2008.12.13

Le VV sur les ondes...

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L'émission Mauvais genres, ce samedi 13 décembre de 21 à 22 heures sur France Culture, sera consacrée à Gaston Leroux, Fu Manchu... et à la revue Le Visage vert. Avec la participation d'Anne-Sylvie Homassel (membre de la rédaction du Visage vert et traductrice des aventures de Fu Manchu chez Zulma).

 

Le numéro 15 du Visage Vert est en cours de lecture de mon côté, et j'y ai déjà découvert quelques auteurs dont les histoires, pour la plupart glaçantes, sont à leur place dans cette parution intitulée "Hantises et malédictions".

On lira entre autres Le Succube de Jules Bois (1868-1943), où libido et mortido sont indissociables. Bois, ami de Huysmans, journaliste, féministe, versé dans l'occultisme, y relate comment la victime masculine, peu à peu, se laisse posséder par le démon qui a pris les traits de sa compagne décédée ; et le récit se fait plus décousu, le style plus saccadé à mesure que le narrateur bascule dans un état fébrile, engendré par ses terreurs...

D'autres scènes propres à générer quelques plaisants cauchemars composent N° 252, rue Monsieur-le-Prince de Ralph Adams Cram (auquel Michel Meurger consacre un dossier stimulant), une histoire de fantôme (et de maison hantée) atypique, aux révélations imprévisibles ; tout comme La vallée morte, du même auteur, au début de laquelle le narrateur nous met en garde : "des histoires qui deviennent, alors que la nuit court à son plus profond, et que le feu s'affaisse, de plus en plus étranges, de moins en moins crédibles ; mais je les tiens, moi, pour vraies." Une façon de souligner le pacte narratif qui s'instaure entre l'auteur et son lecteur, invité à jouer le jeu et à entrer dans des mondes imaginaires oppressants - pourtant fort vraisemblables...

 

On lira aussi les autres nouvelles qui composent ce numéro,  signées Jean Cassou (avec un dossier d'Eric Vauthier), Leopoldo Lugones, Anne-Sylvie Salzman, Norbert Sevestre, etc.

 

Le Visage Vert, revue de littérature, n° 15 (éditions Zulma, responsable de la rédaction : Xavier Legrand-Ferronnière)

2008.09.03

Monopole...

On nous annonce une nouvelle émission littéraire sur France 5.

" En direct et en public, à partir du jeudi 4 septembre 2008 à 20h35, François Busnel prend les commandes de l’émission La Grande Librairie.
« Donner l’envie et le plaisir de lire au plus grand nombre », telle est l’ambition de France 5 avec ce nouveau rendez-vous littéraire, qui sera bien sûr une invitation à se rendre en librairie. Chaque jeudi en plateau, quatre écrivains, français ou étrangers, connus et moins connus, seront présents afin de partager leur passion du livre. Débats, tête à tête, portraits des écrivains, cartes blanches à des libraires, décryptage du palmarès des meilleures ventes... c'est toute l'actualité littéraire qui est passée en revue."

Toute ?

http://www.france5.fr/programmes/articles/arts-et-culture...

2008.05.13

Inaperçus ?

Parmi les centaines de titres qui paraissent chaque année, comment offrir davantage de visibilité à des ouvrages littéraires injustement oubliés par les médias (j'en ai quelques-uns sous le coude), par les lecteurs (que personne n'a informés ou qui ne les ont pas trouvés en librairie) ou par les prix (certains relevant de stratégies dont nul ne devrait être dupe...) ? Une modeste solution, justement, peut consister à inventer un prix littéraire différent, déontologiquement crédible, avec jury tournant de professionnels et de lecteurs tout court, et sélection de titres dont personne ou presque n'aurait parlés. Nous avons dit : le prix de l'Inaperçu, imaginé par Nils C. Ahl, Benjamin Fau et Stéphane Rose, qui se montrent plutôt lucides en déclarant que :

(1) les prix font parler de livres dont on parle déjà.
(2) les prix font vendre des livres qui se vendaient sans eux
(3) les prix récompensent un nombre non négligeable d’ouvrages qui n’auront pas d’autre postérité que celle de figurer dans des listes à la fin des dictionnaires ou des anthologies (et encore, pas dans toutes).

Il arrive qu'un prix fasse vendre davantage, mais ceci n'est pas toujours vrai. Il arrive aussi qu'un prix permette de découvrir un travail singulier, ou du moins dont les médias n'avaient pas relevé la valeur, mais c'est plutôt rare. De même, la plupart des ouvrages primés ne passent pas la postérité (une qualité certes difficile à déceler). Bref, nous sommes d'accord sur le fond.

Ainsi, les ouvrages admis à concourir doivent réunir trois conditions :

(1) ils n’ont pas reçu plus de deux ou trois revues critiques
(2) leurs ventes n’ont pas dépassé le millier d’exemplaire (plus ou moins)
(3) alors qu'ils l’auraient bien mérité.

Un nouveau prix littéraire, penserez-vous ? Oui, encore un. Mais pourquoi pas ? Surtout si les louables intentions décrites ci-dessus se concrétisent (et elles sont en passe de l'être, le prix 2008 devant être remis en juin, dans les catégories fiction francophone & étrangère), histoire d'entendre parler d'autre chose que du dernier livre de la mère d'un tel ou du nombril d'un autre (voir à ce propos les réflexions de bon sens de Thierry Guichard, lassé d'une certaine actualité qui se voudrait "littéraire"). Un pari certes risqué en ces temps de conformisme (où on vous regarde de travers - du moins avec étonnement - si on n'a pas lu le dernier truc de machin ou le dernier machin de truc - je me comprends.) et de matraquage médiatique, mais dont l'objectif premier est d'aider certains livres à rencontrer les lecteurs qu'ils méritent (et qui les méritent). Une affaire à suivre, les deux listes devant être publiés sous peu.

Tout est là http://www.prixdelinapercu.fr/

2008.03.27

Du rôle des (vrais) blogs littéraires

Lu sur le blog de Christian Cottet-Emard (qui fête ses trois ans d'existence - le blog, pas l'auteur...)
http://cottetemard.hautetfort.com/

"Internet peut apporter beaucoup à la diffusion de la littérature, beaucoup plus en tous cas que le circuit habituel de l’édition et de la presse écrite car celles-ci font presque toujours la promotion des mêmes auteurs et des mêmes éditeurs. À cet égard, internet prend le relais, avec une puissance considérable, des médias alternatifs des années soixante-dix du siècle dernier."

En écho, le point de vue de François Bon, qui réagit à l'enquête (si on peut dire...) portant sur les "blogs littéraires", parue dans le dernier Magazine Littéraire : "Alors que valent les blogs littéraires ?, demande le Magazine littéraire : mieux que vous, j’allais répondre… Quelque chose déjà a basculé, sinon d’ailleurs ils ne se donneraient pas la peine de parler de nous."

Christian Cottet-Emard est l'auteur, entre autres, du Grand Variable (Editinter) - Lire l'article de JP. Longre, paru sur Sitartmag en mars... 2002.

2008.03.15

Il y a plus à plaindre...

978563609.jpg...que les libraires français - que la loi sur le prix unique du livre protège encore un peu. Car si l'on se penche sur ce qui se passe entre autres aux USA depuis l'avènement de sites marchands qui cassent les prix, on se dit que la situation française est loin d'être catastrophique. La preuve en est : L'American Booksellers Association comptait 4500 membres il y a une quinzaine d'année. Moins de 2000 aujourd'hui...

Tout est , dans le détail, à partir du témoignage d'un libraire indépendant qui fermera bientôt boutique. Selon le journaliste du New York Times : "Village bookstores across the country have been dying at an astonishing rate. According to Oren Teicher, chief operating officer of the American Booksellers Association, the organization had 4,500 members in the early 1990s and now has fewer than 2,000, with 200 independents closing every year, though he said the decline has leveled off. "

2008.03.07

Pour l'anecdote

Comment la presse anglophone a-t-elle traduit l'énoncé (désormais digne des annales) : "casse-toi pauvre con"...

Au choix : « Fuck you, prick »  « sod off, bloody idiot » « get lost, dumb ass » ou encore « get lost then you bloody idiot, just get lost! »...

En prolongement, une étude (sérieuse !) sur l'insulte en politique

2008.01.19

Libraires en danger ?

Deux points de vue divergents sur la librairie et le prix des livres : l'article de Thierry Wolton paru hier dans le Monde, qui attaque (violemment selon Melico) les libraires, qui perpétueraient un "corporatisme désuet" , tout en défendant le fait que le site Amazon ne respecte pas la loi (malgré une condamnation en décembre 2007, qui l'oblige à ne ne plus proposer de frais de port gratuits).

Ensuite, un "Appel pour le livre", en réaction à cet article, lancé par Lekti-écriture, qui explique : "La politique commerciale très agressive de ce groupe [Amazon], qui demande des marges commerciales extrêmement élevées aux plus petits éditeurs, les fragilisant de manière excessive, afin de financer leur politique de frais de port offerts, menace de manière profonde la promesse d’une plus grande accessibilité au livre pour tous, sur l’Internet." et demande à ce que les politiques renforcent la loi Lang, tout en obligeant Amazon à respecter le jugement de décembre 2007...

On appréciera ou non les arguments de Thierry Wolton, qui met tous les libraires dans le même panier (selon lui, ils n'auraient plus le temps de conseiller leurs clients et ne sauraient plus ce qu'ils vendent...) et qui souligne (très égoïstement) que peu importent les moyens, seule compte la fin ("l'essentiel pour moi (...) est de pouvoir trouver quand je veux, où je veux, les ouvrages qui m'intéressent"), mais soulève en même temps deux points intéressants : les libraires sont "les principaux bénéficiaires de l'économie du livre" (ce qui est vrai) et "la seule profession commerciale à ne prendre aucun risque avec le produit qu'elle vend, puisque le libraire paye à l'éditeur les seuls livres qui lui ont été achetés, puis il lui renvoie le reste à ses frais" (le système des "retours" qui pénalise évidemment les éditeurs et, indirectement, les auteurs).

48b76c5f683c5fec6774184df43b30a9.jpgIl reste que l'Appel pour le livre, de bon sens, entend protéger la librairie indépendante, sans nécessairement rejeter la vente en ligne (Lekti la pratique depuis plus de deux ans, l'avantage étant que les livres partent d'une librairie non-virtuelle située à Albi).

A lire en prolongement : entretien avec Joël Faucilhon, fondateur de Lekti (octobre 2005)

2007.12.21

Matrice rectangulaire

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CADRE ET REGARD - Généalogie d’un dispositif, de Louise CHARBONNIER, Préface de Jean-Claude SOULAGES, Collection Histoires et idées des Arts, L'Harmattan, 2007

Loin d'être spécialiste, je me contente de reproduire la 4e de couv de l'ouvrage, qui vient de paraître : Rarement questionné, le dispositif iconique du cadre rectangulaire informe la plupart de nos images. La présupposition de la forme quadrangulaire est en jeu dans cet appareil d'énonciation visuelle qui semble avoir son origine dans l'instauration, à la Renaissance, du tableau moderne ou quadro. Verticalité, planéité, frontalité : le cadre rectangulaire implique des présuppositions qui conditionnent notre réception de l'image et notre vision du monde. Il assigne une place au spectateur qu'il tient à distance. Cette « couture » sémiotique esthétisante traditionnellement redoublée par le cadre-objet délimite un templum exclusif, faisant de la représentation un objet de contemplation. Un retour aux origines de cette matrice rectangulaire s'impose alors comme un prélude utile à toute étude d'image médiatique, fixe ou en mouvement, délimitée par un rectangle.

S'inscrivant dans un parcours transdisciplinaire, Louise Charbonnier est doctorante allocataire monitrice en Sciences de l'Information et de la Communication à l'Université Lumière Lyon 2 (ELICO, EA 4147). Ses recherches se concentrent sur le dispositif iconique de la photographie de presse où le rapport entre réel et fiction est à l'oeuvre.

On peut lire certaines de ses chroniques sur www.sitartmag.com

Sur Refreshing the screen, Livraison 5 (rhinocéros comme revue d’art contemporain, Rhinocéros, 2005), Les Rencontres d'Arles 2005, La Revue DITS - automne-hiver 2006. N°7 « Dépeindre », le photographe Andres Serrano, La Cage de Martin Vaughn-James (Les Impressions Nouvelles), ou encore sur La France d'en bas : Le graffiti dans le Sud (Hors collection - Editions Alternatives) - Pour les autres articles, il suffit de taper son nom dans le moteur de recherche interne.

2007.12.20

France Inter - Blogs à part

Alexandre Boussageon propose une chronique blog sur France Inter, du lundi au vendredi de 6h20 à 6h25. Si vous n'étiez pas levés ce matin, jeudi 20 décembre 2007, il est possible d'écouter l'émission (historique !) qui se trouve en ligne...

www.radiofrance.fr/franceinter/chro/blogapart/ind...

Je remercie France inter, évidemment (entre autres pour les compliments) Seul petit hic, ils ont confondu ce blog et Sitartmag. Le chroniqueur parle en effet de la revue littéraire tandis que j'ai répondu à des questions qui concernaient uniquement le blog... (Voilà pour ceux qui n'auraient pas compris - et il y a de quoi...) Bon, j'arrête de râler - car je suis malgré tout ravie !

2007.11.30

Bad Teachers ?

Le maire de New York, Michael Bloomberg, a mis sur pied une équipe de cinq avocats chargés d’aider les directeurs d’écoles à monter des dossiers contre les profs titularisés qu’ils estiment ne pas être à la hauteur de leur mission.

Si les enseignants titulaires ne remplissent pas les objectifs (notamment en termes de résultats scolaires des élèves), l’équipe de consultants aidera les avocats à réunir les documents permettant d’incriminer les profs considérés comme défaillants. Le plan coûtera 1 million de dollars par an à l’administration. Cette mesure s’inscrit dans la politique de notation des performances des écoles et des professeurs. La ville de New York compte quelque 80 000 enseignants du public. Les profs titulaires sont difficilement amovibles en raison de leur contrat les liant à l’administration et du code du travail. L’administration entend ainsi mettre un terme cette inamovibilité. Randi Weigarten, la présidente du syndicat des enseignants de la ville, la United Federation of Teachers, a fait savoir son « dégoût » quant aux méthodes de l’Education Department.
The New York Times, 15 novembre 2007.

(pour information, les enseignants sont déjà soumis à une période d'essai de 3 ans avant d'être titularisés.)

source - Courrier International du 28 novembre 2007.

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