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Kaléidoscope

Far West / Extrême-Orient, de Philippe Testa, éditions Navarino

 

« Les aéroports sont des sas d’accès au monde, les points de départ des routes aériennes. C’est là que le voyage commence et que l’attention s’éveille. »

 

Ces quelques mots ouvrent un carnet de voyage atypique et fragmenté, des USA au Vietnam en passant par le Japon, mais les saynètes à la fois dépaysantes et triviales qui le composent pourraient se dérouler, semble-t-il, dans une multitude d’endroits différents. L’auteur s’empare ici d’un matériau vivant (on rencontre en effet peu de passages sans présence humaine en leur centre) mais la plupart du temps, il s’efface devant les scènes décrites sur un ton laconique, minutieusement, cédant la place aux personnages, à des parcelles d’humanité qui, accumulées, forment un kaléidoscope déroutant et d’une grande justesse, des instantanés de la banalité ordinaire qui ne durent parfois que quelques secondes et possèdent une qualité quasiment cinématographique.

Les impressions fugaces se succèdent, de motels en fast-foods, d’hôtels-capsules en autoroutes, de gares routières aux trottoirs des villes, fresque presque irréelle, à l’image de ces « collines passées à la couleur artificielle, le ciel trop profond pour être vrai ». Tout se déroule dans des cadres à la topographie clairement établie pour chaque texte, des décors qui varient peu, envers de cartes postales destinées aux touristes, tableaux que la plupart des voyageurs remarquent rarement et retiennent encore moins une fois de retour. D’où l’importance essentielle accordée au regard en éveil : œil impassible (en accord avec le ton adopté) mais acéré du voyageur que plus rien ne semble étonner, qui parcourt des kilomètres, de Santa Barbara au Mississippi, de la Caroline du Nord à Kyoto, de Saigon à Hô Chi Minh-Ville et observe ce qui l’entoure, comme des débuts d’histoires à imaginer.

(B. Longre, août 2008)

 

http://www.navarino.ch

Lien permanent Catégories : Critiques, Littérature francophone 3 commentaires 3 commentaires

Commentaires

  • Si j'avais du pognon, moi aussi j'irais dans les aéroports et de ville en ville, et je rapporterais exactement le même genre de commentaires. Quant à ceux qui ne remarquent pas les "petites choses insolites", ils ne lisent pas ce genre de livre, ils ne lisent d'ailleurs pas du tout. Donc, donnez-moi du pèze, et je vous en ponds un aussi, de bouquin comme celui-là. J'en ai d'ailleurs chez moi, de ma main. Donc je n'achète pas. Merci cependant de votre critique et de votre honnêteté.

  • Je ne connais pas ce livre mais l'adage: "la jalousie est un vilain défaut"...
    Le talent est aussi au bout de la plume, l'oeil ne suffit point.

  • Merci, Pascale, je n'osais le dire...

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