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  • La peau et le cœur des livres

    alzamora3.jpgIl y a des livres qu’on a envie de défendre davantage que d’autres, ne serait-ce que pour pallier leur (inexplicable) invisibilité médiatique. C'est le cas de La Fleur de peau, premier roman de l'auteur catalan Sébastià Alzamora à avoir été traduit en français.
    On peut aussi lire l'article ci-dessous sur www.sitartmag.com/alzamora.htm , accompagné des regards croisés de l'auteur et de la traductrice. J'avais d'abord suggéré à Cathy Ytak de répondre à quelques questions à propos de ce roman ; ce qu'elle a accepté, me proposant ensuite de recueillir le témoignage de Sébastià Alzamora. Je les remercie tous deux de cette contribution.

     

     

     

    La Fleur de peau de Sébastià Alzamora
    traduit du catalan par Cathy Ytak - Métailié, 2007

     

    La peau et le cœur des livres

    « Il est important que nous les laissions nous protéger, il est très important que notre peau mortelle se laisse imprégner par ce qu’il y a d’éternel dans la peau des livres. »

    Quels liens complexes et incertains peuvent s’échafauder entre Puppa, un vieil homme énigmatique, ancien héros devenu relieur, un tailleur de pierre unijambiste, une religieuse versée dans les livres, une gitane ensorcelante qui cherche un « progéniteur », une princesse, « personnification de la beauté pure », une reine nymphomane, un rabbin célèbre pour avoir accompli l’impensable ? Entre le treizième chant de l’Odyssée, les rivalités religieuses et les sombres manœuvres politiques qui agitent la ville de Prague à la veille de la guerre de Trente ans ? Au lecteur de démêler peu à peu cet enchevêtrement fascinant, proprement irracontable, à la limite du conte et de la mascarade théâtrale, oscillant entre fantasmagorie et onirisme, tout en se laissant porter par l’épopée de Puppa, récit qui nous est rapporté par un autre conteur, installé dans une taverne un soir de tempête...

    alzamora5.jpgDes cadres narratifs en apparence circonscrits, que l’auteur n’hésite pourtant pas à faire exploser tout en dévoilant les ficelles retorses de son récit premier : une façon de mieux nous déstabiliser encore, de semer le trouble dans nos esprits échauffés par la multiplicité d’émotions, de symétries et de questions qui nous assaillent, au fil des péripéties rocambolesques, invraisemblables, narrées dans une langue lyrique et sophistiquée. Ces pertes de repères successives s’accompagnent d’un bouleversement spatio-temporel vertigineux, comme si ces frontières devaient être une bonne fois pour toutes abolies afin que l'on puisse goûter pleinement aux histoires enchâssées qui composent ce roman étonnant et vivre ses aventures avec Puppa : « Je me souviens de cette suite de jours naissants comme d’un tout, » dit-il, se remémorant une année passée dans le Château de Prague, « comme s’il s’agissait d’un seul et même jour renaissant encore et encore, inexorablement, de manière inaltérable, un jour têtu et rebelle, réfractaire aux strictes coordinations de l’espace et du temps tels que nous les concevons par l’habitude d’une logique imposée. »

    Au cœur de cette prose étincelante et imprévisible, riche en métaphores et en symboles, demeure l’idée qu’un roman forme un tout inaltérable, obéit à une logique qui lui est propre, au-delà de tout référent réel, et que pour goûter à la fiction, il faut accepter qu’un début contienne déjà la fin, et vice-versa. Aussi, et c’est là que réside tout son art, Sébastià Alzamora parvient à nous divertir, à donner corps à des personnages et à des événements inoubliables, tout en élaborant, sans jamais passer par la voie de l’essai didactique, une véritable philosophie de la fiction, multipliant les approches et les définitions possibles, laissant la voie ouverte à de nombreuses interprétations. (B. Longre, sept. 2008)

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  • J'ai lu L'âge d'ange

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    L'âge d'Ange d'Anne Percin - L'école des loisirs, Médium, 2008

    Retenez ce titre : L'âge d'ange. Un roman dont il est bien difficile de parler, pour diverses raisons dont certaines n'apparaissent qu'au fil de la lecture... Disons simplement qu’il s'agit d'une rencontre inattendue autour d'un livre fascinant (d’abord adoré, puis désacralisé, et pour finir inoubliable), de l'éveil d'une conscience et d’un corps, d’une émancipation et, surtout, du bouleversement intime (« Le choc fut si violent que, des années plus tard, alors que j’écris ces lignes, je tremble. ») qu’éprouve un ange solitaire, au contact d’un autre ange, peut-être : « A la limite, on pouvait presque lui trouver une tête romaine. Un peu comme Marlon Brando, du temps de sa splendeur. »
    L’histoire, d’une grande justesse, est teintée de nostalgie mais aussi de fatum, et l’intrigue emprunte nécessairement à la tragédie grecque, entre terreur et pitié, violence et tension (mais il faut le lire pour comprendre). L’ensemble va bien au-delà du très conventionnel roman d’apprentissage et le regard rétrospectif de la narration confère une richesse certaine au récit, qui navigue entre impressions et sensations passées et souvenirs au présent de ces moments d’une rare intensité.

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  • À qui la faute ?

    Laïos de Vincent Magos, Les Impressions Nouvelles, Théâtre.

    Eclipsé par la figure d’Œdipe et son inévitable complexe, Laïos demeure, dans la conscience collective, un personnage de seconde zone, sans épaisseur, juste bon à remplir son rôle symbolique en étant assassiné par le fils... Ainsi, en s'attaquant à la figure du père et à la pré-histoire du mythe, Vincent Magos (psychanalyste et romancier) comble un creux littéraire et dramatique, mais pas seulement ; car lorsque l’on aborde le champ de la psychanalyse, c'est la tragédie de Sophocle qui vient à l'esprit, et l'on sait que le dramaturge antique, en recentrant l'action autour du fils, a relégué le père à l'arrière-plan. En réalité, Œdipe Roi n’est que le dernier acte de l'histoire (que ce soit celle du mythe ou du complexe élaboré par Freud…) et l'on oublie (ou on ignore) que la faute originelle revient à Laïos, coupable d'avoir abusé sexuellement d'un petit enfant (un garçon qui aurait pu être Œdipe ou qui, en tout cas, préfigure symboliquement le fils), en prenant ses désirs au pied de la lettre, aveuglé par la jouissance à venir, indissociable de celle que confère toute position de pouvoir, qu'il soit d'ordre intime ou politique.

    littérature,théâtre,Œdipe,vincent magos,impressions nouvellesLe roi de Thèbes a été chassé de sa ville par Amphion et Zéthos, fils de Zeus et d’Antiope (pour l’anecdote, les jumeaux ont été abandonnés, enfants, sur le mont Cithéron, puis recueillis par des bergers – l’histoire se répétera avec Œdipe) ; Laïos s'est réfugié dans le Péloponnèse chez le roi Pélops, où il s'affaire à la reconquête de Thèbes. C'est là qu'il tombe sous le charme de Chrysippos, jeune prince encore choyé par sa mère. Contre l’avis du fidèle Phorbas, il parvient à apprivoiser l'enfant, avant de le violer ; de honte, Chrysippos se suicide. Laïos, craignant la colère du père, s'enfuit pour rejoindre Thèbes, après avoir été visité par un spectre qui lui fait part de la malédiction : " Que ta descendance se dessèche dans le sein de ta femme. N’aie jamais d'enfant. Jamais ! Essaie d'avoir un fils, il te tuera et couchera avec sa mère." À nouveau maître de Thèbes, il décide de prendre pour femme la toute jeune Jocaste. Sa touchante naïveté et sa joie d’être reine sont vite émoussées quand elle comprend quel homme elle a épousé : vulgaire, brutal et lubrique, politicien sans scrupules, il refuse son amour et elle doit ruser afin de l'obliger à concevoir un enfant – condamné par son père avant même de naître. Le troisième acte débute, comme les précédents, par un discours de Laïos, homme public, s'adressant à ses "chers compatriotes" pour annoncer qu'il va prendre en main "la crise - j'ai nommé la Sphinge". Ce dernier personnage devient omniprésent au fur et à mesure qu’avance l’intrigue – elle intervient, de litanies glaçantes en énigmes, et se joue des personnages-marionnettes avec habileté, incarnation du mal ou des pulsions inconscientes qui existent en chaque humain ; mieux, elle tente de mettre Œdipe en garde : « C’est moi qui possède la connaissance. Et voici pourquoi – écoute ceci Œdipe - : je suis le fruit de la passion de ma mère Echidna pour son propre fils ! (…) Débrouille-toi. Joue les hommes conscients, les pères responsables, les rois attentifs, les gestionnaires avisés… L’obscurité est plus profonde que tu n’imagines.». Œdipe pense avoir vaincu la Sphinge... en réalité, elle a le dernier mot et on connaît la suite.

    Tout comme Tendre et Cruel de Martin Crimp réinterprète la fin du général Héraclès, Laïos est une relecture passionnante du mythe et prouve que si l'on veut parler du fils, il faut aussi parler du père et remonter aux origines pour appréhender la chute. Mais au-delà de la simple allégorie qui a tant servi à Freud, c’est la contemporanéité du texte qui domine. Vincent Magos ponctue la parole de Laïos de termes et de points de vue assurément modernes, conférant au personnage des traits que l'on retrouve chez bon nombre d'hommes politiques. La pédophilie initiale de Laïos (sujet intéressant particulièrement l'auteur, qui a aussi dirigé un ouvrage collectif, Procès Dutroux : penser l'émotion) et ses violentes pulsions sexuelles incarnent toute une gamme de perversions intimes, quelles qu’elles soient, plus tard sublimées à travers le savant exercice du pouvoir ; il offre le visage paisible d’un bon démocrate désirant le meilleur pour son peuple ou d’un guerrier paradoxalement assoiffé de justice, de «pureté» et de paix, mais le lecteur n’est pas dupe : habile orateur abusant de clichés redondants, fieffé manipulateur, c’est dans l’intimité qu’il se dévoile.

    D’abord avec Phorbas, à qui il confesse son attirance compulsive pour Chrysippos : «Depuis mon arrivée, Chrysippos me cherche. Mais il est timide, ne sait comment s'y prendre. C'est à moi de le guider. Pas à pas. Et lentement, patiemment, de l'ouvrir aux délices de la chair. (...) Sous quel prétexte empêcherait-on les plus jeunes de jouir de leur corps ? N'est-ce pas notre devoir que de les aider à s'épanouir ? ». En se prenant pour un pédagogue afin de légitimiser ses actes pédocriminels, en faisant passer sa propre jouissance avant toute chose, en semant la confusion entre générations, entre la sphère privée et la sphère publique, en brisant les interdits, en transgressant outrancièrement « l'ordre établi », Laïos voudrait faire croire qu'il pose les fondations «d'une véritable démocratie... », alors qu'il ne fait que rationaliser ses perversions. Dans le même temps, son cynisme apparaît au grand jour quand il confie à Phorbas la mission de corrompre, non plus un enfant, mais... la presse thébaine: «C'est grâce aux médias que s'éliminent les ennemis et se gagnent les guerres : fictions et réalités ne sont jamais qu’interprétations d'une même chanson… » Un refrain, justement, dont on connaît les effets. Laïos est aussi l'incarnation de l'impérialisme expansionniste qui, sous couvert de «progrès», cherche à étendre sa puissance économique ; il parle de «productivité», et d'«entrepreneurs», explique qu'il faut «rénover agriculture, entreprise et commerce» et s'autoproclame «l'homme nouveau, celui qui n'a plus peur des dieux.»...

    L’auteur reste fidèle au mythe, ce qui rassure le lecteur, mais en poussant toujours plus loin la caricature d'une figure paradoxalement complexe, qui cristallise dans un même mouvement tous les effets pervers du pouvoir (paternel, royal...) mêlant ainsi différentes strates de lectures possibles (le politique, l'intime, et les désirs inconscients qui traversent le personnage), favorisant une pluralité d’interprétations et de questionnements - une richesse textuelle et une polysémie dramaturgique qui ravivent brillamment le mythe et étendent ses significations jusqu'à toucher chacun d'entre nous.

    (B. Longre)

    http://www.lesimpressionsnouvelles.com/

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  • "Closing Books Shuts Out Ideas"

    bannedbookssign.jpgJe parlais déjà de la "Banned Books Week" dans un billet daté de l'an passé. Une initiative dont on pourrait s'inspirer en France, et qui permet de réaffirmer l'idée de liberté, indissociable de la lecture et de la création littéraire, et l'absurdité de toute tentative de censure. La prochaine aura lieu du 27 sept. au 4 octobre 2008 et aura pour devise : "Closing Books Shuts Out Ideas", qu'on pourrait librement traduire par "Un livre refermé, c'est une idée qu'on enferme" (on peut en proposer d'autres, je suis preneuse).

    L'ALA (American Library Association) recense aussi les ouvrages qui ont été les plus controversés ou censurés durant l'année écoulée et établit un "top ten" qui, pour 2007, propose toujours le célèbre (et très inoffensif...) And Tango Makes Three de Justin Richardson et Peter Parnell (raisons données pour justifier la censure ou les "plaintes" : "Anti-Ethnic, Sexism, Homosexuality, Anti-Family, Religious Viewpoint, Unsuited to Age Group"), The Chocolate War de Robert Cormier (Sexually Explicit, Offensive Language, Violence), The Golden Compass de Philip Pullman (pour des raisons religieuses...), et les habituels The Adventures of Huckleberry Finn de Mark Twain (pour... racisme) et The Perks of Being A Wallflower de Stephen Chbosky (Homosexuality, Sexually Explicit, Offensive Language, Unsuited to Age Group).

    chbosky3.jpgDans un autre billet, je relevais en effet ce à quoi certains censeurs s'opposaient, et citait entre autres les jurons qu'un lecteur courageux de Pas Raccord de Stephen Chbosky avait fidèlement notés (attention, âmes sensibles s'abstenir...) : "Swirlie, A**holes, F**king, Hell, A**hole, smear the queer, cut and hunky, blow queen, knocked up, J****, b***hy dyke, bulls**t, bulls**t, Jesus, S**t, “I swear to G**, took a dump, blow job, F**k, f**ked-up, J****, F**king, G**, f**king freak, Faggot, G**, Faggot, Bulls**t, G**, F**k, F**k you, F**k you, f**king bastard, Pr**k, Hell, Pu**y, J****, Pu**y, A**hole, G**, Hell"...
    Non par plaisir (?), mais pour conseiller aux parents de ne surtout pas laisser cet ouvrage entre les mains de leurs adolescents et de s'opposer à ce que ce roman soit étudié en classe, par exemple. Le procédé consistant à dissimuler certaines lettres (plus malsaines que d'autres ?) frise évidemment le ridicule, car on reconnaît sans peine "God" ou autre "Fuck" (alors que d'autres termes, comme "Blow queen" ou "Faggot", ne bénéficient pas du même traitement - peut-être n'ont-ils pas été jugés suffisamment insultants ?)

    Plus sérieusement, les groupes de pression (associations de parents, communautés religieuses menant parfois de véritables croisades, etc.) sont généralement plus "efficaces" aux USA, et parviennent régulièrement à faire interdire certaines lectures par les conseils d'administration des établissements scolaires, qui préfèrent obtempérer plutôt que de donner raison aux enseignants. Pourtant, en France, on trouve çà et là des exemples assez frappants, qui surviennent plus souvent qu'on le croit.

    Une affaire relatée l'an dernier par Anne-Sophie http://www.lalettrine.com/article-6963542.html, que j'ai trouvée de ce côté-ci http://lescorpsempeches.net/corps/?p=169 ; une autre forme de censure, institutionnelle, comme relatée ici...

    http://www.ala.org/ala/oif/bannedbooksweek/bannedbooksweek.cfm

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  • Une couleur à part

    macouleur3.jpgMa couleur de Catherine Leblanc & Sophie Charpin (illustrations), éditions Balivernes

    Fathi, bouleversé par la séparation de ses parents, a perdu sa « couleur de famille », sa «couleur d’enfant » ; il se cherche, ne se retrouve plus, et seule une question le taraude à présent : « De quelle couleur je suis ? » ; une question qu’il pose à tous ceux qui l’entourent (au point d’exaspérer sa mère) sans entendre de réponse satisfaisante, ni dans la famille de son père, ni dans celle de sa mère, ni à l’école… Noir, blanc, chocolat, couleur de poussière ou couleur « de crotte » (selon certains camarades de classe…) ? En tout cas, il sait qu’il n’est pas couleur « lait tourné », contrairement au nouvel amoureux de sa mère...

    L’écriture sobre et sereine de Catherine Leblanc retranscrit à merveille cette quête identitaire et les tourments d’un petit garçon attachant, déboussolé par des événements sur lequel il n’a pas prise ; Ma couleur explore avec finesse un drame intime que les enfants ont parfois du mal à mettre en mots : comment accepter qu'un univers confortable, construit autour d'un couple que l'on croit inséparable, s'écroule ainsi ? Et dans ce cas, comment se positionner face à cette cassure ? Mais c’est d’abord la poésie des mots (et le symbolisme des couleurs – en réalité très relatif… comme le montrent les réponses des différents protagonistes) que l’on retiendra, associée aux douces illustrations sépias et pastels de Sophie Charpin, qui s’accordent aux sentiments (et aux couleurs changeantes...) du jeune narrateur.

    Un court roman où tout est parfaitement dosé – un peu de mélancolie, du chagrin, quelques pointes d’humour et de bonheur, de la musique et des clowneries, et un dénouement où l’on découvre un Fathi métamorphosé, joyeux et réconcilié avec la vie, avec lui-même, avec le principe de réalité, mais aussi avec sa double identité franco-malienne, qui fait de lui un être unique parmi d’autres êtres uniques.
    Une ode à la différence, à la diversité, qui développe habilement l’idée, en filigrane, qu’il faut apprendre à se séparer (de ses parents, de son enfance…) et à accepter les séparations des autres pour, finalement, grandir…
    (B. Longre)
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  • L’Amérique-Monde

    festivalamerica08.jpgLe 4ème festival America se déroulera à Vincennes du 26 au 28 septembre 2008 autour du thème de l'Amérique-Monde.

    "Bon nombre des auteurs présents cette année ne sont pas nés en Amérique du Nord. Ils sont parfois porteurs d’une double ou d’une triple culture : celle de l’endroit qu’ils ont quitté et celles de leur patrie d’adoption avec ses multiples facettes. Tous partagent une vision de la littérature qui transcende les clivages et les frontières, dénonce les totalitarismes et les injustices, observe les hommes et leurs sociétés. Leurs oeuvres s’emparent littéralement de notre monde et, qu’elles résonnent d’échos africains, européens, asiatiques, sud-américains ou nord-américains, c’est toujours de nous-mêmes qu’il s’agit, comme si nous étions finalement conviés à un extraordinaire brassage des cultures et des identités, à un « métissage de l’esprit » qui serait l’enjeu premier de cette mondialisation souvent tant décriée."
    Philip de la Croix et Francis Geffard, fondateurs et organisateurs.

    http://www.festival-america.com

    Des dizaines d'auteurs présents, dont Lyonel Trouillot, Anosh Irani, Peter Cameron ou encore Jordi Soler.

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