques, en français et en anglais.

ParisLike N°1 présente :

le cinéaste Luc Moullet

l'anthropologue Bruno Latour

l'artiste plasticienne Anita Molinero

le neurobiologiste Yehezkel Ben-Ari

le créateur de chaussures Raphael Young

A découvrir entre autres, trois textes d'Alessandro Mercuri : Les aventures de Jesús Maria Veronica à Holyhood,  Mad(e) in France - La terre de la folie de Luc Moullet et Fourrure de verre

 

A la fois pop et élitiste, pointu et accessible, éclectique, ludique et curieux, ParisLike est un nouveau magazine à découvrir, lire, écouter, voir et faire voir. Pour répondre à l'écho "What is ParisLike like ?", rendez-vous ici : http://www.parislike.com

ParisLike, revue, webmagazine, Alessandro Mercuri, Haijun Park

 

11/11/2011

Black Herald Press - le blog

Que l'on retrouvera désormais à l'adresse suivante :

http://blackheraldpressblog.wordpress.com/

black herald press, blog, littérature, poésie

(Photo: Romain Verger)

31/10/2011

La bibliothèque de Jacques Doucet, musée Angladon

Musée Angladon, Avignon

La bibliothèque de Jacques Doucet, de Baudelaire aux Surréalistes

Exposition du 23 septembre 2011 au 31 décembre 2011
 
 
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30/10/2011

William Blake by Kathleen Raine

05211030070.jpg“As Blake became more deeply immersed in the visions that he describes in the Prophetic books, so he moved, as a poet and an artist, into a poetic world that was to remain incomprehensible to the general public for a hundred years and more.” Kathleen Raine.

(supplement to British Book News, 1951)

Lire le texte complet

L'Autre Livre défend la "bibliodiversité"

LAL_Salon2011.jpgL’association l'autre LIVRE organise le 9e Salon des éditeurs indépendants du 18 au 20 novembre 2011 à l'Espace des Blancs Manteaux, 48 rue vieille du Temple, PARIS 4ème (M° Hôtel de ville).
Ce salon gratuit permet de faire découvrir, sur 1 000 m² au cœur de Paris, les livres de 150 éditeurs français ou étrangers dont la production originale contribue activement à la « bibliodiversité ». 
 
 
 

19/10/2011

Tod et Tod

Tod Robbins, le sonneur, anne-sylvie homassel, Tod Browning, littérature, nouvelleLes Éperons, de Tod Robbins
Traduit de l’anglais par Anne-Sylvie Homassel, Préface de Xavier Legrand-Ferronnière, Editions du Sonneur, 2011 

Devenu riche grâce à un héritage inattendu, le nain Jacques Courbé, l'un des phénomènes de foire du cirque Copo, obtient la main de Jeanne Marie, la belle et calculatrice écuyère. Convaincue de pouvoir profiter de cette fortune avec son amant, elle se moque ouvertement de son nouvel époux lors de leurs noces. Mais rire d'un homme susceptible, aussi petit soit-il, peut s'avérer dangereux, surtout lorsqu'il est accompagné d'un redoutable molosse.Tod Robbins (1888-1949) brosse dans cette nouvelle une mordante et vicieuse peinture des mœurs du cirque, un texte à la source du sidérant Freaks, la monstrueuse parade, le célèbre film de Tod Browning.

15/10/2011

Quartet for the End of Time

mark.jpg"And it ends with a
groaning convoy of wagons
full of fine baby-hair
trundling past a pyramid of
tiny red shoes reaching the
stars which are guilty

by implication"

(Massacre of the Innocents, Mark Wilson)

Les éditions du Zaporogue (Sébastien Doubinsky) publient le recueil de Mark Wilson, Quartet for the End of Time. L'un de ces poèmes, Tabula Rasa (d'après Arvo Pärt) a paru dans le premier numéro du Black Herald en janvier dernier, accompagné de sa traduction en français (Anne-Sylvie Homassel). 

On peut librement télécharger le recueil ici ou bien l'acheter (si l'on préfère lire sur papier ou ne pas avoir à imprimer la version téléchargée...).

14/10/2011

En lecture : Anne Sexton

anne sexton,littérature,poésie,poetry,literatureAnne Sexton: A Self Portrait in Letters 
correspondence, edited by L. G. Sexton and Lois Ames - Houghton, 1977.

 “Although there is nothing new in the manner I have written these [poems], it seems new to most poem tasters. I do not write for them. Nor for you. Not even for the editors. I want to find something and I think, at least ‘today’ I think, I will. Reaching people is mighty important, I know, but reaching the best of me is most important right now.” (Letter to Mary Gray Harvey, Christmas Day, 1957)

L'auteur - plusieurs poèmes en ligne.

12/10/2011

Essays & Fictions

Danielle Winterton, Essays & Fictions, littérature, littérature anglophone, revue, The Black HeraldA découvrir, la revue de littérature américaine Essays & Fictions, coéditée par Danielle Winterton, David Pollock et Joshua Land. Le numéro double VIII-IX a paru en septembre. On peut le télécharger en intégralité depuis ce lienDanielle Winterton, de son côté, publie certaines de ses fictions ici. L'un de ses textes, Dolce Vida, a paru dans le dernier numéro du Black Herald, accompagné de sa traduction en français.

Les Fantômes du soir

9782749110868FS.gifLes Fantômes du soir
Sébastien Doubinsky
(Le Cherche midi, 2008)

 

Rubinstein, écrivain moyen

Tout débute sur… une chute – quand Paul Rubinstein, invité d’une émission de télévision littéraire (ou qui, du moins, en a les prétentions, comme la plupart de ces programmes pipoles, indigestes et tristounets), dégringole en direct et en public du tabouret peu confortable sur lequel on l’a posé. Une chute qui marque un tournant dans la vie pourtant paisible de cet écrivain discret, dont le dernier roman figure (miracle !) sur la (fameuse ou infamante ?) liste des goncourables – à la grande joie de l’éditeur indépendant auquel Paul a toujours été fidèle. Serait-ce le commencement d’une gloire tardive (et vraisemblablement méritée) ? Rubinstein ne le croit pas, préférant n’y voir qu’un « hasard », plutôt que de nourrir de faux espoirs. Et puis, cette célébrité subite ne lui plaît guère, il en serait même un peu « agacé ». Surprise ! En rentrant chez lui ce soir-là, tout courbaturé (la faute au tabouret), il découvre « trois individus installés sur son canapé »… et pas n’importe lesquels : Henry Miller, Lawrence Durrell et Blaise Cendrars en personne. Rubinstein croit à une farce que lui jouerait son cerveau fatigué, à une illusion d’optique, et même s’il bavarde un bon moment avec eux, il reste sur ses gardes. Que lui veulent-ils ? Et pourquoi lui ? Sont-ils venus le « chercher » ?

Au-delà de la satire évidente qui imprègne nombre de scènes et des piques délivrées au monde littéraire et éditorial dans son ensemble – une certaine sclérose franco-française, associée à un snobisme rédhibitoire – Sébastien Doubinsky dresse le portrait d’un homme en crise, qui cherche un sens à son existence tout en dressant le bilan d’une carrière littéraire certes gratifiante, mais méconnue. Car Rubinstein fait partie d’une catégorie qui compte des centaines de membres : il est l’écrivain « moyen » par excellence ; ni célèbre, ni maudit, ni trop obscur (son dernier roman s’est déjà vendu à 10 000 exemplaires…), il se situe dans la tranche un peu floue de ceux qui savent écrire (et le font bien), mais ne peuvent vivre de leurs écrits (il travaille comme archiviste chez un assureur...) tout en accédant parfois à une relative notoriété, souvent éphémère ou vite noyée par les nouvelles parutions qui envahissent les étals des librairies. Et pourtant, Rubinstein persévère, écrit, publie, continue de bâtir son œuvre. Il est érudit, cultivé, n’a rien d’un opportuniste – au contraire, il serait plutôt du genre intègre, voire gêné par les honneurs – et compte quelques admirateurs, dont un jeune écrivain prometteur venu d’Haïti (la relève, en quelque sorte), dont les mots le rassérènent un peu, malgré ses réticences initiales. En construisant le portrait de cet écrivain qui fait un bilan mitigé de sa « carrière » et vit une crise existentielle – et une crise du sens – sans précédent, on a l’impression que Sébastien Doubinsky donne indirectement la parole à toute cette catégorie, à qui Cendrars (qui lui, a tout compris !) reproche la chose suivante : « Vous nagez dans la contradiction. Vous êtes terrifié parce que le succès vous effleure de son aile aléatoire, mais vous semblez amer d’être aussi peu connu. » Là réside le point d’ancrage de cette quête improbable, indécise, parfois acide – des retours en arrière nostalgiques, des souvenirs qui refluent, aux préoccupations du présent et à l’angoisse de ne plus savoir qui on est ni pourquoi on fait ce que l’on fait. Ce passage à vide se transforme parfois en fantaisie onirique (les fantômes des trois grands – très vraisemblables - y sont pour beaucoup) ou en fable humaniste, et explore habilement, entre légèreté et gravité, les thèmes croisés de la reconnaissance (par qui? pour quoi ?), de la liberté (perdue ou retrouvée, c’est selon), de la fonction de la littérature et de la célébrité – cette façade dissimulant (souvent très mal) le vide vertigineux qui habite certains… inutile de citer des noms, on les connaît tous – il reste que ni Rubinstein, ni Doubinsky n’en sont.

B. Longre

(article publié en mars 2008 dans feu Sitartmag)

Sur le site de l'éditeur

Du même auteur

 

11/10/2011

The World

It burns in the void.
Nothing upholds it.
Still it travels.
 
Travelling the void
Upheld by burning
Nothing is still.
 
Burning it travels.
The void upholds it.
Still it is nothing.
 
Nothing it travels
A burning void
Upheld by stillness.
 
The World (from The Pythoness, 1949) Kathleen Raine
 
 
 
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