2008.05.01
Le tatouage ? Pratique "barbare"
"Des révélations qui nous ont été faites on peut conclure que chez la femme le tatouage est pratiqué dans deux circonstances qui représentent, pour ainsi dire, le criterium de la déchéance morale de la victime de cette mutilation."
« Moins l'instruction est répandue et plus le corps de métier est, pour ainsi dire, fermé, plus les exemples se multiplient. Le sexe masculin occupe la première place, marins, militaires (surtout ceux qui vont aux colonies), forgerons, prisonniers, sont généralement tatoués. Il n'est guère de circonstances où il soit donné d'observer de nombreux cas de tatouages chez la femme. C'est, en effet, dans ce sexe, un indice néfaste pour la moralité du sujet. »
Citations extraites du premier chapitre d'un ouvrage (édifiant !) publié en 1899 et réédité par les éditions À Rebours : Du Tatouage chez les prostituées des Drs Le Blond & Lucas. Une curiosité que je vous invite à découvrir en lisant le bel article que Frédéric Saenen lui consacre : www.sitartmag.com/tatouage.htm
Les éditions À Rebours
www.lekti-ecriture.com/editeurs/-A-Rebours-.html
Les clichés et les préjugés ont la vie dure, mais qui écrirait encore ainsi aujourd'hui ? L'Académie de médecine a pourtant rendu un rapport (décembre 2007), qui va dans le sens de la stigmatisation (c'est le cas de le dire)… L'extrait ci-dessous, à propos du tatouage et du piercing, concerne les adolescents, mais ces propos ridicules et alarmistes incitent à tous les amalgames et renforcent insidieusement les préjugés…
« Ces modifications corporelles, qui correspondaient d'abord à des camouflages avant de devenir un rite initiatique du passage de l'enfance à l'âge adulte, ont un lien avec certains modes de vie ou comportements sociaux. Elles traduisent plusieurs états : perception négative des conditions de vie, mauvaise intégration sociale, souci d'amélioration de l'image de soi, précocité des rapports sexuels avec grand nombre de partenaires, homosexualité, usage de drogues et consommation d'alcool, activités illicites et appartenance à un « gang », mauvaises habitudes alimentaires. »
Après les "sauvages", les prostituées, les illettrés, les marins ou les bagnards : les nymphomanes, les homosexuels, les boulimiques et les drogués... Amusant, non ?
(http://www.academie-medecine.fr/detailPublication.cfm?idR...
(couverture ci-dessus : Tribal Tattoo Designs from the Pacific de Maarten Hesselt Van Dinter - Mundurucu Publishing)
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2008.04.24
Les retourneurs d’idées
Revue Brèves n°84, janvier 2008
L'Atelier du Gué, revue trimestrielle
Des auteurs libres, des lecteurs libres
"Un livre n'est pas un évangile à prendre en entier ou à laisser. Il est une suggestion, une proposition - rien de plus. C'est à nous de réfléchir, de voir ce qu'il contient de bon et à rejeter ce que nous y trouverons d'erroné." (Kropotkine, 1909)
Les livres relatant, commentant, louant, commémorant (etc.) Mai 68 pullulent dans les librairies (et pas seulement libertaires) et puisqu’on se trouve en plein revival rebelle, parlons aussi du numéro 84 de la revue Brèves (créée en 1976 par Martine et Daniel Delort - « doyenne des revues de nouvelles », comme l’écrit René Godenne dans La nouvelle de A à Z – éditions Rhubarbe), consacré aux « retourneurs d’idées » : les écrivains anarchistes de la fin du XIXe siècle. L’anarchie, un « mouvement qui va le mieux permettre aux écrivains de concilier engagement et liberté » (nous dit Caroline Granier dans sa lumineuse introduction), très loin de toute idéologie figée, du dogmatisme et de la langue de bois des politiciens (de droite ou de gauche), et les amener à transmettre et à s’engager par le biais de leurs écrits, prenant conscience du rôle « social » de l’écrivain mais aussi de son indépendance, vis-à-vis des pouvoirs en place ou de leurs pairs.
Il ne s’agit pas, en effet, d’un « mouvement » littéraire unifié, même s’il est possible de « cerner un ensemble de tentatives, de réalisations, dont le projet vise à ne pas séparer la littérature des autres manifestations de la vie. » Littérature de réflexion et de lutte, donc (qui doit cependant éviter l’écueil de la propagande) mais aussi d’émotions (plus parlantes que les grandes théories), les écrits de ces « retourneurs » ou « stimulateurs d’idées » incitent les lecteurs à s’affranchir des « fictions sociales » et de la domination en général (celle du capital, de l’économie ou des arbitraires), en s’appuyant sur des histoires, des contes ou des fables, mais aussi des chansons, du théâtre, des romans et, bien évidemment, des nouvelles… dont un échantillonnage est proposé dans ce numéro, de Florentine, de Georges Darien, aux Vampires de Louise Michel (un récit où nécrophagie, faits divers et injustice sociale sont mêlés), sans omettre L’arrivée du colon d’Isabelle Eberhardt (une voyageuse dont on lira une autre nouvelle dans l’anthologie d’Eric Dussert, La littérature est mauvaise fille), Le Noyé de Victor Barrucand (un texte très moderne par sa forme oralisée), ou encore des auteurs plus connus, comme Octave Mirbaud ou Jules vallès.
Eric Dussert, de son côté, s’est penché sur le cas de l’énigmatique Flor O’Squarr, qui relate, dans Sous la Commune, une histoire d’amour non moins énigmatique (où une jeune femme refuse de se donner à son amant à moins de se sentir en danger…) et dont le livre documentaire, les Coulisses de l’anarchie (1892), s’est vu d’emblée fermement critiqué par les vrais anarchistes. Pour clore ce numéro spécial, un hommage est rendu à la revue « d’art et d’humeur » Le Fou parle, créée en 1977 par Jacques Vallet, Albert Meister et Philippe Ferrand, et disparue en 1984, dans un dossier dédié à cette aventure collective en marge, forcément dérangeante, qui se revendiquait du courant libertaire.
(B. Longre)
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17:00 Publié dans Liberté d'expression, Littérature francophone, Luttes, Revues | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, anarchisme, revue brèves
2008.04.20
Un livre que je ne lirai pas... et d'autres que j'ai lus.
La fabrique, éditeur, m'informe de la parution d'un ouvrage intitulé Les filles voilées parlent. Jusque là, je n'ai rien contre, chacun est libre de s'exprimer, voilé ou non. Mais quand, en lisant la présentation de l'éditeur, on découvre que le voile serait "l'expression de la liberté", que certaines des intervenantes se disent "féministes" et que les témoignages proposés vont en sens unique (en gros : nous sommes stigmatisées par la société occidentale, tyrannisées par la laïcité - je schématise à peine -, "victimes de dénis de droit "), il y a de quoi être agacé. Des trois auteurs, Pierre Tevanian, Malika Latrèche et Ismahane Chouder, "deux sont des femmes voilées", tient à préciser la 4e de couv. (comme si cette seule caractéristique devait déterminer leur identité) ; on apprend aussi que la seconde est anciennement vice-présidente du collectif des « Féministes pour l’Égalité », tandis que la première s’investit dans « Une école pour tou-te-s » ("collectif né sous l'influence de Tariq Ramadan " précise Caroline Fourest qui nous a habitués à ses enquêtes et ses analyses rigoureuses). Quant à l'égalité, elle a bon dos, quand on lit sur le site qu'anime Pierre Tevanian, qu'un "débat non mixte" a eu lieu le samedi 29 mars à la Ligue des droits humains... cela se passe de commentaires.
Je ne remets pas en cause la sincérité probable des témoignages qui composent cet ouvrage (des jeunes filles ou des femmes désormais doublement victimes, à la fois de leurs manipulateurs et de l'opinion publique qui les considère d'un mauvais oeil). Mais au vu de la démarche et des revendications qui le sous-tendent (dont un relativisme culturel qui incite à toutes les dérives), je n'ai pas l'intention de le lire et vais plutôt me replonger dans Bas les voiles ! de Chahdortt Djavann (Gallimard) - un ouvrage décidément d'actualité, pourtant publié en 2003 ; lecture saine et lucide qui pourraient inciter les manipulé(e)s à échapper à leurs manipulateurs...
Elle écrivait déjà, non sans ironie : « Les femmes musulmanes qui ont pu s'en sortir grâce aux lois et à l'éducation républicaines et laïques de la France et qui aujourd'hui revendiquent le voile pensent-elles jamais à ces autres femmes, ensevelies sous le voile, qui dans leur pays n'ont aucun droit ?" (...) Peut-être un séjour dans un pays comme l'Afghanistan ferait-il le plus grand bien à celles qui se prétendent "libérées par le voile" ? Peut-être pourraient-elles faire partager leur "liberté" aux femmes afghanes ? », et précisait : « Après la révolution islamique en Iran, certains sociologues iraniens résidant en France ont fabriqué de toute pièce la théorie du "voile comme moyen d’émancipation". Les femmes tirées par les cheveux, jetées à terre, frappées dans les rues de Téhéran parce qu’elles ne voulaient pas porter le voile, ils ne les ont pas vues. » Et l'auteure sait de quoi elle parle : "J'ai porté dix ans le voile. C'était le voile ou la mort".
Après ça, cherchez les victimes... Aux intellectuels "tolérants" qui parlent de respect des "pratiques culturelles" et remettent en cause l'universalité des droits humains (sous prétexte qu'ils découleraient d'une volonté occidentale impérialiste...), on pourra répondre, avec C.Djavann, que le voile n'est pas un vêtement anodin, mais le symbole derrière lequel se dissimulent d'autres pratiques (excision, lapidation, répudiation, etc.), des valeurs sexistes, obscurantistes et la volonté (qui souvent, avance masquée, justement) de défier des valeurs (dont la liberté et l'égalité entre les genres) qu'on aurait tort de tenir pour fermement acquises. Depuis le début, ce "débat" est faussé par des revendications réactionnaires, car qui, aujourd'hui, militerait pour le retour des ceintures de chasteté ? Ou pour la dépénalisation de l'excision ? Cette dernière comparaison semblera sans doute exagérée, voire odieuse, à certains mais il faut être conscient que symboliquement, le voile n'est que la face visible de l'iceberg.
Justement, je découvre un petit ouvrage édité par Le Chèvre-feuille étoilée, à la fois documentaire et guide pratique, qui propose de nombreux témoignages : Entière, ou de la réparation de l'excision, de Marie-Noël Arras, préfacé par le Docteur Pierre Foldès. Ce dernier a développé la réparation chirurgicale de l'excision – une mutilation sexuelle dont le but (inavoué) est de contrôler la sexualité féminine (pour des raisons sociologiques, d’esthétique ou, là encore, religieuses), et qui touche encore 130 millions de femmes à travers le monde... Selon l'OMS, près de trois millions de fillettes seraient mutilées chaque année en Afrique (mais la pratique concerne aussi l’Egypte, l’Indonésie, le Pakistan, etc.) et environ 75 000 fillettes sont soit excisées, soit menacées de l'être en France, malgré les lourdes peines prévues par le code pénal. Cet ouvrage donne ainsi la parole à des médecins qui rencontrent régulièrement des femmes mutilées qui peuvent enfin dire leur mal-être et se « reconstruire » peu à peu, et on lira entre autres l'entretien avec Mahoua Kone, originaire de Côte d'ivoire, mutilée à l'âge de 8 ans, et aujourd'hui "réparée", qui raconte en détail la violence de cette pratique, la douleur physique et psychique qui s'ensuit.
En parlant d'acquis (malmenés), j'invite à lire Le droit de choisir de Catherine Gentile, qui se penche sur l’IVG en France et dans le monde (Syros, collection Femmes ! avec Le Planning Familial, 2008). Un ouvrage dont je reparlerai plus en détails mais qui recommande de rester vigilants, et propose entre autres un chapitre qui examine la position des religions (tous dieux masculins confondus) sur la question de l'avortement, et qui s'achève ainsi : « Une fois de plus, dans le domaine des droits des femmes, la plupart des religions sont un moyen de contrôle, un frein à leur émancipation, un relais de la transmission des rapports de domination qui les empêche de librement disposer de leur corps, de choisir le moment où elles auront un enfant. »
Pour prolonger la réflexion
extrait de Frère Tariq de Caroline Fourest (Paris, 2005, Grasset), très éclairant pour comprendre qui manipule qui, et en savoir davantage sur les liens étonnants qui existent entre l'islamisme intégriste et certains mouvements... féministes (oui, on aura tout vu !)
00:53 Publié dans Essais & non-fiction, Liberté d'expression, Luttes | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : édition, la fabrique, voile, chahdortt djavann, chèvre-feuille étoilée, excision, catherine gentile
2008.04.02
Hommage
Lire Olympe de Gouges, dans le texte et telle qu'Elsa Solal l'a imaginée.
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, d'Olympe de Gouges - Mille et une nuits
Révolution, émancipation, modération.
"Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas du moins ce droit. Dis-moi ? qui t'a donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ? ta force ? tes talents ? Observe le créateur dans sa sagesse; parcours la nature dans toute sa grandeur, dont tu sembles vouloir te rapprocher, et donne-moi, si tu l'oses, l'exemple de cet empire tyrannique."
Il y a plus de deux siècles, le 3 novembre 1793 exactement, Olympe de Gouges, née Marie Gouze, fut guillotinée : condamnée par le tribunal révolutionnaire pour avoir osé écrire, dans un dernier pamphlet, que chaque département devait pouvoir choisir sa forme de gouvernement (s'opposant ainsi à l'indivisibilité de la République) et pour avoir maintes fois critiqué l'extrémisme des révolutionnaires. Ce ne fut pas le moindre des écrits de cette femme de lettres et de cette âme résolument indépendante, en avance sur son temps. Coqueluche des salons à la mode et cercles littéraires, dramaturge engagée (on lui doit même une suite du Mariage de Figaro, Le mariage inattendu de Chérubin, 1786), elle est une figure de proue du combat pour l'émancipation des femmes et n'aura de cesse que de défendre l'égalité des sexes.
Ce combat perpétuel l'amène à rédiger un texte majeur, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. "Elle fait alors de l'écriture un véritable acte politique afin de prouver que les femmes peuvent être utiles hors de la sphère domestique, contrairement à la pensée du "fonctionnalisme sexuel" qui ne définissait la femme que par sa fonction biologique et lui refusait une raison abstraite indispensable aux activités de l'esprit", écrit Emanuèle Gaulier dans l'excellente postface de cet ouvrage. La mise en oeuvre de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 déçoit Olympe de Gouges, car en dépit de son caractère "universel", la question du vote des femmes et de leur libération n'est pas à l'ordre du jour : elle répond avec ce texte, calqué sur la première "déclaration" ; chaque article y est féminisé et énonce les droits naturels et raisonnables des femmes ; les femmes ont "le droit de monter sur l'échafaud", elles sont donc en droit de voter, d'être des citoyennes à part entière et de ne plus subir le joug d'un père ou d'un mari.
Directement inspirée par la philosophie des Lumières, cette féministe de la première heure se bat sur tous les fronts, avec bon sens et modération : elle dénonce l'esclavage, milite en faveur de la création d'un théâtre national pour les auteures, défend le droit au divorce et les droits des filles mères ou des prostituées. En 1791, elle propose un nouveau contrat social (Contrat social de l'homme et de la femme, publié dans cet ouvrage) dans lequel elle demandait déjà que les enfants puissent porter le nom de leur père ou de leur mère (en France, cette loi est entrée en vigueur au 1er septembre... 2003 !). "A la lecture de ce bizarre écrit, je vois s'élever contre moi les tartufes, les bégueules, le clergé et toute la séquelle infernale", prévoit-elle... Elle y prône aussi une "chaîne d'union fraternelle" entre femmes, qu'elles soient "femmes publiques" ou "femmes de la société".
La lecture de ce petit ouvrage courageux, qui n'a rien perdu de son bon sens et de sa valeur humaniste, donne à méditer, et l'on étudiera avec attention les articles VI ("toutes les Citoyennes et tous les Citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents.") et XIII ("Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, les contributions de la femme et de l'homme sont égales ; elle a part à toutes les corvées, à toutes les tâches pénibles; elle doit donc avoir de même part à la distribution des places, des emplois, des charges, des dignités et de l'industrie.") : on est en effet en droit de se demander si les avancées dans ce domaine ne pourraient pas encore être améliorées, pour le bien-être social de toutes et de tous... © Blandine Longre
Olympe de Gouges, une pièce d'Elsa Solal - Lansman Editeur
La subversion faite femme
« La diversité doit être le fondement du droit naturel universel. »
On parle beaucoup de Marie-Antoinette (en témoigne la fascination qu’elle exerce sur nombre d’artistes), mais relativement moins d’une autre guillotinée, elle aussi victime d’une révolution à laquelle elle avait pourtant activement participée ; elle mérite malgré tout davantage de célébrité que l’épouse de Louis XVI (qui elle s’est contentée d’être reine) – ne serait-ce que pour son humanisme universaliste. Porteuse d’un vrai message, Olympe de Gouges, plus révolutionnaire que ses bourreaux prétendaient l’être, fait figure d’avant-gardiste dans la défense des droits humains – ceux des femmes, des plus démunis, des esclaves… – en prônant un égalitarisme global qui lui valut sa tragique fin. La courte pièce d’Elsa Solal est une parfaite illustration de tout ce que fut cette militante emportée, insolente, opposée au fanatisme de Robespierre, toujours agissante et lucide ; « Je sais qui je suis », écrit-elle à son ami Louis-Sébastien Mercier depuis sa cellule de la Conciergerie, tandis qu’elle attend une parodie de procès.
En seulement cinq tableaux percutants, l’auteure brosse le portrait fidèle et saisissant d’une femme que rien n’a pu arrêter – pas même les appels à la prudence de Mercier alors que la Terreur bat son plein. Mercier a beau la supplier de se retirer de la vie parisienne, de faire profil bas et de renoncer à publier son dernier texte, Les Trois Urnes ou le salut de la patrie (qui remettait en cause l’indivisibilité du gouvernement), elle s’obstine, tout en ayant conscience « qu’on n'est pas maître de son sort ». La pièce est conçue comme un pamphlet (en abordant tous les chevaux de bataille de l’auteure de La Déclaration des droits de la femme), mais aussi comme une tragédie, selon le principe que nul ne peut échapper à son destin.
Ce texte (déjà été mis plusieurs fois en espace) a le mérite de brosser le portrait d’un personnage à part entière, singulier et attachant jusque dans ses discours politiques, tout en mettant en relief sa fonction d’iconoclaste éclairée dans laquelle s’incarne l’émancipation féminine des siècles à venir. © Blandine Longre
09:02 Publié dans Critiques, Essais & non-fiction, Liberté d'expression, Livres de chevet, Luttes, Théâtre - lire & voir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, olympe de gouges, féminisme, lutte, révolution, théâtre
2008.04.01
salutaire
Quelques mots sur l'article d'Anne-Marie Mercier portant sur un ouvrage fortement recommandé : Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ? signé Yves Citton (Editions Amsterdam, 2008). J'ai relevé entre autres ce paragraphe, essentiel pour qui voudrait comprendre ce qu'est la littérature et quelle mission elle remplit (au-delà du plaisir de la lecture) - un passage qui répond intelligemment à ses détracteurs (ceux qui ne voient dans les études littéraires - qu'on appelait pourtant les "humanités" - qu'un passe-temps superflu, inutile à la société d'aujourd'hui, car sans intérêt économique sur le court ou le long terme...)
"C’est à travers la littérature qu’une société s’inven






















































































































