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romans

  • Deux parutions ce jour

    Deux romans à ne surtout pas manquer, dès ce jour en librairie, publiés dans la collection Medium de l'Ecole des loisirs. Le Garçon bientôt oublié de Jean-Noël Sciarini, dont on ira aussi lire (si ce n'est déjà fait !) l'excellent Nous étions des passe-muraille (publié l'an passé chez le même éditeur) ; et (tenez-vous bien...) Si Eve Volver apparaît dans une histoire le coup partira avant la fin, de Déborah Reverdy, dont on peut lire en ligne (ainsi que dans le Zaporogue 6) quelques improses et autres poèmes de haute voltige.

    http://jeannoelsciarini.canalblog.com/

    http://deborahreverdy.blogspot.com/

    A noter, une rencontre signature autour du roman de Jean-Noël Sciarini à La Librairie de Paris, Place Clichy, le samedi 12 juin 2010.

    deborah.jpgjn.jpg

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  • (Re-)vivre enfin

    cleblanc.jpgCatherine Leblanc m'annonce la réédition (dans un nouvel habillage) chez Actes Sud Junior de Rester Vivante, roman dont j'avais parlé à l'époque de sa première parution. On pourra relire cet article sur son blog ou directement ici.

    Elle est aussi l'auteure, entre autres, de Ma couleur  (illustrations de Sophie Charpin, Ed. Balivernes), du très beau Litli Soliquiétude (photos de Séverine Thevenet, Editions Où sont les enfants ?) et d'un recueil de nouvelles, Silences (Les Découvertes de la Lucioles).

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  • Un auteur à ses lecteurs

    spielberger4.jpgDepuis le 1er janvier, l'écrivain Christophe Spielberger (Touché !, Editions du Seuil, Otto le puceau, Florent Massot) propose aux internautes de lire gratuitement ses derniers romans inédits, à partir de son site où les textes sont consultables sur écran, mais également imprimables en intégralité. Selon l’auteur, cette démarche n’est pas une fin en soi et ne saurait se substituer au travail de l’éditeur (dont il espère à nouveau bénéficier un jour), mais elle représente le moyen de permettre à ses lecteurs de continuer à le suivre, voire de le découvrir avant de se rendre en librairie, où plusieurs de ses ouvrages restent disponibles.

    Pour bénéficier de cette bibliothèque en ligne, il suffit de contacter l’auteur à partir de la page d’accueil de son site afin d’obtenir un accès personnel à une vingtaine de textes, parmi lesquels cinq romans.

    Christophe Spielberger est l'auteur de plusieurs romans dont On part, et d'un ouvrage intitulé La vie triée.
    On pourra lire quelques chroniques le concernant dans Sitartmag.

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  • Ce que je lis...

    incardona.jpgHormis quelques manuscrits en cours de lecture, je tâche d'avancer (lentement, il faut l'avouer) dans des ouvrages pour la plupart bien entamés ou sur le point d'être achevés (soyons optimiste...). Voici donc, très vite et en vrac...

    Remington, roman de Joseph Incardona (Fayard noir), dont j'aime beaucoup le ton désenchanté, et dont le titre fait référence à l'outil de travail du narrateur...

    Plus sombre encore, dans une autre collection "noire" : Vendeur de cauchemars d'André Benchetrit (DoAdo... noir, Le Rouergue), qui oscille entre réalité et fantastique.

    Dans un tout autre genre, j'apprécie le style fluide et la narration déstructurée de Fenêtre sur l'abîme de Sumana Sinha, qui signe là son premier roman (Editions de la différence). Myriam présente l'auteure ici .

    Du côté des essais, hormis celui-ci, je me suis intéressée à un ouvrage que les éditions Métailié remettent en vente : Signes d'identité, Tatouages, Piercings et autres marques corporelles de David Le Breton, dans la collection Traversées - l'occasion de me plonger dans une étude passionnante, où l'auteur analyse et commente, sans porter aucun jugement moral (ce qui, entre nous, change un peu).

    krav.jpgDe même, un autre ouvrage mérite un (large) détour : Portraits du jour de Marc Kravetz (Editions du Sonneur), dans lequel l'auteur a posé par écrit 150 de ses chroniques radiophoniques pour France-Culture. Pour faire le tour du monde (plusieurs fois de suite) en restant chez soi et profiter de l'érudition d'un grand reporter.

     

    Justeunefinweb-medium;brt:39.jpgJe ne me risque pas à énumérer les nombreux albums jeunesse lus ces temps, ni même les ouvrages en souffrance ou qui attendent d'être chroniqués, néanmoins, je recommande un livre important, dont je parlerai prochainement : un récit publié aux éditions L'escampette et signé Jacqueline Merville (l'auteure, entre autres, de Black Sunday), Juste une fin du monde, véritable "traversée de l'insensé", presque irracontable - alors qu'il faut bien trouver les mots pour en parler.

     

    49.jpgPour finir, je découvre aussi peu à peu les derniers numéros de la revue Lecture Jeune, qui traite de la lecture chez les adolescents et que publie l'association Lecture Jeunesse.
    Parmi eux, un numéro consacré au monde virtuel(n° 126, juin 2008), qui propose une réflexion sur la place des blogs dans le quotidien des jeunes, sur l'impact des pratiques virtuelles sur les adolescents, confrontés (comme nous tous, mais peut-être davantage encore) à une nouvelle forme de socialisation.

    Le tout dernier numéro (127) se penche sur le travail de l'auteure Valérie Dayre et propose toujours de nombreuses notes de lecture, portant sur des romans dont certains ont été évoqués sur ce blog.
    (On peut lire quelques articles en ligne une fois les revues archivées sur le site).

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  • Editeur à découvrir

    1505626686.jpgLes éditions du Sonneur, fondées par Valérie Millet, assistée de Sandrine Duvillier et Jean-Luc Remaud, proposent une belle diversité de textes - de Maupassant (lire l'article de Myriam Gallot) à Gobineau (un tome de Nouvelles asiatiques), de Jack London (un texte autobiographique où l'auteur retrace son parcours chaotique) à Alexandre Dumas, des textes méconnus, "dignes de revivre", sans oublier les contemporains, des romans qui mettent en avant d'excellentes plumes : Marie-Noël Rio, auteure de Pour Lili ou Jean-Marie Dallet, dont je suis en train de découvrir Au plus loin des tropiques.

    Dès le début, l'éditrice a eu le souci "d'éditer peu de titres, mais de les accompagner assez longtemps pour qu’ils trouvent leurs lecteurs. Des ouvrages auxquels on revient et avec lesquels on vit. Bref, le contraire de la surproduction et de la grande consommation littéraire." Une démarche qui mérite d'être saluée, forcément.

    A paraître prochainement un recueil de chroniques : Portraits du jour, 150 histoires d'une étrange planète de Marc Kravetz, qui intervient sur France Culture, où il dresse chaque matin ses fameux portraits.

    www.editionsdusonneur.com

    http://www.myspace.com/editionsdusonneur

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  • Retour... et lectures

    Après une (forcément trop brève…) pause de l’autre côté de la Manche, quelques (là encore brèves) nouvelles de lectures dont je reparlerai prochainement. La pile d'ouvrages en souffrance ne cesse de monter et je me vois contrainte d'effectuer des choix parfois bien difficiles...

    8712925c2e0ecb2ff4187e3b4799d962.jpgLes fantômes du soir de Sébastien Doubinsky - Le Cherche Midi

    Aria des Brumes de Don Lorenjy - Le Navire en pleine ville

    Ne sois pas timide de Claire Ubac - L'école des loisirs

    Ce que la vie signifie pour moi de Jack London - Editions du Sonneur

    Les inséparables de Colas Gutman - L'école des loisirs

    Dieu vit à Saint-Pétersbourg de Tom Bissell - Albin Michel, Terres d'Amérique

    db78f9aebc557836592b223dd7fdb8b2.jpgJe me suis aussi lancée dans le dernier roman de Hanif Kureishi, Something to tell you, un grand plaisir pour l’instant… (à paraître chez Faber en mars et un peu plus tard en France), dont j'aime beaucoup la couverture (ci-contre). Du même auteur, on appréciera entre autres le recueil de nouvelles, regroupées sous le titre La lune en plein jour.

     

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  • Parutions confidentielles...

    66834e95008e1815bbfa6d4392297791.jpgLu sur le blog de Myriam Gallot, à propos de Rescapés ordinaires de Laurence Barrère (D'un Noir si Bleu) et de 100% chimique, de Doeschka Meijsing (Le castor astral) : "Leurs publications récentes sont restées confidentielles, j'ai beau chercher sur le web, les critiques littéraires sont muettes." Elle cite ensuite Catherine Goffaux-Hoepffner, bibliothécaire du département Langues et Littérature de Lyon : "La production des éditeurs indépendants se trouve de plus en plus submergée sous les nouveautés des grandes et moyennes maisons dont le nombre a été multiplié par cinq au cours des trois dernières décennies. Tandis que simultanément les lecteurs effarouchés et la critique désemparée se focalisent sur un nombre de plus en plus réduit de titres."

    Un constat lucide qui incitera, on l'espère, les lecteurs à emprunter des chemins moins fréquentés... Il reste que Myriam, dont je recommande vivement le blog (ne serait-ce que pour la finesse de ses analyses et la qualité de ses choix) a su se pencher sur ces deux ouvrages ici.

    Parutions confidentielles... à qui la faute ?

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  • Homosexualités dans le roman jeunesse

    Certains romans pour ados ou "jeunes adultes" abordent désormais ouvertement la "question" homosexuelle, en mettant sur le devant de la scène des personnages en quête identitaire, qui s'interrogent et se cherchent, ou qui assument déjà leur orientation sexuelle. Certes, ce sont des romans avant tout, mais il reste intéressant de se pencher sur une thématique relativement nouvelle - qui témoigne entre autres de la disparition progressive de certains tabous (en particulier dans le domaine de la littérature pour la jeunesse), et montre que la littérature aussi évolue avec son temps.
    Un ouvrage, signé Renaud Lagabrielle, intitulé Représentations des homosexualités dans le roman français pour la jeunesse, (L’harmattan, « Logiques sociales – études culturelles », 2007) vient de paraître sur le sujet, à partir d'un corpus de 30 ouvrages (ce qui paraît peu). Joannic Arnoi l'a lu et recensé sur son blog, tout en déplorant le fait que dans ce travail, "le traitement thématique l’emporte nettement sur toute autre perspective", que Renaud Lagabrielle tienne "un discours très général pour lequel les livres ont une fonction presque exclusivement illustrative" et que l'auteur semble parfois amené "à se comporter en censeur." On lira avec attention son analyse, ses réserves argumentées et ses critiques précises, qui, justement, soulèvent entre autres le problème de l'instrumentalisation de la littérature à des fins didactiques.
    Sur le même blog, on trouvera aussi des présentations d'ouvrages et une bibliographie non exhaustive de romans abordant cette thématique, classés par tranches d'âge.

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  • Le Monde des Livres répond

    Suite à la publication d'un article intitulé "Un âge vraiment pas tendre" - Monde des livres du 30-11-07 - que nous avions été nombreux à commenter sur ce blog, le Monde des Livres du 21 décembre donne la parole aux éditeurs et aux auteurs dans un article intitulé "La noirceur contestée des livres de jeunesse"

    www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-991706@51-957428,0.html

    Merci en tout cas à tous ceux qui ont participé à ces discussions - les commentaires restent ouverts !

    On peut aussi lire l'article de Hélène Ramdani, éditrice du navire en pleine ville.
    http://bibliobs.nouvelobs.com/2007/12/14/litterature-jeunesse-l-offensive-de-la-morale

    Débat sur la littérature pour adolescents avec Marion Faure, Mariette Darrigrand, Thierry Magnier, Annick Lorant-Joly et Marie-Aude Murail dans l'émission Du grain à moudre, sur France Culture, le vendredi 21 décembre, de 17h à 18h.

     

    PS
    Je tiens cependant à rectifier : la journaliste du Monde m'attribue certains propos signés Annie Roland, psychothérapeute, que je m'étais contentée de citer. Voici le passage dans son contexte initial :
    La catharsis, pourtant vieille comme le monde (et surtout depuis les premiers rituels dramatiques), paraît désormais oubliée... alors que ses effets devraient rassurer les adultes qui pensent qu'il faudrait mieux "protéger" les adolescents (qui, on  le sait, préfèrent se plonger dans un livre - de préférence "malsains" - plutôt que de jouer à des jeux vidéos ou que de télécharger des films X via l'internet - je sais, c'est réducteur, mais c'est aussi la réalité). Relisons ce qu'écrivait Annie Roland, psychothérapeute (voir
    l'intégralité de son analyse dans la Revue Citrouille), dont les propos éclairants concernent aussi les adultes, semble-t-il : "Ces romans génèrent un effet cathartique chez l’adolescent confronté à l’insoutenable réalité psychique de ses pulsions, c’est-à-dire qu’ils ont un effet « libérateur ». Lire une histoire, s’identifier au héros même quand il est en souffrance ne signifie pas que l’adolescent va reproduire les mêmes actes. L’acte de lire introduit la possibilité de sublimer sa propre souffrance, comme si le héros endossait momentanément la problématique du lecteur."

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  • Loi 49

    Afin de contribuer au débat sur la littérature ados ci-dessous, le blog de la revue Citrouille a mis en ligne un article paru en juin 1998 : Famille, je te hais ? Il y est question de l'ADV (Alliance pour les Droits de la vie, lobby anti-IVG & euthanasie) qui, en 1998 (est-ce encore le cas aujourd'hui ?) "alertait" régulièrement les autorités de la publication de livres jeunesse qu'ils jugeaient "immoraux", car proposant des scènes de "pornographie, de pédophilie, d'homosexualité, de violence" (on aura compris de quel genre d'association il est question... On imagine que leur définition de la pornographie doit être très éloignée de la nôtre...), plus particulièrement dans certains ouvrages de l'Ecole des loisirs... ! Plus intéressant, l'article (téléchargeable en pdf) aborde aussi la question de la loi de 1949, la distinction qu'il faudrait bien faire entre littérature jeunesse (les moins de 12 ans) et littérature ado et propose une solution très simple.

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  • "Un livre doit être un danger", disait Cioran...

    c327aaf8c1cc900c879a714c0cf71a51.jpgLes grands médias ont rarement l'occasion de parler de littérature jeunesse, et la plupart n'y connaissent pas grand-chose - mais quand ils le font (à l'occasion du Salon de Montreuil, une fois l'an), on aimerait qu'ils la traitent sur le même plan que les autres littératures... Et non comme une "production" à part. En effet, certains auront peut-être lu un article paru dans Le Monde des livres du vendredi 30 novembre, qui s'intitule "Un âge vraiment pas tendre - Mal-être, suicide, maladie, viol... Pourquoi les livres destinés aux adolescents sont-ils si noirs ?"

    Déjà, ces premiers mots en ont fait bondir plus d'un... (éditeurs, auteurs, bien sûr, mais aussi lecteurs), car tout est dit dans le titre : l'idée obsolète, idéal d'un autre temps, qu'il existerait un âge "tendre" ; puis l'énumération de termes qui ressemblent ici à des "gros mots" (auxquels il ne faudrait surtout pas associer l'idée de jeunesse...) et enfin, une question qui aussitôt se fait affirmation... Le ton est donné et l'article va dans le sens d'un "protectionnisme" qui semble faire un retour en force... (pour ne pas parler des velléités de censure de certains), d'autant plus dommageable que la littérature dont il est ici question s'adresse aux adolescents (et non à des "enfants") - une littérature hybride, que les adultes eux-mêmes (quand ils passent outre les préjugés) ont souvent grand plaisir à lire - et que les adolescents, selon leur maturité (qui n'a rien à voir avec l'âge...), peuvent tout lire, on le sait.

    Sur le fond, l'article remet en cause l'existence de romans (oui, des oeuvres de fiction) qui, selon la journaliste et ses interviewés, véhiculeraient des valeurs faussées, désespérantes, malsaines et bien sombres, et qu'ils ne reflèteraient pas le réel... ni les adolescents d'aujourd'hui. Qui a dit que la littérature devait ressembler au réel, voire se calquer sur lui ? Et quand elle renvoie à la réalité (on pense aux romans dits "miroirs") la littérature devrait-elle absolument s'y plier ? On se rend vite compte que la journaliste ne s'est fdff22e76faecb6798a750ea92584e54.jpgpas penchée sur les textes et leurs qualités narratives, langagières, esthétiques, imaginaires, etc. et s'est contentée de remettre en cause des "thématiques" (qui, on le sait, sont toujours les mêmes, le plus souvent inhérentes à la condition humaine) - ce qui, en soi, est bien réducteur quand il s'agit de littérature.

    Dans un article pour la revue Citrouille, j'écrivais (il y a bientôt 2 ans) : "il reste qu’une attente très adulte voudrait faire autre chose de cette littérature et lui conférer une incontournable finalité utilitariste ; il arrive de regretter l’absence de visée éducative, citoyenne ou d’exemplarité dans certains romans "

    D'après l'article : "les spécialistes le disent, Marcel Rufo en tête : la plupart des adolescents vont bien. C'est "un âge de conquête" (La Vie en désordre. Voyage en adolescence, Anne Carrière, 258 p., 18,50 €), plein d'élan et d'enthousiasme, où le bonheur est possible. Mais ce bonheur adolescent n'est pas relayé par les médias ou la littérature." Comment ? La littérature aurait l'audace de ne pas se mettre au service de la société en ne relayant pas le "bonheur adolescent" ?!

    On voit comment d'aucuns souhaiteraient instrumentaliser la littérature et en faire autre chose - des guides de savoir-être ou des manuels de survie, par exemple, ou encore des romans édifiants. Et pourtant, la journaliste écrit aussi :"La littérature jeunesse semble proposer de plus en plus de "leçons de vie" destinées à aider les lecteurs face à une situation donnée : divorce, mort d'un proche..." Et là, on ne comprend plus rien... Hormis le fait que que cet article est construit sur une somme de contradictions : on reproche à certains romans pour ados d'être des « reportages » qui donneraient des « leçons de vie », tout en demandant aux livres de devenir les instruments d’un bonheur qui reflèterait davantage le « réel »…  (et l'obligation au bonheur... ?) Jolie confusion et bel amalgame entre réalité et fiction...

    La catharsis, pourtant vieille comme le monde (et surtout depuis les premiers rituels dramatiques), paraît désormais oubliée... alors que ses effets devraient rassurer les adultes qui pensent qu'il faudrait mieux "protéger" les adolescents (qui, on  le sait, préfèrent se plonger dans un livre - de préférence "malsains" - plutôt que de jouer à des jeux vidéos ou que de télécharger des films X via l'internet - je sais, c'est réducteur, mais c'est aussi la réalité). Relisons ce qu'écrivait Annie Roland, psychothérapeute (voir l'intégralité de son analyse dans la Revue Citrouille), dont les propos éclairants concernent aussi les adultes, semble-t-il :

    "Ces romans génèrent un effet cathartique chez l’adolescent confronté à l’insoutenable réalité psychique de ses pulsions, c’est-à-dire qu’ils ont un effet « libérateur ». Lire une histoire, s’identifier au héros même quand il est en souffrance ne signifie pas que l’adolescent va reproduire les mêmes actes. L’acte de lire introduit la possibilité de sublimer sa propre souffrance, comme si le héros endossait momentanément la problématique du lecteur."

     

    Suite à la parution de cet article du Monde, quelques réactions d'auteurs :

    "Je déteste ce formatage rampant que l'on voudrait appliquer à la littérature jeunesse ! Actes Sud publie des textes forts. ce sont eux qui provoquent un mouvement, eux qui resteront (pas les textes insipides, qui parait-il correspondraient mieux aux jeunes d'aujourd'hui)" - Catherine Leblanc

     

    "Il y a quelques mois, une enseignante m'écrivait ses doutes concernant l'étude, dans sa classe, d'un de mes romans (les murs bleus), pensant que certaines scènes étaient trop violentes pour ses élèves. Je lui avais répondu que ça n'était évidemment pas à moi de juger de mon propre roman et que j'étais sans doute la personne la moins bien placée pour en parler. Mais que, de toute manière, personne ne pouvait jamais savoir l'impact d'un livre sur un lecteur ou une lectrice, et que c'était ça, le risque du vivant ! Et si elle voulait à tout prix "protéger" ses élèves, il ne fallait plus rien leur proposer en lecture...
    Je pense aussi ceci  : nous  vivons dans un monde hypocrite, avec un retour effrayant à un ordre moral. Les filles peuvent bien se faire violer en étant mineure. Des ados peuvent bien voir leur copain se foutre en l'air, se shooter à mort ou partir à la dérive... Mais surtout, qu'on n'en parle pas ! Comme si, en le taisant, on l'effaçait. Or ce silence et ce refus de voir la réalité en face font bien plus de ravages que de mettre le doigt dessus, même si ça fait mal." Cathy Ytak (dont le roman L'ombre d'Adrien est mis en cause dans l'article)

     

    « Cette polémique est bien sûr consternante. Or, elle me touche intimement : je me sens sur la liste des suspects, vu que mon premier livre mettait en scène la tentation suicidaire d'un adolescent. Je trouverais fort déplacé et imbécile qu'un journaliste vienne me déclarer au nez, sans rire, que le roman en question était autre chose que de la littérature , et qu'on me soupçonne d'avoir voulu je ne sais quel effet de miroir fonctionnel, je ne sais quel démagogue et complaisant étalage de pulsions morbides en vue de séduire des adolescents  (…) La crypto-censure cul-bénie à l'oeuvre dans cet article est alarmante : bientôt, faudra-t-il interdire aux adultes de lire les auteurs déprimants, Céline , Cioran, Thomas Bernhardt, Georges Hyvernaud, Elfriede Jelinek, sous prétexte que ces auteurs-là ne montrent pas assez que le bonheur est possible ? Mais dans quel monde vivons-nous donc ? Un monde de slogans publicitaires ? » Fabrice Vigne.

    e1c240729d1fdee4eeeb6017b978b4e9.jpgFabrice Vigne est l'auteur, entre autres, des Giètes (Photos de Anne Rehbinder, T.Magnier, photoroman, 2007), à propos duquel A-M. Mercier écrivait dans Sitartmag : "Mais à qui s’adresse-t-il ? A la jeunesse, comme l’indique la collection, et la mention de la loi de 1949 en page de garde ? A la vieillesse à qui il tend un miroir fidèle mais point trop désespérant. Aux autres ? A tous, pourrait-on dire, tant il mêle les âges et les temps. Et plus précisément à ceux qui aiment regarder les images et au-delà des images, entendre les sons, saisir les voix qui se croisent et lire entre les lignes, aux amoureux de Flaubert, donc ?"

     

    Quant à l'article, on le trouve ici
    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-983787,0.html

     

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  • Droit de réponse

    Je reproduis le texte que Jeanne Benameur, Claire David (directrices de la collection “D'une seule voix”), François Martin, éditeur & Thierry Magnier, directeur d'Actes Sud Junior, ont écrit en réponse à l'article du Monde évoqué ci-dessus, qui s'en prend entre autres à la dite collection :

    Il n'y a pas d'âge pour la littérature. Une bonne fois. Cycliquement se pose cette question rebattue de l'âge. Nous le savons, personne ne bronche plus lorsque l'habitude a été prise de considérer un texte comme étant “pour la jeunesse”. Qui s'interrogerait aujourd'hui sur la légitimité de Molière ou de Victor Hugo à être lus dans les collèges ? Pourtant, Mme Rimbaud s'offusquait que le professeur d'Arthur lui ait donné à lire Les Misérables ! Rions.
    Et ça continue.
    Aujourd'hui on voudrait rabaisser la littérature contemporaine à “un travail de reporters en âges troubles, tentant de se mettre dans la tête d'un ado”.
    Non. Les œuvres incriminées ne sont pas ce qu'on voudrait nous faire passer pour du fait divers aguicheur.
    Petite mise au point. Il ne s'agit pas dans la collection “D'une seule voix” de récits mais de monologues intérieurs, d'une parole, n'en déplaise à Marion Faure. Et c'est une différence d'importance. Encore faut-il prendre le temps de lire vraiment.
    Et surtout, ces monologues sont des textes d'auteurs.
    Cela veut dire que chaque mot en a été pesé, qu'un écrivain a passé du temps de sa vie à faire advenir ce qui peut être partageable, universel, quel que soit l'âge. Ce sont ces voix que nous voulons faire entendre dans cette collection. Des voix d'auteurs comme Wajdi Mouawad, Catherine Zambon, Malin Lindroth, et nous ne laisserons pas dire qu'ils entraînent le lecteur dans des univers “malsains”… Parce que nous estimons qu'ils ont fait œuvre.
    L'adolescence, pas plus que l'enfance, n'a d'âge. C'est bien là la difficulté.
    Il y a des lecteurs qui seront toujours arrêtés par certains textes et cela n'est pas une question de date de naissance. D'autres ont lu à un “âge” supposé précoce des œuvres qu'on ne leur réservait pas.
    Les êtres humains ne sont pas réductibles à leur carte d'identité. Décidément.
    La vigilance extrême qui est la nôtre porte sur le texte. Toute souffrance se réfléchit dans la littérature qui permet de prendre le recul nécessaire pour l'envisager, voire la dévisager. Les émotions les plus intenses, nous pouvons les éprouver sans craindre qu'elles ne broient notre réalité si, et seulement si, elles ont été travaillées par la création. Lorsque des spectateurs vont voir couler le Titanic, ils paient leur place pour pleurer et non pas se noyer (ne serait-ce que dans leurs larmes… !). Claude Simon a très justement écrit dans Orion aveugle que jamais aucun incendie allumé dans un livre n'avait mis le feu à une maison.
    Nous le croyons.
    Nous croyons aussi que les jeunes filles et les jeunes gens sont intelligents et qu'ils ont droit à la littérature.
    Ils savent faire la différence entre la place de voyeur qui leur est largement offerte dans les médias et celle de lecteur.
    Lire permet d'être sujet, visionnaire et non spectateur. Libre. C'est peut-être pour cela que les livres sont toujours les premiers attaqués lorsqu'une société installe la peur comme moteur des relations humaines.
    Un article tel que celui paru dans Le Monde ne peut que légitimer les discours obscurantistes qui visent à entraver et réduire le travail de tous les passeurs de livres : libraires, bibliothécaires, enseignants.
    Lire est un risque.
    Editer est un risque. Nous sommes fiers de l'assumer.
    Vient ensuite le temps de l'échange, autre pari, vital, que Dolto entre autres a rappelé.
    Les livres ne sont pas obligatoires.
    Ils sont nécessaires à toute pensée qui se construit.

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  • Un coeur de pierre...

    Stoneheart de Charlie Fletcher, traduit de l'anglais par Laurence Kiefé - Hachette Jeunesse 2007

    10a47a1b5e863d73b2818fd25224978a.jpg"Le jour où George brise la statue d'un dragon, il est loin de se douter qu'il a réveillé une épouvantable malédiction. Statues malfaisantes, gargouilles et sculptures inquiétantes prennent vie. Une course-poursuite terrifiante est lancée dans Londres car tous ces êtres maléfiques n'ont plus qu'un seul but : tuer George. Commence alors pour le jeune garçon une quête vertigineuse pour trouver Stoneheart, le Cœur de pierre."

    Roman fantastique, d’apprentissage et d’aventure qui se déroule sur une seule journée, Stoneheart regorge d’inventivité. Une oeuvre complexe, érudite et palpitante, que les lecteurs adultes prendront autant de plaisir à explorer que les plus jeunes (à partir de 11-12 ans). Charlie Fletcher était l'un des invités du Salon du livre jeunesse de Montreuil Site officiel

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  • Aventuriers du monde

    Les éditions MONDE GLOBAL lancent une nouvelle collection de romans pour la jeunesse intitulée AVENTURIERS DU MONDE, des "romans pour s’ouvrir au monde et rêver la planète."

    2b0f4292cd732afa0ac79e3e36266165.jpgTitres à paraître en novembre 2007
    Embrouille en brousse
    de Yves Pinguilly
    Faut pas tuer les goélands
    de Jocelyne Sauvard
    et les suivants...
    La caresse du tigre et autres racontars
    de Christine Beigel
    Pour qui siffle le Motocki
    de Ouaga Bellé Danaï

    "Chaque lecteur étant exceptionnel", les romans se répartissent en deux "tranches d'âge" : ALTO (tous ceux, qui, entre 10 et 110 ans, aiment les histoires…) et MEZZO (tous ceux, qui, entre 8 et 88 ans, aiment les histoires...)
    La collection est dirigée par Jocelyne Sauvard, et Christian Epanya, illustrateur, est chargé de la direction artistique des titres.
    Les jeunes éditions du Monde Global ont érigé la « globalisation » en principe, non pas à la manière nos géopoliticiens matérialistes ou autres experts en économie mondiale, mais en favorisant une approche humaniste et pluriculturelle fondée sur le partage, l’échange et la découverte – d’idéaux, de points de vue, d’artistes, d’écrivains ou de représentations. Cette maison, créée par des universitaires français et canadien d'origine africaine, propose déjà plusieurs ouvrages qui s’inscrivent dans cette démarche – romans, recueils de contes, albums ou essais ; des réalisations qui rassemblent des auteurs et des illustrateurs venus de plusieurs coins du monde, travaillant de conserve.

    Les éditions seront présentes au salon du livre de Montreuil.

    www.mondeglobal.com/

    www.jocelynesauvard.fr

    www.yvespinguilly.fr/

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  • Magazine TOC - Chroniques 2005-06

    638fa913e781d66332084f4095d620f3.jpgJ'ai récemment appris que le magazine TOC, mensuel indépendant et contributif, était sorti en kiosques pour la dernière fois en juin 2007.  Les numéros (le premier datant d'octobre 2003) sont néanmoins répertoriés dans leurs archives. J'avais contribué à quelques numéros dans la rubrique littérature en 2005-2006, en proposant des critiques d'ouvrages décalés ou souvent sous-médiatisés (lesquels sont toujours en bonne place sur mes étagères !) En voici déjà une, d'autres suivront - histoire de les faire partager à nouveau.

     

    04489fd9dae60794a5ba2f22e1bd3b73.jpgNorma de Maïa Brami, Editions Folie d’Encre, 2006 - 160 p. 15 euros.

     

    Fêlures

    Que fait Norma, maigrichonne de sept ans, crâne rasé sous une casquette qu’elle refuse d’ôter, dans un foyer pour enfants abandonnés ?  Et que lui veut Léo, adolescent rêveur et buté, réputé pour son comportement instable ? Le personnel du centre s’en méfie, surveille ses moindres faux pas, alors que Léo ne cherche qu’à prendre Norma sous son aile, à se perdre dans le regard de cette petite sœur rayonnante mais brisée, et à partager avec elle ses rêves de liberté.
    Maïa Brami écrit aussi pour la jeunesse mais dans ce roman, il n’est pas seulement question d’enfance abîmée : les adultes sont tout autant fragiles que les enfants dont ils ont la charge, leurs fêlures n’ayant pu s’atténuer avec le temps - le psychologue agressif, agacé par les silences de ses jeunes patients, la surveillante solitaire qui ne peut réfréner son mal d’enfant et qui perd le sens des réalités, la mère de Norma, attendant d’être jugée, ou bien celle de Léo, dont il se souvient avec terreur… Pour s’évader d’un univers loin d’incarner le réconfort attendu, les enfants forment des alliances implicites et se confient à leurs pairs, avec leurs mots à eux, plutôt que de répondre aux questions des adultes qui tentent de contrôler leurs amitiés ou leurs émotions.
    Un récit poignant, pudique, où s’entrecroisent des quêtes affectives dont il n’est pas certain qu’elles aboutissent, mais qui, libérées par les mots, ouvrent de nouveaux horizons aux personnages malmenés par l’existence. Sans misérabilisme ni mièvrerie, dans une langue exigeante, regorgeant d’heureuses trouvailles poétiques, l’auteure mêle la froideur du réel à la douceur accueillante des rêves, entre dialogues spontanés, tensions intérieures et douleurs muettes.
    Editions et librairie Folies d'encre, 9 Avenue de la Résistance, 93100 Montreuil
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  • La Promesse de Shanghai

    e8d4282884921315d2bbfe40ef3dd605.jpgUn roman que j'avais lu d'une traite, La Promesse de Shanghai, d'abord publié chez Bleu de Chine (une maison de qualité, dont l'excellent catalogue se trouve ici), vient se sortir en Babel. Son auteur, Stéphane Fière (qui vit en Chine depuis plusieurs années) propose depuis peu quelques chroniques en ligne sur un blog qu'il a intitulé "Chine Nouvelles" ; un site où il entend  parler "de la Chine ordinaire, celle que l'on cache habituellement et dont personne ne parle jamais; je prends des faits divers tirés de la presse chinoise et je "fictionnalise", c'est un peu comme du réel romancé ou de la fiction réaliste! tous les deux jours j'écris une courte nouvelle mais tout ce que j'invente est vrai, ou vraisemblable." On y retrouve le regard lucide et critique de La Promesse de Shanghai - pour découvrir la Chine sous son vrai jour...

    Article et entretien (mai 2006) avec S. Fière à lire sur Sitartmag.

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  • Mélanie Cuvellier

    7396b7639c19639c1ed163ada9911d5f.jpgLes mots, ça m’est égal
    de Mélanie Cuvelier - Exprim’ Sarbacane, 2007

    Un tout nouveau roman paru dans la collection Exprim' des éditions Sarbacane (destinée aux grands ados, jeunes adultes et grands adultes...)
    lire l'article sur Sitartmag

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