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  • La vie rêvée de mademoiselle S.

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    La vie rêvée de Mademoiselle S. roman de Samira El Ayachi, dans la collection Exprim des éditions Sarbacane.

    Rêver pour vivre et vice-versa

    Entre deux eaux, Salima a bien du mal à réconcilier son présent et ce qu’elle éprouve (et laisse rarement sortir) – ses frustrations, sa lassitude face aux pressions qui viennent de toutes parts, ou tout ce qu’elle n’ose espérer vivre un jour. Fille d’immigrés marocains, issue d’un milieu modeste, la jeune lycéenne de terminale, pétrie de contradictions, semble ne plus savoir quelle route emprunter : certes, elle reconnaît la valeur de son travail scolaire et ses camarades lui en savent gré (profitant de « la » bonne élève comme bouée de sauvetage), tout comme ses professeurs (qui peuvent compter sur elle quand les autres les désespèrent…), mais Salima reste pourtant lucide sur la finalité de ce qu’elle apprend au lycée. Simultanément, cette étiquette d’élève brillante et consciencieuse (« dans le système, attrapée docile », dit-elle) lui pèse tout autant que certains rituels familiaux qui l’ennuient ou les incitations à « continuer ainsi » de ses parents qui veulent lui assurer le meilleur avenir possible. Alors, quoi faire ? Chercher un petit boulot ? Entrer dans la vraie vie ? Oui, mais comment ?

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  • Salons

    Quelques rendez-vous à retenir

    3cc0d3fd2046ebbde211c044442e93c1.jpgLe 8è salon PETITE EDITION JEUNE ILLUSTRATION se tiendra du 9 au 11 novembre au Château de Saint-Priest (69), une manifestation qui est devenue un rendez-vous des amoureux des livres de jeunesse et de l’univers de l’édition indépendante. L'occasion de croiser les univers de petites maisons d’édition novatrices et d’illustrateurs originaux.

    a8b26216dbd20979b81054db7548e6b2.jpgL’association L’autre livre organise, en partenariat avec le Secours populaire, le 5ème Salon de L’autre livre, sur le thème de la solidarité, du vendredi 7 au dimanche 9 décembre 2007 de 10h à 20h, à la Maison des métallos (94 rue JP Timbaut, Paris 11e). Une centaine d'éditeurs présents. dont l'Atelier du gué
    Plus d'informations.

    604d88341250e537491d16f73a9efb12.jpgDu 28 novembre au 3 décembre 2007, Salon du  livre et de la presse jeunesse de montreuil.
    Invité cette année, le Royaume-Uni.
    Site officiel

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  • Salon du livre de Lyon - quelques éditeurs

    Place aux Livres ! salon National du Livre en Région, réunit depuis quelques années tous les professionnels de la chaîne du livre : auteurs, éditeurs et libraires qui s’unissent pour offrir aux Lyonnais la plus belle librairie de la Cité. Fort de son succès en 2003, 2004, 2005 et 2006 le Salon du Livre prend de l’ampleur et poursuit son ouverture aux régions francophones, entamée en 2006 avec la participation du Québec.
    Lyon, du 9 au 11 novembre 2007 - Place Bellecour
    http://www.salonlivrelyon.com

    Plusieurs éditeurs venant d'autres régions sont invités, dont les éditions du Chemin de fer, qui proposent des ouvrages soignés, qui allient art et littérature, D'un Noir si Bleu, éditeur de nouvelles, ou encore les éditions du Jasmin, spécialisée en jeunesse, mais pas seulement... Quelques présentations d'ouvrages qui méritent le détour, ci-dessous.

     

    ce7b1aa68b0ad77a4f2de9049972aab3.jpgOn a marché sur la tête de Marie Le Drian, vu par Raphaël Larre, Editions du chemin de fer, 2006

    Les éditions du chemin de fer ont la particularité de proposer des textes de fiction d’excellente qualité, accompagnés d’illustrations ; des ouvrages format poche qui mettent en vis à vis deux univers expressifs, l’un langagier, l’autre visuel, parfois contrastés ou d’autres fois en symbiose, comme ici avec les croquis décalés de cimetières de Raphaël Larre ; Albert-Léonard, un vieux célibataire, a en effet décidé, de son vivant, d’organiser ses funérailles. Il fait appel à une entreprise de pompes funèbres moderne et organisée, qui lui envoie une commerciale chargée de monter le contrat… La narration est à la première personne mais ce court récit enlevé, un long dialogue ponctué de réflexions en aparté d’Albert-Léonard pourrait tout aussi bien être adapté pour le théâtre. La naïveté, la circonspection et l’étonnement du futur décédé face aux complexités inattendues de cet arrangement amusent beaucoup et la froideur détachée (toute professionnelle) de l’employée permet de mettre en exergue l’acidité et l’ironie qui se dégage de la démarche même du « vieux gars ». Une nouvelle pour plaisanter d’un sujet grave et rire des absurdités des vivants face à la mort. B. Longre (mars 2007
    http://www.chemindefer.org

     

    819aa456d0c643cc4ea9c1e7a6e06fb7.jpgLa Mosaïque du fou de Sylvie Huguet, D’un Noir si bleu, 2006

    En dix nouvelles, Sylvie Huguet nous fait traverser bien des mondes intimes, et rencontrer des personnages solitaires qui tous ont en commun un certain penchant morbide, une tendance à se rapprocher inéluctablement des portes de la folie ou à y sombrer sans espoir de rémission. La plus terrifiante de toutes est peut-être Le Cri, le récit d’une emprise, quand la fascination (fatale) que le narrateur éprouve pour le célèbre tableau de Munch l’incite à se rendre à Oslo. D’autres récits, souvent en lien avec l’art, basculent dans le fantastique ou l’hallucinatoire, telle La dernière toile ou Agonie. On s’arrêtera aussi sur une série de brefs tableaux intitulée Névroses, qui illustre différentes pathologies, en écho avec Camouflage, l’histoire d’un effondrement psychique. Des histoires grinçantes ou glaçantes, mais toujours réjouissantes, qui parlent avec finesse de l’angoisse d’être humain et de celle de la mort, toujours présente en creux, au cœur des choses. B. Longre (déc. 2006)
    http://dnsb.chez-alice.fr

     

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    Papa-barque de Magali Turquin et Yan Thomas - Editions du Jasmin, 2007

    Papa invisible

    Magali Turquin, qui dédie cet album à son « père pardonné », donne ici la parole à un enfant « né sans papa ». C’est en tout cas ce que prétend la mère, bien décidée à élever seule son petit garçon. Mais celui-ci n’est pas dupe, et pour combler le vide qu’il ressent, il s’invente l’histoire d’un « papa seul », un papa-barque qui aurait « une ancre énorme à la place du cœur », un poids qui l’empêcherait d’avancer et de venir le retrouver. Dans l’incapacité de se confier à sa mère, il se parle à lui-même, s’interroge sur l’absence et le manque, sur l’histoire de ses parents... Lire la suite
    http://www.editions-du-jasmin.com

     

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  • Revue Brèves n° 83

    aa605ea5d9346ddd3129a07f433265d9.jpgA l’occasion des Belles Etrangères 2007, la revue BRÈVES présente deux écrivains libanais.

    RACHID EL-DAÏF témoigne du dynamisme d’une littérature qui puise à la fois dans le patrimoine arabe et dans une large ouverture aux cultures du monde ; une nouvelle inédite, traduite de l’arabe par Franck Mermier.
    ZEINA ABIRACHED, illustratrice et créatrice de bandes dessinées conjugue la recherche graphique et le témoignage sur la vie des habitants à Beyrouth pendant la guerre. Elle capte ainsi des petits moments de vie au centre de la grande histoire.

     

    Ce numéro revient aussi sur le dossier Nouvelle-Zélande et poursuit le dialogue entamé au cours des Belles Etrangères 2006 avec « Retour au pays du long nuage blanc » avec PATRICIA GRACE dont on lira deux nouvelles inédites et un entretien. Patricia Grace, née en 1937, encore peu connue en France (un seul roman est paru en 1993 aux éditions Arléa, Potiki) écrit depuis près de trente ans. Voici ce que je disais (il y a quelques années en arrière...) de son roman Cousins (paru en 1992 en Nouvelle-Zélande).

     

    af00ae6c856014b0abcb50bce4b637fe.jpgCousins de Patricia Grace (Penguin NZ / The Women's Press)

    Trois cousines aux parcours différents mais partageant des racines communes : Mata, élevée dans un orphelinat, déracinée, séparée de sa famille maori, passive et résignée ; Missy, qui grandit sur les terres de sa grand-mère malgré le rejet de cette dernière, mais qui sauvera l'honneur de son clan ; enfin, Maraketa, choyée et servie, prisonnière des espoirs de la famille, mais prête à tout pour s'échapper.
    Ce roman retrace les histoires de trois femmes, des Maoris avant d'être néo-zélandaises. Patricia Grace, première auteure maori à avoir été publiée en 1975 (Waiariki), tisse ses récits autour de sa culture, ses rituels et ses chants, mais aussi autour de la douleur et des difficultés à vivre d'un peuple souvent oublié et rejeté. Les différents récits se séparent et se recoupent, et les chemins de ces trois femmes se croisent si subtilement qu'on a parfois le sentiment de lire des nouvelles. Ces histoires féminines ne sont pas sans rappeler les romans de la Canadienne Margaret Atwood (par la façon dont sont analysées les relations entre les personnages), les nouvelles de l'Indo-Américaine Chitra Divakaruni (la difficulté de vivre entre deux cultures), ou encore les romans de Toni Morrison (dans le traitement des relations entre les communautés, les oppresseurs et les opprimés) : une littérature qui dépasse les frontières néo-zélandaises et maoris, et qui nous parle de l'humain.

    Patricia Grace

    voir la présentation de Brèves n° 79 - à l'occasion des Belles étrangères 2006

    voir la présentation de Brèves n° 82

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  • Miniatures

    b89654156e86ebb3b79ae93ac126d4f4.jpgMiniatures de Youssouf Amine Elalamy - Editions Hors'champs (Casablanca)
    prix 12 €, Maroc 65 dh

    Portraits collés

    Recueil atypique et stimulant, Miniatures se compose de cinquante portraits hétéroclites, graves et/ou légers, de brefs tableaux vivants qui renforcent l'idée shakespearienne de l'existence comme une scène (l'auteur avouant en introduction aimer "l'idée d'un livre qui se donne en spectacle") sur laquelle se démènent des personnages pathétiques, amusants, effrayants ou tragiques, à tous les âges de la vie, issus de toutes catégories sociales : on y croise une comédienne obnubilée par le rôle d'Ophélie au point d’en mourir, un journaliste partageant une cellule avec de "vrais" criminels, le seul "trash artist" marocain, un jeune publicitaire sans scrupules, une institutrice battue par son mari et qui maltraite à son tour ses élèves, un enseignant islamiste "hypocrite pratiquant", un foetus ignorant du sort social qui l'attend, une secrétaire qui rêve de romantisme, une fillette que son grand frère rejoint la nuit, un "diplômé-chômeur", un cyber-dragueur, une jeune prostituée, un apprenti kamikaze qui rêve d'un glorieux destin... La société marocaine est ici passée au crible d'une plume acide et réjouissante, faussement neutre, et la satire n'est jamais loin, même lorsque l'auteur se contente de raconter très factuellement, avec un détachement délibéré, et d'accumuler des visions juxtaposées dévoilant avec acuité l'absurdité du monde et les contradictions de la condition humaine en général.

    Saynètes satiriques teintées d'un cynisme amusé, ces Miniatures de Youssouf Amine Elalamy révèlent donc les petits et les grands dysfonctionnements d'un monde entre tradition et modernité, saturé d'images contradictoires et de miroirs déformants, un monde qui oscille entre désespoir (lié au chômage, à la misère sexuelle, aux rapports faussés entre les hommes et les femmes...) et enthousiasme pour des progrès technologiques factices qui apportent un réconfort dérisoire et purement matérialiste ; l'auteur, ne pouvant prendre parti pour l'un ou pour l'autre, rejette avec la même intelligence et la même force à la fois les hypocrisies de l'obscurantisme traditionnel et la misère morale et/ou sociale qui l'accompagne, et la vision d'une humanité manufacturée et posée sur papier glacé — à l'image de Rochdi, ce golden boy qui imite maladroitement le modèle américain, de Btissam, une étudiante qui, ayant posé pour la couverture d'un magazine féminin, est maintenant prise au piège de sa propre image, ou de Soraya, qui "ne peut survivre sans porter de masque", victime d'une "crise de masquillage aiguë"...

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