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Poésie - Page 3

  • The Black Herald, quelques nouvelles

    2011-01-13 13.39.17.jpgMerci tout d'abord au Visage Vert qui propose ici une belle présentation de la revue, ainsi qu'à tous les lecteurs et à ceux qui ont transmis les informations, via leurs blogs, sites, etc. comme Ent'revues, Poezibao, DeBurenJos Roy ou Claude Chambard, sans parler des contributeurs à ce premier numéro.


    On peut se procurer le 1er numéro de la revue de diverses manières :

    Directement en ligne, via une connexion sécurisée (règlement via PayPal OU carte bancaire)

    Pour les règlements par chèque, il suffit de nous écrire (blackheraldpress@gmail.com)

    La revue est par ailleurs disponible dans quelques librairies : L'Ecume des pages, Atout Livre et Cambourakis à Paris / Passerelle à Dole / London Review Bookshop à Londres / Athenaeum à Amsterdam. (voir détails en ligne)

    Enfin, pour ceux qui s'interrogeraient sur le numéro 2 et surtout sur ce qu'on appelle en anglais le "submission process" / ou proposition de textes, des précisions ici

     


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  • The Black Herald - numéro 1

    Le premier numéro de la revue de littérature THE BLACK HERALD paraît en janvier. Au sommaire, poésie, fiction, essais et traductions - en français et en anglais. 

    Issue #1 – January 2011 – Janvier 2011
    160×220 – 148 pages - 13.90 €
    ISBN 978-2-919582-02-0


    Le numéro est disponible en pré-commande

    (connexion sécurisée - PayPal ou Carte)

    couv-rectobis.jpg

     

    Texts by / Textes de : 

    Laurence Werner David

    John Taylor

    Valeria Melchioretto

    Tabish Khair

    Émile Verhaeren

    Will Stone

    Philippe Rahmy

    Rosemary Lloyd

    Osip Mandelstam

    Alistair Noon

    Onno Kosters

    Willem Groenewegen

    Sandeep Parmar

    Georges Rodenbach

    Andrew O’Donnell

    Khun San

    Sylvie Gracia

    Georg Trakl

    Anne-Sylvie Salzman

    James Byrne

    Claro

    Brian Evenson

    Siddhartha Bose

    Romain Verger

    Yahia Lababidi

    Sébastien Doubinsky

    José Mena Abrantes

    Cécile Lombard

    Darran Anderson

    Anne-Françoise Kavauvea

    Emil Cioran

    Nicolas Cavaillès

    Mark Wilson

    Zachary Bos

    Paul Stubbs

    Blandine Longre. 

    ImagesEmily Richardson • Romain Verger • Will Stone

    Design: Sandrine Duvillier

     

    Présentation à lire, sur le blog de Bartleby les yeux ouverts et sur celui du Visage Vert.

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  • En lecture

    ForetsNoiresG.jpgForêts Noires, de Romain Verger (Quidam, 2010)

     http://www.rverger.com/foretsnoires.html

     

    A lire, un article de Bartleby Les Yeux Ouverts, un autre sur La Lettrine, ou encore dans Livres Hebdo.

     

    Un extrait ici.

     

     

     

     

    14121_106366879404495_100000935518931_43457_6878380_n.jpgLe répertoire des îles, vol. 1Textes d'Utralab™ et Anne Lille (Editions Burozoïque)

    http://www.burozoique.fr/

    "Obsédés depuis des années par ce motif d’un utopique monde bonzaï, les membres du groupe Ultralab™ puisent leur inspiration parmi les innombrables occurrences de l’île dans la culture mondiale, de L’Île au trésor de R. L. Stevenson à L’Île de la tentation de TF1 en passant bien sûr en tout premier lieu par l’Utopia de Thomas More, ou encore, parmi tant d’autres, celles de Jules Verne, Rodney Graham, Godfrey Sweven, Tetsuya Nomura, Joone, Grand Theft Auto, Alain Bublex, H. G. Wells,Christophe Izar, Namco, Christopher Priest, Shigeru Miyamoto ou encore Aldous Huxley… Moulinant à tout va les références issues de l’histoire des idées, de la littérature, de l’art ou encore du cinéma de série B et de la science-fiction, Le Répertoire des îles™ souhaite recenser de manière quasi scientifique toutes les possibilités d’îles et s’interroge ainsi sur notre actuelle capacité à restaurer la production des utopies, quitte même à prendre le risque de les voir proliférer et dériver dangereusement."

    khunsan.jpgTuer l'auteur, de Khun San (Les Joueurs d'Astres, 2010)

    http://www.rezobook.com/auteurs/khun-san

    « Alors que vous ôtez délicatement le papier du petit carré de chocolat que vous aviez conservé pour l’après café, une femme en solex dont le panier avant dévoile l’oblongue extrémité d’une baguette de pain s’enquille dans le bout de vos chaussures. Devant cette flaque de sang qui macule le nubuck beige de vos mocassins vous abandonnez le projet du chocolat et, après un mouvement d’humeur fugace, vous raccompagnez la femme chez elle, dans un appartement qu’elle partage avec une hollandaise exubérante. Dans les lieux vides à cette heure puisque l’expansive hollandaise jacasse en d’autres ailleurs, elle vous confie, au détour d’un splash d’eau boriquée, « j’ai un secret, je vais tuer un homme ». Vous ne voulez pas trop vous attarder, vous avez déjà assez de soucis avec vos propres meurtres sémantiques. »

     

    the-year-of-the-flood.jpgThe Year of the Flood, by Margaret Atwood (2009)

    http://www.yearoftheflood.com/

    "Beware of words. Be careful what you write. Leave no trails.
    This is what the Gardeners taught us, when I was a child among them. They told us to depend on memory, because nothing written down could be relied on. The Spirit travels from mouth to mouth, not from thing to thing: books could be burnt, paper crumble away, computers could be destroyed. Only the Spirit lives forever, and the Spirit isn’t a thing.
    As for writing, it was dangerous, said the Adams and the Eves, because your enemies could trace you through it, and hunt you down, and use your words to condemn you.
    But now that the Waterless Flood has swept over us, any writing I might do is safe enough, because those who would have used it against me are most likely dead. So I can write down anything I want."

     

    jtaylor.jpgThe Apocalypse Tapestries, by John Taylor
    (Xenos Books)

     

    http://www.xenosbooks.com/Apocalypse.htm

    Poems, prose poems and reflections, some inspired by memories of travels and everyday life, others by old tapestries of St. John writing the Book of Revelations.

    Un extrait en français (traduction de Françoise Daviet)

    http://temporel.fr/John-Taylor-v-f-poemes

    et en version originale : 

    http://temporel.fr/John-Taylor-v-o-poemes

     

    II. Digging for Martyrs

       The burning blisters on the palms of your hands.
    The sweat on your face.
    The ever-blunter 
    blade of your shovel.
    Your ever-wearier 
    thrust 
    into the rock-studded 
    clay.

       Now and then, bones. 
    A broken skull.
    A trinket. 
    A talisman.

       But none of these relics

     

    is of yourself.

     

     

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  • A paraître, The Black Herald

    The Black Herald

    Literary magazine – Revue de littérature

    Issue #1 - January 2011 – Janvier 2011
    160×220 – 160 pages
    13.90 €/ £11.99 / $ 19.50
    ISBN 978-2-919582-02-0

    Poetry, short fiction, essays, translations.
    Poésie, fiction courte, essais, traductions.

    http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/

     

    cover1.jpg

     

     

     

     

     

     

     

    © Emily Richardson 2008 (Still from the film Cobra Mist)

     Comité de Rédaction : Paul Stubbs et Blandine Longre

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  • Palpitant roman-feuilleton...

    dcunin.jpg...à propos du poème The Unseen, de Sarah Teasdale, et de ses nombreuses traductions / adaptations / transpositions... à découvrir en détail sur l'excellent blog de Daniel Cunin, traducteur du néerlandais – blog consacré aux Flandres et aux Pays-Bas à travers leurs écrivains.

    http://flandres-hollande.hautetfort.com/

     

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  • Black Herald Press, tous les liens utiles

    urizen.G.P5.detail.jpgLe site

    blackheraldpress.wordpress.com/

    Pour commander les ouvrages

    blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

    Le blog

    blackheraldpress.tumblr.com/

    La page sur Facebook

    Les éditeurs préparent activement la revue à venir, brièvement présentée ici :

    http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/

    My HipstaPrint 0.jpg

    (merci à Romain Verger pour cette photo)

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  • Entretien sur le blog du magazine 3:AM : Paul Stubbs, à propos de Black Herald Press

    paul1.jpg

    Paul Stubbs, co-editor of Black Herald Press, is interviewed by Darran Anderson on 3:AM Magazine's Buzzwords blog (21/09/2010)

     

    1) Where did the idea for Black Herald Press originate and what is the significance of the name?

    To begin with, we had the idea to self-publish two of our own works, to be for once in full control of our own editing and production. But then while in this process and through speaking with friends who have their own publishing houses here in Paris, we decided to push the project further by publishing our own literary magazine and also future individual works of originality that we feel attracted to; hence the birth of Black Herald Press.

    The title of the press is significant only in that it is taken from Los Heraldos Negros / Black Heralds, the first collection by the Peruvian poet César Vallejo, an important figure and influence. Beyond that, the word ‘Herald’ suggests a birth and/or declaration of something new and formidable that is close to announcement. Also we wanted a name that very few people would forget, and this seemed perfect.

     

    2) The emphasis of Black Herald, your own poetry and the writing of your Black Herald co-editor, the poet, writer and translator Blandine Longre, tends to focus on, for want of a better less-reductive term, “visionary” poetry (your website bears a masthead by William Blake which is a hint). It’s a tradition that’s been largely buried in Britain but embraced in Europe, do you see Black Herald as being part of this lineage? And, if so, who would you see as being influences?

    The title came first then, by chance, the Blake image, but we knew at once that when put side by side they possessed a powerful and symbiotic connection. I am not sure a ‘tradition’ of anything you could call visionary poetry has ever really existed in England, though of course there were and still are poets (outside of any movement or school) who could be described as possessing the faculties of a visionary power. At The Black Herald, the only ‘lineage’ we really want to pursue and be a part of is poetry that pushes the boundaries of what language can and cannot do... 

     

    READ MORE :

    http://www.3ammagazine.com/3am/five-for-black-herald-press-paul-stubbs/ 


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  • A paraître, Ex Nihilo / Clarities

     

    exnihilo.jpg

    Ex Nihilo, by Paul Stubbs

    Black Herald Press, 2010

    120x160 - 48 pages - 8 euros

    ISBN  978-2-919582-01-3

     

    clarities.jpg

     

    Clarities, by Blandine Longre

    Black Herald Press, 2010

     120x160 - 48 pages - 8 euros

     ISBN  978-2-919582-00-6


     

     

    Order the books/ Commander les ouvrages

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  • Black Herald Press

    blakeblkwh.jpgC'est nouveau et c'est ici

    http://blackheraldpress.wordpress.com/

    Et le Visage Vert (dont le numéro 17 paraîtra le 7 octobre 2010 aux éditions Zulma) vous dit tout là

    http://www.zulma.fr/visagevert/?p=209

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  • Lecture d'été - 2

    cette-guepe-me-regarde-de-travers.jpgCette guêpe me regarde de travers
    Poèmes en deux langues d’Oscar Mandel
    Éditions Bruno Doucey, Collection L’autre langue, 2010

    Oscar Mandel, né en Belgique en 1926, partage son temps entre Los Angeles et Paris et écrit librement en deux langues. Voilà pourquoi les poèmes en français en regard de chacun des poèmes en anglais (et vice-versa) ne sont nullement des traductions mais des variations qui « ne font que happer le moment », précise l’auteur, pour qui « chaque poème se veut molécule libre, et libre de se cogner contre une autre ». Au lecteur de tracer son chemin, donc, dans ce recueil dont la facétie n’est souvent qu’un leurre permettant de désamorcer temporairement des pensées intenses et des questionnements lucides, sans concession, comme dans le poème intitulé « Do not place your trust in babies » (« Méfie-toi des bébés ») :

    Do not place your trust in babies:

    Himmler was one.


    Ami, méfie-toi des bébés.

    Himmler en fut un.


    http://www.editions-brunodoucey.com/

    http://oscarmandel.com/

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  • Paul Stubbs, reading The Birth of The Third Reich

    The Birth of the Third Reich
    After "Triptych 1976" by Francis Bacon
    (for Blandine)

    http://paulstubbspoet.wordpress.com

    (published in The Wolf, the magazine for new poetry, London / New York, issue 23, June 2010).

    wolf23.jpgTous les numéros de The Wolf, magazine édité par James Byrne, publié trois fois par an, sont disponibles à Paris chez Shakespeare & Co (37 rue de la Bûcherie) ou bien peuvent être commandés en ligne.

    Le dernier numéro contient plusieurs reproductions des travaux du peintre Scott Anderson, dont on peut admirer quelques-unes des toiles sur son site.



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  • LE ZAPOROGUE #8

    zp8.jpgNouveau numéro de la revue littéraire et artistique le Zaporogue.

    New issue of the free-to-download literary and artistic mag, Le Zaporogue.

    Téléchargement gratuit

    ou commande de l'ouvrage papier.

    On pourra y lire, entre autres, quelques-uns de mes poèmes, d'autres de Paul Stubbs, une nouvelle d'Anne-Sylvie Salzman, La brèche, illustrée par Bobo + Bobi, une autre de Jerry Wilson (dont on recommande le recueil paru récemment chez Zanzibar, Park Avenue) d'autres poèmes de Sébastien Doubinsky, de Yahia Lababidi, de Kris Saknussemm, ou encore des nouvelles de Sabine Wyckaert.

    Avec / with :

    Yahia Lababidi

    Frieda Marie Gade

    Sabine Wyckaert

    Marlène Tissot

    Casper Mack

    Gary Cummiskey

    Crescent Varrone

    Sébastien Doubinsky

    Stephen Weeks

    Anne-Sylvie Salzman

    Bobi+Bobi

    Paul Stubbs

    Christian Bonde Korsgaard

    Blandine Longre

    Matthew Bialer

    Kris Saknussemm

    Jerry Wilson

     

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  • Poèmes pour le temps présent

    ferling.jpgBlind Poet / Poète aveugle
    De Lawrence Ferlinghetti
    édition bilingue, traduction de l'anglais par Marianne Costa
    Maelström & Le Veilleur, 2004

    Dernier poète vivant de la Beat Generation, Lawrence Ferlinghetti demeure prolifique, en témoignent ces poèmes publiés en 2004 par Maelström (éditeur "belge de littérature" - et non l'inverse) qui nous offre là un excellent recueil, entièrement bilingue, pour le plus grand plaisir du lecteur - qui s'intéressera ainsi au travail précis de la poétesse Marianne Costa, traductrice de l'ensemble ; une publication en français qui réjouit l'auteur "après un hiatus de près de trente ans, pendant lequel les lecteurs ont été privés de mon travail traduit dans la belle langue française."

    Composés après 9/11 et regroupés sous le titre Touriste des Révolutions (Prendre la parole après le 11/9) / A Tourist of Revolutions (Speaking Out after 9/11), ces poèmes sont ancrés dans une réalité géopolitique et sociale qui nous est familière : complaintes, accusations, et constat des "troubles" engendrés par la volonté d'omnipotence d'un gouvernement américain dont les actes impérialistes ne cessent de choquer les consciences ; et la plume du poète de dénoncer la déliquescence des libertés, d'interroger sans répit le nouveau visage du monde et d'éclairer nos esprits de vers libres lumineux, en un mixe de désillusion et de sagesse acquise au fil de l'Histoire ; des textes lucides qui, tout en délivrant un message complexe, sont volontairement explicites :

    "Et une vaste paranoïa déferle sur le pays
    Et l'Amérique transforme l'attentat contre ses Tours Jumelles
    En début de Troisième Guerre mondiale
    La Guerre contre le Tiers-Monde"

    (Speak Out)

    On regrettera que le français perde au passage le sens double du terme "Third" car le poète parle davantage de la guerre au "Third World" (Le Tiers-Monde) que de la "Troisième". Il reste que les positions politiques et humaines de Ferlinghetti, à travers ces quelques lignes, sont déjà circonscrites : sans jamais encourager le terrorisme, il revendique un droit à la parole, pour lui et pour ses concitoyens (la "Majorité silencieuse"), ou encore pour la marge, "ces freaks et ces libres penseurs / Poètes aux yeux fous Philosophes de l'asphalte (...) / Exilés dans leur propre pays !", incitant (non pas en moralisant, mais seulement par le biais de sa vision individuelle) les uns et les autres à enfin mêler leurs voix. La passion véhémente que le poète met dans ses vers ne lui fait nullement perdre sa lucidité politique et sa posture rationaliste, car c'est autant au coeur qu'à la raison qu'il choisit de s'adresser ("Pour chaque bombe qu'on largue / surgissent mille Ben Laden / Mille terroristes.") Les images sont parfois empruntées aux temps anciens, pour renforcer l'idée que c'est du désordre des esprits de la minorité - les gouvernants - que naissent les désordre du monde actuel, reprenant là une idée chère à Shakespeare, celle du chaos qu'un microcosme peut transmettre au macrocosme : "Ils ont transformé la Maison Blanche / en Cheval Blanc / leur Cheval de Troie / plein de soldats civils / avec des armes de destruction nocive / un mot nouveau pour leur cerveau / ou (...) leur personnalité pathologique."

    Mais les attaques directes contre Bush et ses sbires (les "nouveaux proto-fascistes de la Maison Blanche") s'accompagnent d'une désespérance palpable, plus particulièrement visible dans le poème "Démocratie Totalitaire/Totalitarian Democracy", lente et ambivalente énumération nominale retraçant dans le désordre l'histoire du monde (l'ancien et le nouveau), inventaire implacable, de "La première aube exquise de la vie sur terre" à "La dernière lamentation pour la démocratie perdue" ; un poème qui fait écho à une autre litanie ("J'attends / I am waiting") qui laisse, cette fois, une toute petite place à un espoir - certes teinté de cynisme : "J'attends avec bonheur / que les choses empirent beaucoup / avant de s'arranger."  Un poème où Ferlinghetti s'interroge aussi sur la fonction du poète tout en rendant un hommage discret à John Keats (Ode on a Grecian Urn) et, en remontant plus loin dans le temps, à John Donne (The Canonization) - dont la sarcastique et paradoxale lucidité valait bien, sur un tout autre terrain, celle du poète Américain - écho que l'on retrouve dans ces quelques vers :

    "J'attends d'écrire
    le grand poème indélébile
    (...) 
    et à perpétuité j'attends
    que les amants fuyant sur l'urne grecque
    se rattrapent enfin
    et s'enlacent."

    Mais c'est dans le poème intitulé "A Tourist of Revolutions" que l'auteur s'interroge plus ouvertement encore sur l'authenticité de son engagement passé (en particulier à Cuba) et sur sa postérité - pour lui compromise... Il est permis d'en douter quand on lit d'autres textes encore, des poèmes où la vision géopolitique d'un monde en perdition s'élargit et s'attache à décrire ce qui déjà fait notre quotidien ; par exemple à travers un dialogue entre un père et un fils ("It's Us Stupid / C'est nous, Idiot") qui prend la forme d'un cruel jeu de questions-réponses dévoilant l'absurde farce que nous nous jouons, malgré nous, et qui retrace les dysfonctionnements actuels (pollution et environnement, pauvreté matérielle et affective, outrances de la société de consommation, situation du tiers-monde, surpopulation - thème qu'il développe aussi dans le très ironique "Le blues de la ponte"). L'ensemble s'achève sur un habile et réjouissant détournement du Lord's Prayer (Notre Père), dans lequel on lit la détermination subversive du poète ("Our Father whose art's in Heaven / Hollow be thy name / Notre Père qui crées aux Cieux / que ton nom soit démystifié"), refus flagrant d'une instance supérieure, sur laquelle les humains n'auraient pas prise, pour finir sur un cinglant "Ah, Man !"- qui, hormis son insolence salutaire, replace d'emblée l'humain au centre du monde.

    Pilier de la contre-culture

    La dissidence active et courageuse de Lawrence Ferlinghetti résonne comme une évidence à travers ses textes ; la lecture de cette plume impatiente, pressée, osant dire sans feintes ce que la "majorité silencieuse" ne veut/peut/sait exprimer, qui a traversé le XXe siècle et perdure aujourd'hui, se vit comme une expérience unique et marquante. Davantage encore si l'on sait que le poète est aussi peintre, romancier, éditeur et traducteur (de Prévert ou de Pasolini...) ; une personnalité au centre de la Renaissance littéraire de San Francisco - et ce depuis les années 1950, quand il fonde, avec Peter Martin, City Lights, la désormais célèbre librairie indépendante de San Francisco. La librairie, qui vend du "paperback" (livre de poche) de qualité, s'est agrandie au fil des décennies, mais dès 1955, le poète décide d'étendre son champ action en montant, en parallèle, une maison d'édition (City Lights Publishers) ouverte aux littératures alternatives, aux idées progressistes et aux poètes dissidents (dont Georges Bataille et Charles Bukowski).

    Touriste des Révolutions est suivi d'autres textes choisis par Ferlinghetti lui-même, dont Allen, un émouvant hommage à Ginsberg (dont le célèbre Howl paraît en 1956, dans la première collection de la toute récente maison d'édition City Lights) et un ensemble de poèmes intitulé Comment peindre la lumière (plus précisément "Sunlight"), qui reflète les préoccupations du Ferlinghetti peintre et où l'esthétisme prend le pas sur le politique. Une poésie visuelle, dédiée au dieu soleil et pétrie d'ombres et de lumières, et qui, en mêlant poésie et art pictural, langage et vision dans une étonnante synesthésie (on pense entre autres à e.e. cummings), illustre pleinement la puissance d'évocation du verbe.

    Une autre partie, Migrations Surréelles / Surreal Migrations (1999), fait la part belle à une poésie cosmique, inspirée par l'antiquité et par des croyances disparues : une géographie liquide de l'esprit qui épouse les flux des pensées ("Surreal Migrations II") ; et sans s'éloigner des préoccupations politiques que l'on trouve dans Touriste des Révolutions ("Venus de Milo sur une demi-coquille / Statues de la Liberté à Las Vegas (...) Et inondés de baratin / des millions de gens salivent / sous les panneaux"), le poète offre des vers qui dévoilent son rapport au monde avec, au premier plan, l'omniprésence des éléments naturels et un retour nostalgique sur sa jeunesse révolue de bohémien éclairé. Un groupement de textes plus optimistes, qui s'achève sur une autre prière, cette fois adressée "À l'oracle de Delphes ("To the Oracle at Delphi") :

    lawrenceferl.jpg"Sors enfin de ta grotte
    Et parle-nous par la voix du poète
    La voix de la quatrième personne au singulier 
    (...)
    Et donne-nous de nouveaux rêves à rêver
    de nouveaux mythes à vivre !"

    Tant que les poètes parleront ainsi, tant qu'ils refuseront la facilité de l'aveuglement, nous les écouterons.

    (B. Longre, juillet 2005)

    http://www.maelstromeditions.com/

    http://www.citylights.com/CLlf.html

    Chez le même éditeur, a paru en traduction (par Marianne Costa) A Coney Island of the Mind et autre poèmes ; ce recueil initialement publié en juin 1958 par City Lights, a été réédité dans un beau format en 2008 (avec un CD) pour fêter son cinquantième anniversaire.

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  • I leave this at your ear...

    graham_newcp.jpg

    New collected poems de W.S. Graham (Faber)

    "The beast that lives on silence takes
    Its bite out of either side.
    It pads and sniffs between us. Now
    It comes and laps my meaning up.
    Call it over. Call it across
    This curious necessary space.
    Get off, you terrible inhabiter
    Of silence. I’ll not have it. Get
    Away to whoever it is will have you."

    Le point de vue de Harold Pinter

    Le poète en lecture (1979)

    Sur le site de Faber

    I LEAVE THIS AT YOUR EAR
    For Nessie Dunsmuir

    I leave this at your ear for when you wake,
    A creature in its abstract cage asleep.
    Your dreams blindfold you by the light they make.

    The owl called from the naked-woman tree
    As I came down by the Kyle farm to hear
    Your house silent by the speaking sea.

    I have come late but I have come before
    Later with slaked steps from stone to stone
    To hope to find you listening for the door.

    I stand in the ticking room. My dear, I take
    A moth kiss from your breath. The shore gulls cry.
    I leave this at your ear for when you wake.

    Copyright © The Estate of W.S. Graham, 2000.

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  • Crucifixion (triptych, 1965) de Paul Stubbs - et sa traduction.

    Crucifixion (triptych, 1965)
    After Francis Bacon

    1.

    A woman, unscripted, she bends into her
    flesh; fidgeting, squirming, contorted:

    As if the molten-metal from the mould
    of the swastika

    it was being intravenously fed into her
    veins…

    While Satan, upon his sunbed, grins.

    2.

    Arms pinioned, the epoch is suspended.

    From the ripped-open gut spills the
    detritus of the century:

    fragments of a failed despot’s
    speech, a bishop’s vertebrae,
    bomb-shells etc

    – A crucifixion also begins to stop.

    3.

    Two journalists, at lectern, in court:

    Idly discuss the cricket game or the
    gas-chambers.

    “I am moving” cries the Nazi behind them,
    “back through the death-throes of my sins!”

    – God, out of frame, indifferent:
    force-feeding him the ashes
    of the survivors of Auschwitz.

    © Paul Stubbs
    (The Icon Maker, Arc Publications, 2008)

    crucifixion.jpg

    Crucifixion (triptyque, 1965)
    D’après Francis Bacon

    1.

    Une femme, improvisée, elle se replie sur sa
    chair ; s’agite, se tortille, se contorsionne :

    Comme si le métal fondu du moule
    de la croix gammée,

    on le lui injectait par
    intraveineuse…

    Tandis que Satan, sur son lit à bronzer, affiche un large sourire.

    2.

    Les bras cloués, l’ère demeure suspendue.

    De ses tripes déchirées, se déversent
    les détritus du siècle :

    le discours fragmenté d’un despote
    déchu, les vertèbres d’un évêque,
    des obus etc.

    – une crucifixion commence elle aussi à prendre fin.

    3.

    Deux journalistes, au pupitre, au tribunal :

    discutent nonchalamment du match de cricket ou des
    chambres à gaz.

    « Je repars », s’écrie le Nazi posté derrière eux,
    « en arrière, et traverse les affres mortelles de mes péchés ! »

    — Dieu, hors-cadre, indifférent :
    l’oblige à avaler les cendres
    des survivants d’Auschwitz.

    (translation © B. Longre)

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  • Haïkus au féminin

    haijin.jpgDu rouge aux lèvres
    Haïjins japonaises
    Traduction de Makoto Kemmoku et Dominique Chipot
    (Points, 2010 / La Table Ronde, 2008)

    « kare-kusa no hito omou toki konjiki ni »

    « Quand je pense à mon amour
    les herbes jaunies
    paraissent d'or. »
    (Masajo Suzuli, 1906-2003)

    Même sans forcément maîtriser ses règles exactes de composition (hormis peut-être le rythme syllabique en 5-7-5) nous connaissons tous le haïku, ce court verset qui a rapidement fasciné l'occident (dès le début du XXe siècle), forme poétique maintes fois empruntée aux poètes japonais, où culmine l'art de la densité, de l'immédiateté et de l'impermanence. Cette belle anthologie regroupe les poèmes de plusieurs haïjins, uniquement des femmes, les traductrices ayant constaté que les poétesses ont souvent été oubliées par les traducteurs et les éditeurs français - alors que la littérature japonaise compte nombre d'auteures depuis des siècles, comme la très réputée Murasaki Shibiku (Xe siècle), à laquelle on doit le Dit de Genji, premier roman de la littérature mondiale, comme le rappelle l'introduction (peut-être un peu trop brève à notre goût).
    Ainsi, on découvrira d'abord (et chronologiquement) la poésie de Chigetsu Kawaï (1640-1718), disciple de Basho, l'un des poètes les plus connus, dont elle était très proche. Des haïkus classiques, pour la plupart inspirés par la nature et ses transformations cycliques :

    « En fondant
    la neige
    ravive les pousses. »

    haijin3.jpgViennent ensuite les poétesses les plus célèbres du XVIIIe au XXe siècles, comme Chiyo-ni (qui se concentre sur la nature mais aussi sur les gestes de son quotidien, et à laquelle on doit le titre de ce recueil), Takako Hashimoto (que les Japonais considèrent comme un génie) ou Takajo Mitsuhashi (qui exprime des impressions plus mélancoliques).
    Une bonne partie de l'ouvrage est consacré aux poétesses nées avant la première guerre mondiale, dont Sonoko Nakamura (1913-2001) - ses compositions, sans être morbides, abordent délicatement l'idée de mort, omniprésente, et le caractère éphémère de l'existence :

    « La saison matinale
    des volubilis,
    interminable mort. »

    « Voletant çà et là,
    des lucioles
    ou des âmes vivantes ? »

    Mais les traductrices se sont aussi penchées sur les auteures nées entre les deux guerres (dont plusieurs encore vivantes), telle que Kiyoko Uda (1935-) qui propose des images plus audacieuses où le monde visible permet d'accéder à l'abstraction :

    « Une mouche d'hiver.
    Minuscule zéro
    sur la pierre. »

    « Tourniquets
    qui tournent en rond.
    Poème à forme fixe. »

    Les thèmes abordés peuvent se faire graves, comme dans la brève série de haïkus consacrés aux bombes atomiques, tous écrits par des néophytes, ancrés dans un monde concret de souffrances :

    « J'ai beau les chasser !
    Les mouches reviennent
    maintes fois sur mes plaies »

    « Sous un soleil brûlant
    je ramasse dans un seau
    les os chauds. »

    L'ouvrage s'achève sur des auteures nées entre 1945 (jusqu'aux années 1980), montrant combien cette tradition poétique est loin de tomber en désuétude ; mais l'échantillonnage proposé, même s'il reste très agréable à parcourir, ne permet pas de se faire une idée très précise du style ou des dominantes de chacune. On restera néanmoins sous le charme de quelques strophes, où la nature reste là encore au premier plan, harmonieuse ou discordante, épousant très subtilement, on l'imagine, les sensations et les émotions des poétesses :

    « Bruit de l'eau,
    chant de grillons
    et battements de mon cœur. »
    (Maya Okusaka, 1945 -)

    « Printemps limpide -
    j'entends les nuages
    naître dans le ciel. »
    (Reiko Akezumi,1972 -)

    © B. Longre

    http://www.editionspoints.com/

    http://www.editionslatableronde.fr/

     

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  • Les enchantements du poète

    couv-lenchanteur[1].jpgApollinaire et L'Enchanteur pourrissant, genèse d'une poétique
    de Jean Burgos
    Éditions Calliopées, 2009

    par Jean-Pierre Longre

    En 2008, les éditions Calliopées publiaient le très beau Calligrammes dans tous ses états de Claude Debon. Décidément à la pointe des études apollinariennes (n'oublions pas la publication régulière de la revue Apollinaire, qui a déjà à son actif six numéros), la même maison a récemment publié un autre beau livre grand format, Apollinaire et L'Enchanteur pourrissant de Jean Burgos, spécialiste des rapports entre poésie et imaginaire.
    Même si celui-ci avait déjà, dans une édition critique de 1972, commenté L'Enchanteur pourrissant, il estime à juste titre devoir revenir sur l'ouvrage à l'occasion de l'acquisition par la BNF du premier manuscrit de l'œuvre, et en profite pour élargir cette étude génétique à la « genèse d'une poétique ».
    Placé dans son contexte médiéval, vu comme un « théâtre d'ombres » à caractère poétique, le premier ouvrage qu'Apollinaire a publié (en 1909), mais qui l'a préoccupé toutes les années suivantes, est montré comme une œuvre en élaboration incessante, comme une série de « gammes » figurant peut-être « l'histoire même de la création apollinarienne ». La description et l'analyse du manuscrit, mais aussi de brouillons abandonnées, de feuillets isolés, de dessins, de cahiers et de carnets permettent d'envisager une perspective poétique, et la reproduction complète du document, dans la dernière partie du livre, donne au lecteur toute latitude pour se frotter lui-même à l'analyse.
    Jean Burgos consacre aussi des chapitres à la réception de l'œuvre, à la création et à la publication du Festin d'Esope, « revue des belles lettres » dans laquelle Apollinaire fit paraître son Enchanteur pourrissant, à celles de Couleur du temps, drame qui trahit un « changement profond ». Les pages intitulées « Pour une nouvelle lecture de L'Enchanteur pourrissant » révèlent en tout cas l'implication personnelle, intime, profonde d'Apollinaire dans son œuvre, dévoilant une « poétique à l'œuvre ». Parallèlement, on s'aperçoit, grâce à ce nouveau livre, que les études apollinariennes sont toujours un chantier riche de nouveautés.

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  • Apocalyptique, métaphysique, subversive

    capturepstubbs.jpgEn ligne, le site de Paul Stubbs, dont la poésie ne se résume pas aux quelques adjectifs ci-dessus, adoptés en guise de titre.

    The Icon Maker, by Paul Stubbbs (Arc Publications, 2008)

    Paul Stubbs's disruptive poems definitely go off every known trodden path: fraught with paradox, saturnian-like reversals, universal questioning about death, decay, doom, cosmic and spiritual disorder, fragmentation of selves and human condition, they generate stunning images that reach heart and mind alike and that are rooted in the metaphysical but also in the concreteness of the flesh; the way the poet spontaneously subverts language triggers a constant enthusing stimulation as the recurrent synctatic ruptures produce an almost unexpected rhythmic fluidity that constantly rings true, vividly spontaneous yet cerebral and never dully trite nor mainstream at all, the least that can be said – a voice whose genuine uniqueness stands out above that of many other living poets, charged with Donnian & visionary Blakian overtones (without mentioning Yeats, Trakl, Holderlin or Milton, among others) and which, as such, will undoubtedly withstand the test of time.

     (B. Longre, sept 2009)

     

    Deathbed vision of Ungaretti

    in the desert: the trinity
    like a mirage of some giant
                                      termite

    (using Adam's lost
    rib as a pincer)

    Writing man's last
    date into the sand.

    © Paul Stubbs.

    Vision d’Ungaretti sur son lit de mort

     

    dans le désert : la trinité,

    pareille au mirage d’un termite

    géant.

     

    (se servant de la côte perdue

     d’Adam comme d’une tenaille)

     

    Inscrivant la dernière date

    de l’homme dans le sable.

    (© traduction : B. Longre)

     

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  • Online poetry

    3am.jpgLe magazine 3:AM (critiques littéraires, fiction, poésie, flash fiction, interviews, essais...) publie trois de mes poèmes ce jour.

    Merci à Darran Anderson, rédacteur de la rubrique poésie et lui-même poète , dont je recommande vivement le recueil Tesla's Ghost (Blackheath Press, 2010).

     

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  • Parution du Zaporogue 7

    zap7.jpg

    Avec / with : Jerry Wilson  -  Diala Gemayel - Marco Carbocci -  Cynthia Hogue - Blandine Longre - Paul Stubbs - Pierre Cherruau - Juan-Carlos Cruz Suáres - Vinicius Mario de Carvalho - Koji Tajika - Stéphane Prat - Thomas Vinau - Christophe Lichtenauer - Serge Muscat - Alain Descarmes - Anne-Olivia Belzidsky - Sabine Wyckaert - Sofiul Azam - Abdullah Khan - Gil Duc - Jacques Sicard - Gary Cummiskey - Emmanuel Bourdaud - Philippe Laurent - Krystin Vesterälen - Marie Simon - Myriam Gallot - Simon Frost - Ole Wesenberg - D. James Eldon - Jørn Erslev Andersen - Claro - Lionel Osztean - Diniz Galhos - Olga Zeri - Robert Freeman Wexler - Anne-Sylvie Salzman.

     

    J'y publie quelques poèmes et recommande entre autres les textes d'Anne-Sylvie Salzman, de Claro, de Myriam Gallot et de Sabine Wyckaert, ainsi que les poèmes de Paul Stubbs.

     

    Publication : Sébastien Doubinsky

    Téléchargement gratuit - ou commande de l'ouvrage papier.

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  • LE ZAPOROGUE #6

    zap6.jpgLe numéro 6 de la revue le Zaporogue, dirigée par l'irremplaçable Sébastien Doubinsky, est arrivé.

    On peut commander l'ouvrage en ligne ou le télécharger gratuitement.

    Au sommaire, poésie, nouvelles, illustrations, créations, etc.

    JERRY WILSON – THIBAULT DE VIVIES – ANDRÉ ROBÈR – CATHY YTAK TABISH KHAIR – MÉTIE NAVAJO – DÉBORAH REVERDY VS ENTORTILLÉE STEPAN UEDING – LIONEL OSZTEAN – LUC BARANGER – DANIEL LABEDAN – JEFF SYLVA – ALEX SCHREIBER – JONAS LAUTROP – JEAN-FRANÇOIS MARIOTTI ANNE-SYLVIE SALZMAN MARC BRUNIER MESTAS – JOHANNES HØIE –YANNIS LIVADAS BLANDINE LONGRE – ERIC BEAUNIE – CELINA OSUNA – FRANÇOIS BONNEAU – SOFIUL AZAM – MYRIAM GALLOT – OLE WESENBERG NIELSEN – CHRIS ROBERTS – OLGA ZERI.

    http://lezaporogue.hautetfort.com/archive/2009/06/22/le-zaporogue-6.html

    Le Visage Vert en cause ici http://www.zulma.fr/visagevert/?p=170

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  • Karpe diem...

    karmasutra.jpgKarma Sutra, 30 positions à fantasmer
    de Maïa Brami et Barroux

    Magellan & Cie, 2008

     

    Caractérisé par un humour léger et un ton vivifiant, cet ouvrage atypique, unique en son genre, énumère des positions sexuelles fantasques tout en égrenant quelques conseils (à ne pas suivre pour certains !) permettant de jouir au mieux de la rencontre amoureuse et/ou charnelle…

    Les textes, courts poèmes subtils qui évitent habilement l’écueil de la vulgarité, décrivent chaque acrobatique position (de celle du petit-beurre à celle du bourdon ardent…), et sont accompagnés d’illustrations graphiquement sobres, qui suggèrent plus qu’elles ne montrent – et, quand elles montrent, la fantaisie l’emporte haut la main. Attention, ne vous méprenez pas sur l’objectif de ce beau livre, qui prend le contrepied des guides et autres manuels susceptibles d’éradiquer toute spontanéité : ici, la lecture stimule avant tout le cerveau et l’imagination de chacun.
    (B. Longre, janvier 2009)

     

     

    Afin de mieux saisir la démarche des auteurs, quelques question posées à Maïa Brami, qui a bien voulu y répondre.

     

    Maïa Brami, comment est né ce projet ? De quelles envies ?

    Ce projet est né autour d’une table, dans un Café. Barroux et moi étions en train de travailler à un album jeunesse — « Goûte au moins » ed. Circonflexe, 2005 — quand il m’a confié son envie de dessiner des hommes et des femmes… tous nus ! Il a alors joint le geste à la parole et en découvrant son croquis sur la nappe un peu « naïf » proche du dessin d’enfant, j’ai compris que notre projet serait certes érotique mais traité sous un angle drôle et poétique. Dans une société où les cartes de St Valentin ont été remplacées par des canards vibrants, nous avons eu envie de rappeler aux gens que le désir est avant tout affaire d’imagination. D’où la phrase d’exergue tirée du film culte des Frères Cohen — The Big Lebowski : « Les gens oublient que le cerveau est la plus grande zone érogène », réplique lancée par le producteur de films porno joué par Ben Gazzara. 

     

    De quelle façon avez-vous procédé ? Les textes d’abord, les illustrations venant ensuite, ou bien l’inverse ou dans le désordre ?

    Après avoir parcouru le véritable Kama Sutra — hautement instructif et surtout d’une grande poésie ! —, je me suis dit qu’il serait amusant d’inventer des positions infaisables, surréalistes. Et très vite, je me suis aperçue qu’en prenant les mots au pied de la lettre — « s’envoyer en l’air » par exemple —, on arrivait à des situations cocasses. Chacun a ensuite apporté de l’eau au moulin. Nous avons essayé de veiller à ce qu’il y en ait pour tous les goûts ! De l’écriture proprement dite, je me souviens surtout de mes éclats de rires toute seule devant mon écran d’ordinateur ! Après avoir imaginé une trentaine de positions, Barroux a pris ses plus beaux pinceaux pour en peindre quelques-unes dans un style élégant et épuré — contours noirs et lavis ocre. Nous sommes ensuite allés démarcher les éditeurs.

     

    Justement, comment ce projet a-t-il été accueilli par les éditeurs ? Avez-vous eu des retours plutôt positifs dans l’ensemble ?

    Dans l’ensemble, les éditeurs se  sont bien amusés à la lecture, mais tous nous ont répondu qu’il n’entrait dans aucune case — N’est-ce pas pourtant le propre de tout projet artistique ?! Cependant, nous avons eu le choix entre Magellan & Co et un éditeur de littérature érotique, mais ça aurait cantonné le livre à un public d’avertis.

     

    Il est rare de parler de sexualité de façon aussi décalée. Des ouvrages qui traitent du rapport amoureux vous ont-ils inspirée, stimulée ou irritée ?

    Je trouve absurde toutes ces émissions télés et ces journaux qui réduisent le sexe à un plaisir égoïste qu’il faut assouvir à tout prix et par n’importe quel moyen — commercial de préférence —  au risque d’être taxé d’anormal ! Le sexe est avant tout langage, dialogue, jeu amoureux fondé sur une écoute et un don mutuels, où l’on n’a jamais fini de se surprendre et de s’amuser.

     

    À travers vos publications, vous êtes généralement associée à la littérature jeunesse (tout comme l’illustrateur Barroux). Pensez-vous que cet ouvrage marque un tournant dans votre travail ?

    Un tournant ? Je ne pense pas. Chaque projet m’apprend et m’empêche de tomber dans la répétition. De son côté, Barroux a publié des carnets de voyage qui visent un public adulte et il a pas mal travaillé pour la presse. Vous savez, ce qui me motive avant tout, c’est d’écrire, peu importe l’âge du lecteur pourvu qu’il y en ait un !

     

    http://www.barroux.info

     

    http://www.editions-magellan.com/

     

    Maïa Brami est aussi l'auteure de Norma, de Neuf mois par moi, et de nombreux ouvrages pour la jeunesse.

     

     

    *********************************

     

    9mois.jpg9 mois par moi de Maïa Brami et Karine Daisay, La Martinière, 2007

    Maïa Brami et Karine Daisay ont concocté un ouvrage réalisé avec soin, poétique et innovant, qui se démarque du journal intime traditionnel ou des multiples guides existants, un livre-cahier qui tient davantage du carnet de bord ; elles proposent ainsi aux futures mères (et ce sans exclure les pères) de mettre en mots et en images l’expérience de leur grossesse, en offrant poésie, citations, recettes traditionnelles, et guide des prénoms (venus du monde entier) qui sort des sentiers rebattus. Les décors monochromes, discrètement rehaussés de collages et d’illustrations très sobres, qui évoquent pour la plupart vie végétale et animale, permettront de faire sien ce cahier où tout reste évidemment à écrire (et/ou à coller). Une belle incitation à la création, à la réflexion, à la rêverie et, plus tard, aux réminiscences.
    B. Longre (mars 2007)

    barroux.jpgMon poisson rouge de Barroux, Nathan, 2006

    Quoi de plus banal et d'ennuyeux qu’un poisson rouge qui tourne dans son bocal ? Ce n’est pourtant pas l’avis de Barroux, pour qui le poisson rouge peut devenir un fabuleux animal de compagnie… à condition de faire preuve d’imagination ! Le poisson en question est costaud, curieux et téméraire (mais pas trop…), il aime chanter, se déguiser, nager (de préférence en piscine), mais par contre, il mange comme un cochon, attrape des coups de soleils et a plutôt mauvaise mémoire… On peut le consoler quand il a peur la nuit et lui offrir son amour, ce qui lui permettra d’atteindre un âge canonique. Barroux signe là son premier ouvrage en tant qu’auteur-illustrateur, un album cocasse et décalé qui enchante les jeunes lecteurs ; de belles illustrations (entre peinture et gravure), des coloris vifs et contrastés, pour le portrait original d’un petit poisson en définitive très attachant…
    B.L. (février 2006)

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  • Chuchotements poétiques

    On m'a offert récemment un livre étonnant, forme et fond compris, une bien belle surprise dont j'ai envie de dire quelques mots. Un ouvrage à la couverture lumineuse (fond orange doré à la feuille d'or), composé d'une seule page, pliée de telle sorte qu'on obtient un livret en accordéon, maintenu par deux fins rubans noirs croisés de chaque côté. Selon le sens où l'on choisit d'ouvrir cet objet, plus petit qu'un livre de poche, on tombe sur le texte original anglais - enregistré en 1963 sur 12 disques avec la voix de son auteur, puis publié en 1970 en anglais et en allemand dans un ouvrage collectif auquel participaient plusieurs artistes - ou sur sa traduction en français, signée Anne-Marie Hui Bon Hoa.

    A l'intérieur, on découvre douze poèmes en vers libres, chacun correspondant à une date précise mais arbitraire (17 janvier, 17 février... jusqu'en décembre - le 17 janvier étant devenu, dès 1973, l'occasion d'un anniversaire de l'art, à l'initiative de l'auteur) et décrivant quelques gestes qui rapprochent les êtres humains de la création artistique - des gestes simples, presque naturels, évidents voire anodins, qui rappellent que l'art est à la portée de tous, qu'il suffit de s'ouvrir au monde environnant, de l'observer, de le faire sien : de plonger une éponge dans un seau d'eau, de lancer une balle dans les vagues, ou d'acheter un os... Le leitmotiv, "l'art est vivant", peut s'associer sans peine à un autre, qui apparaît en filigrane : "la poésie est vivante". Le livre s'intitule L'Histoire chuchotée de l'Art / Whispered Art History, et le poète s'appelle Robert Filliou.

    fillliou.jpg

    "Tout a commencé un 17 janvier, il y a un million d'années.
    Un homme s'empara d'une éponge et la plongea dans un seau d'eau.
    Le nom de cet homme n'est pas important.
    Il est mort, mais l'art est vivant.
    Pas besoin de noms dans cette histoire."

    La personne à qui je dois ce précieux cadeau m'en voudrait que je dévoile ici son identité ; cependant, il semble important de révéler que cet ouvrage a été déniché au salon de l'Autre livre, sur le stand d'un éditeur indépendant que je ne connaissais que de nom : Clémence Hiver éditions. Faute de trouver en ligne de plus amples informations sur cette petite maison créée il y a une vingtaine d'années, je reproduis ici la fiche que le salon propose sur son site.

    Clémence Hiver Editeur
    6 rue de la Planète BP 13 30610 Sauve
    Tel. : 04 66 77 02 09
    clemence.hiver(at)wanadoo.fr
    Autodiffusé, autodistribué 

    Ligne éditoriale : Les livres des éditions Clémence Hiver ont souvent été repérés pour leur facture singulière (maquettes, papiers, typographies, reliures), qui n’est peut-être que la forme d’un hommage tranquille à des univers poétiques, que l’éditeur a cœur à transmettre. En cela guidé non pas par une appartenance géographique ou autre des auteurs, mais par leur présence propre ; l’écriture restant première dans les choix éditoriaux : densité, résonances…

    Ouvrages principaux, collections : Marina Tsvetaeva, Terentiev (un compagnon de Malévitch) et son imbattable "Record de Tendresse", le désormais célèbre Nuvolaire de l’orientaliste florentin Fosco Maraini, le Pianissimo et les Copeaux de Camillo Sbarbaro, le Livre de Recettes de Ladislav Novak, les Contes de fées & 16 Poèmes enfantins du poète des Inconférences, E.E Cummings. Sans oublier L’histoire chuchotée de l’art d’un natif de Sauve : Robert Filliou (“Nationalité : Poète. Profession : Français”, selon son passeport).

    Nouveautés : Les deux « voyages métaphysiques » d’Olga Sedakova, l'une des grandes voix de la poésie russe contemporaine / Voyage à Tartu & Retour (Chronique à retardement) suivi de Poésie & Anthropologie et de Quelques remarques sur l’art de la traduction/Voyage à Briansk (Chronique sans prétention) suivi par Le Don de la liberté et de Quelques mots sur la poésie. Sur sa fin, son commencement et sa continuation.

     

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  • Pour une autre exploration de l'espace du livre

    lesgrandsarbres.jpgLa Diseuse, association de micro-édition co-dirigée par Marc Bellini et Lilas Seewald, propose d’aborder le livre et la lecture autrement… en publiant des livres-objets, en mettant en place des collaborations parfois inattendues entre auteurs, dessinateurs, artistes, en mettant aussi l’accent sur l’innovation graphique.
    J’ai récemment découvert quelques-uns de leurs ouvrages, dont une série de quinze cartes postales intitulée Les grands Arbres, qui combine des textes d’Anne Vauclair et des photographies de Marc Bellini, dont le travail inclut un usage original du photomaton. Malgré son support singulier et les blancs du récit, il s’agit bien d’un roman, entre anticipation et introspection : l’histoire d’une rencontre amoureuse ou amicale bâtie autour d’un souvenir commun, pourtant vécu séparément : celui des grands arbres que les deux personnages grimpaient à l’insu de tous, quand ils étaient enfants. Un acte qui leur paraît à présent terrifiant, alors que d’autres terreurs surgissent dans leur existence – des peurs, des révoltes puis la disparition brutale de l’un d’eux.
    L’ordre de lecture est balisé (les cartes sont datées du 1er au 15 avril 2005), mais peut aussi se faire aléatoire et morcelé, opérant un basculement et une perte des repères temporels (on notera l’allusion à L’Intemporel), tandis que des parallèles prennent imperceptiblement forme entre textes et images ou entre les différents montages photographiques – visages, fragments de corps, poings levés, mains tâtonnantes – qui déconstruisent les gestes et insistent, via les cadres, sur ce qui sépare les êtres les uns des autres. Ce « livre », qui stimule autant les sens et les émotions que l’intellect, renvoie ainsi le lecteur à ses propres expériences ; un effet de rapprochement favorisé par le support, qui crée une intimité immédiate – comme si chaque missive nous était adressée. Une collaboration à saluer.

     

    Les Grands Arbres, d’Anne Vauclair et Marc Bellini, un roman photo (photographies d'identité) en 15 cartes postales. 10.5 x 15, 15 cartes retenues par une bague, imprimées en quadrichromie offset sur couché semi-mat. 400 exemplaires, 12 euros.

    http://www.ladiseuse.com

     

    La Diseuse est invitée par la Librairie éphémère (Halle Saint-Pierre, Paris) - jusqu'au 4 janvier 2009.

    http://www.hallesaintpierre.org 

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  • Maléfiques ?

    sorcieres.jpgLes sorcières sont à l'honneur dans trois ouvrages parus récemment, d'abord sous forme de glossaire poétique dans Les Sorcières d'Elisabeth Brami (accompagnée de trois illustrateurs, Arthur Leboeuf, Amélie Jackowski et Brigitte Susini) : d'Abracadabra à Zibeline (en passant par chaudron, vipère, incantations, pustules ou bosse), chaque terme est défini par un court poème en rimes, drôle et léger, auquel est associé une brève explication étymologique. Un bel album grand format qui permet de présenter ces dames sous un jour sinon favorable, du moins largement sympathique.

     

    Sur le même thème, dans un format similaire mais dans une autre veine graphique et narrative, on ira découvrir un coffret comprenant un album de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, La petite sorcière, ainsi qu’un Grimoire de Sorcières (signé des mêmes), qui accompagne la lecture de l’album. L’histoire est celle de Lisbeth, qui découvre sa vraie nature lors d’un séjour chez sa grand-mère Olga. À cette occasion, elle trouve aussi un vieux grimoire, qui relate la généalogie et les parcours de plusieurs sorcières – ou plus précisément, de femmes considérées (par les hommes et la société) comme maléfiques au fil de l’histoire, en commençant par Lilith, l’ancêtre de toutes les autres. Suivent Isis, Méduse, Yama Uba (terrible dévoreuse d’hommes...), Gretchen, ou encore les siamoises Mary et Anny. Un beau livre peuplé de portraits en couleurs et agrémenté de documents inventés, de photographies ou de reliques très particulières.

     

    ptesorciere.jpgLes Sorcières d'Elisabeth Brami
    illustrations : Arthur Leboeuf, Amélie Jackowski et Brigitte Susini

    Hachette jeunesse, 2008

     

    Généalogie d’une sorcière
    (coffret contenant un album et un grimoire)
    de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez
    Seuil jeunesse, 2008

     

    Pour découvrir d’autres sorcières : une visite du blog de Caroline Scandale s'impose.

     

    http://www.benjaminlacombe.com/

     

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  • Une vie de Pumpkins

    cfercak.jpgThe Smashing Pumpkins / Tarantula Box Set
    de Claire Fercak
    Le mot et le reste, 2008

     

     « Dans notre sang, cadences nerveuses et mélopées fantastiques. »

     

    Quand vous écoutez certaines paroles-et-musiques en boucle depuis des années et que vous ouvrez un livre qui vous raconte que cela n’arrive pas qu’à vous, il y a de quoi se réjouir. Après, aimer (ou du moins connaître en néophyte) les Smashing Pumpkins est-il une condition indispensable pour qui voudrait goûter pleinement à cette inclassable fiction musicale ? Pas nécessairement, car dans la trentaine de « pistes » composée par Claire Fercak, on trouve non seulement un fil narratif cohérent (l’histoire d’une fille-chanson enfermée dans sa boîte-refuge, un coffret de musiques d’où elle refuse obstinément de sortir), mais aussi une écriture qui épouse à merveille les sensations, les détresses, les errances et les aventures de l’héroïne changeante, se modifiant au fil des musiques, à l’instar des décors et des atmosphères. On se réjouit doublement, donc, de cette écriture qui prime et de l’enchevêtrement des mots palimpsestes, car sans cesse superposés à ceux de Billy Corgan, compositeur (« esthète de la mélodie »), chanteur et fondateur des Smashing Pumpkins, qui signe la première piste du recueil, en rappelant que les mots n’appartiennent pas à celui qui se contente de les assembler, mais à tous et à personne à la fois. Et sûrement pas au poète : « Tout n’est que réagencement. Et croyez-moi, terrés dans l’obscurité de leurs tanières asséchées, tous les poètes en sont conscients ».
    Ces brassées de mots s’accumulent sur la page, formant au fil des tracks des mélodies soutenues pas une belle rythmique-ponctuation (« des mots, virgules, tirets, scansions et coupes en italiques »), preuve que l’on peut écrire la musique, la faire vibrer par le biais d’un autre mode expressif –  ici des assemblages verbaux. L’écriture prend diverses formes, passages comme improvisés, poèmes (en écho avec certaines chansons) et réminiscences (tranches de vie adolescentes, d’une infinie tristesse), créant une alchimie particulière entre les mots du livre et les paroles des chansons, donnant lieu à une fiction du bonheur et de la désespérance, tantôt poignante (« gouffres et susurrations / qui m’ont tenue vivante »), tantôt fantaisiste et onirique, qui nous fait voyager d’albums en morceaux, dans des mises en scènes dignes d’un Burton et d’un Lewis Carroll. Claire Fercak bâtit peu à peu un monde intérieur dense, serré, où se juxtaposent non seulement des histoires aux allures de contes, mais aussi, en filigrane, des tentatives de définitions (la nature de la musique, sa force et l’obsession qu’elle peut engendrer, son caractère indispensable, les déchirements des Smashing Pumpkins et la cohésion paradoxale du groupe, sous l’égide de Corgan, le rapport que chacun entretient avec des mélodies, traces et souvenirs....), ce qui amène l’auteure à écrire, quand la musique se vit comme  dépassement de la réalité: « En dehors de la musique, les choses de la vie ont une intensité réduite. En dehors de la musique, principe constitutif, nous n’existons pas. »
    Autobiographie (quand l’auteure s’écrit et que, parfois, elle s’observe, écrivant), documentaire (avec repères historiques çà et là), fiction (zones où l’imaginaire prend le pas sur le réel), essai (réflexions et visions), The Smashing Pumpkins / Tarantula Box Set se lit comme tout cela à la fois, et plus encore, se libérant des carcans génériques pour former un artefact intime et très personnel, qui n’exclut cependant pas le lecteur, saisi par ces assemblages-collages de mots qu’il pourra faire siens –  justement.

     

    (B. Longre, novembre 2008)

     

     

    http://clairefercak.20six.fr/

     

    http://www.smashingpumpkins.com/pages/news/smashing-pumpkins-tarantula-box-set-by-claire-fercak

     

    http://atheles.org/lemotetlereste/

     

     

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  • Amour partagé

    stjean.jpgL’amant de Saint-Jean
    Vedrana Donić

    Vedrana éditions, 2007

     

    (par B. Longre)

     

    En accord avec l’un des objectifs de la petite structure éditoriale montée par l’auteure, qui entend inciter les lecteurs « à trouver, lier, relier, tisser les éléments pour tisser lui-même sa propre lecture », ce livre en apparence déstructuré se présente comme un puzzle amoureux et ludique à éventuellement reconstituer, à feuilleter, à lire dans le désordre (ou non). Pas de trame narrative à proprement parler, mais des instantanés évoquant des sensations, quelques gestes, des moments captés en quelques mots (« Comme deux fleurs d’églantiers, nos tiges sont enlacées », « Tu te cambres, parfum d’ambre »…). Les poèmes en vers libres sont accompagnés de créations visuelles réussies, composées de papiers déchirés, collages, découpages, gribouillages, pochoirs, superpositions, où les corps, morcelés ou non, se devinent. Ce livre atypique m’a rappelé, peut-être pour sa liberté de ton et son audace formelle, Amourons-nous de Geert De Kockere et Sabien Clement (Le Rouergue), un ouvrage poétique en images qui lui aussi parlait d’amour partagé.

     

    http://www.vedranaeditions.com/

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  • Eblouissante intimité

    baichuan3.jpgEclat du fragment et autres sanwen, de Bai Chuan - Editions de L'Amourier.

     

    Les intentions de Bai Chuan sont données en début de recueil : "On ne trouvera donc ici que de petites choses, des digressions qui m'entraînent d'une idée en une autre, dans un lacis étroit de phrases inquisitoires scrutant l'émotion, le petit bout de vie qui me contient tout, et avec moi le monde". Un ouvrage impressionniste, où l'auteur fait d'abord parler le lecteur qui subsiste en tout écrivain, racontant comment sa bibliothèque se transforme et évolue, selon un principe personnel et affectif qui lui fait récuser romans et nouvelles ; il leur préfère le "schéma trop peu fréquenté du sanwen" (terme désignant justement un écrit littéraire "dispersé", entre l'essai et la nouvelle, un genre à part entière en Chine) : une prose poétique morcelée, qui retranscrit des impressions personnelles fugaces, piochées çà et là dans la vie quotidienne et dans le vécu de l'auteur-narrateur, décrypte quelques aventures intérieures et pensées, des parcours que l'auteur décline en trois temps dans ce petit ouvrage éblouissant : "éclisses", "éclats" puis "esquilles" : trois "fragments" qui concernent l'auteur plus ou moins directement, Bai Chuan assumant pleinement cette démarche auto-fictionnelle : "nulle intrigue enfin, sinon famélique, nul héros, mais un monde tel qu'en nous-mêmes, transfiguré, ressenti, et sa lumière passée au crible, quelque chose qui me dise ce que je suis."

     

    C'est ainsi qu'il se raconte, avec pudeur et violence parfois, prenant le risque d'exposer son âme (ou du moins quelques pans) : ses voyages, à Prague ou à Paris, un travail estival (guide au château de Saintoyant), ou son amour pour sa langue maternelle et la jouissance qu'il a pu éprouver à l'enseigner (" je n'avais pour méthode que l'amour des phrases que je suçais pour les leur mieux glisser dans l'oreille. Oui, je crois bien n'avoir eu que cela. Mon ivresse quoi !"). La deuxième série de récits, sous-titrée "petite mythologie familiale", est une incursion dans le passé, dans une pré-histoire qui n'est pas tout à fait celle de l'auteur, tout en lui appartenant. Nous découvrons d'abord sa mère, l'histoire de sa naissance à lui, sa genèse, liée au sentiment de cette femme de la campagne, qui méprisait son époux illettré. Il nous livre ensuite des "souvenirs" imaginés ou reconstruits, qui ont parfois besoin d'un support concret pour être mieux saisis, comme dans "Une photo", où l'on voit ses grands-parents maternels et leurs enfants évoqués à travers un cliché appartenant à un temps révolu, des silhouettes figées sous le regard d'un photographe supposé itinérant : une vision vivace et admirablement retranscrite, des personnages dont l'épaisseur humaine est palpable. De même, il se "remémore" les derniers instants d'un oncle mort en bas âge, un autre moment amplement épiphanique, qui laisse le lecteur comblé devant tant de richesse narrative et poétique.

    Puis viennent enfin des souvenirs moins lointains, plus douloureux, racontés crûment mais sans que la prose ne se départisse de sa poésie : "mais des gouttes de sang je m'en souviens, coulaient de l’œil crevé de mon anus. À treize ans, je fus violé... Et tout fut à reconstruire une fois passée cette indigestion au banquet des hommes." Une souillure et une blessure infamante qu'il détaille un peu plus loin, dans deux récits où le passage de l'anecdotique à l'intolérable se fait sans transition et nous prend par surprise.

    Ce sobre recueil est bel et bien une exploration intime, l'auteur de dévoiler des secrets enfouis et de se mettre à nu tout en prenant "conscience de ma nudité". Les confidences faites ici ne sont ni gratuites ni complaisantes (rien à voir en tout cas avec les vagues successives, nombrilistes et sans profondeur, qui envahissent les librairies), point d'autosatisfaction, mais une tentative pour se "connaître soi-même" par le prisme d’un langage qui transcende les données autobiographiques, nous permettant d'accéder ainsi à une vision à la fois sombre mais sereine de la condition humaine.

    (B. Longre)

    http://www.amourier.com

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  • Zaporoguons

    zapo.jpgUne nouvelle aventure éditoriale que l'on suivra de près : les éditions du Zaporogue, micro-structure d’inspiration libertaire, à but littéraire uniquement et non-lucratif. Leur fondateur, l’auteur Sébastien Doubinsky, entend publier des « textes de qualité qui ne trouvent pas leur place chez les éditeurs commerciaux. (…) Ce que je veux, avec les Éditions du Zaporogue, c’est redonner une valeur symbolique (mais réelle) au travail d’écriture, sous quelque forme que ce soit.» Les textes sont téléchargeables et gratuits : « La gratuité ici n’est qu’un moyen, pas un but. », explique l’éditeur. « Si les écrivains pouvaient aujourd’hui réellement vivre de leur plume et être sûrs d’une véritable reconnaissance, cette structure n’aurait pas lieu d’être. » L’objectif : faire découvrir des textes et des auteurs, tout en espérant qu’ils « trouvent leur place chez un « véritable » éditeur. »

    http://www.myspace.com/zaporogue



    Ouvrages publiés :

    Happiness is a rumour, poésie, Ole Wesenberg Nielsen.

    The first collection of the Danish post-Beat poet Ole Wesenberg, a mystical-punk assemblage of daily reflections and lyrical visions, laced with psychedelic-fueled humor...

    The Source

    Wisdom is growing
    in my brain
    just add water



    Notes brouillées/Eros et compagnie, poésie, Lionel Osztean.

    Villon, Jarry, Carco, Verlaine, Apollinaire, Cendrars pas morts! Au contraire, ils sont bien vivants dans les poèmes de Lionel Osztean, qui sait à merveille manier la rime et la ritournelle. Tour à tour charmant et provocateur, tendre ou pornographe, Osztean fait redécouvrir le plaisir de la poésie, la vraie, celle qui sait parler aux sens autant qu'à la cervelle...

    Gabegies, théâtre, Jean-Francois Mariotti.

    GABEGIE: 3 jours d'écriture, 5 jours de répétitions, une représentation unique : Gabegie, Thermomètre Théâtral, prend la température de l'actualité". C'est ainsi que Jean-Francois Mariotti présente son théâtre à flux tendu, véritable charge au Napalm contre l'hypocrisie quotidienne. Trois pièces dans ce recueil, trois bocaux de nitroglycérine prêts a être secoués vigoureusement. Et vous avec.

    En préparation :

    Dimanche jour de marché où les femmes vont seules, roman, Thibault de Viviès.

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  • Fast speaking woman

    waldman.jpgI’m a bird woman

    I’m a book woman

    I’m a devilish clown woman

    I’m a holy-clown woman

    I’m a whirling-dervish woman

    I’m a playful-light woman

    I’m a tidal-pool woman

    I’m a fast speaking woman

     (…)

    I’m the camouflaged woman

    I’m the assuaged woman

    I’m the ravenous woman

    I’m the Kali Yuga woman

    high-pitched woman

    not a trifling woman

    hissing woman

     

    I’m the woman with the guns

    I’m the woman with tomes

    I’m the book woman

    I’m the stolen book woman.

     

    Anne Waldman, Fast speaking woman
    Bilingue, anglais-français, Traductions de Marianne Costa, Pierre Guéry, Frédérique Longrée et Olivier Dombret.
    Editions Maelstrom, 2008

     

    Première édition en français de textes de la poétesse américaine Anne Waldman.
     

    http://www.maelstromeditions.com/

     

    http://www.electriques.ca/filles/artistes.f/w/waldman_an.php

     

    http://www.poetspath.com/waldman.html

     

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