2009.01.06
Dévorée...
Anne-Sophie Demonchy, fondatrice de La Lettrine et lectrice passionnée, explique pourquoi elle se sent dévorée par les livres... ou, plus précisément, dépassée par la rapidité avec laquelle les livres paraissent (et disparaissent aussi vite - ignorés par la critique, trop vite remplacés par d’autres en librairie, etc.), et parle de son incapacité (très compréhensible) à tout lire quand il s'agit de suivre une actualité galopante. Son billet, fort intéressant, m'incite à faire le point, ayant moi aussi un peu de mal à suivre le rythme... Car il ne s’agit pas seulement de lire, mais aussi de rendre compte quand on le souhaite et de le faire bien, si possible. Aussi, tout est question de choix. On peut certes s’imposer de lire un grand nombre de nouveautés (au risque de ne plus lire que cela) afin de coller à l'actualité éditoriale, mais il semble tout aussi essentiel et légitime de prêter attention à des livres ou des projets plus « anciens », quitte à ignorer des ouvrages que d'aucuns considèrent peut-être comme des passages obligés. Oui, il y aurait des livres « obligatoires »… (ce n’est pas moi qui l’affirme !) alors qu’on est en droit de les estimer contournables.
Autant l’avouer, parmi les centaines de romans de littérature générale parus lors de la dernière « rentrée », je n’ai dû lire que 4 ou cinq titres – et certains attendent encore. De même, je n'ai lu ni Millenium, ni Barbery, ni Littell, et je ne lirai pas le dernier prix des prix. Je passe certainement à côté d’excellents textes, j’en ai conscience – mais aussi à côté de beaucoup d’autres sans nul doute très moyens, vu la quantité de titres et la facilité de certains. Une abondance qui peut se faire oppressante (et dévorante, donc) si on n’y prend garde.
À dire vrai, je ne m’impose que ce que j’ai plaisir à découvrir (même si, comme le souligne fort justement Anne-Sophie, il arrive qu’on fasse erreur, mais cela fait partie des risques du métier), avec des critères de choix très variables, sans me laisser influencer (ou alors très malgré moi) par certaines médiatisations outrancières, par des sollicitations et relances diverses, ou par des argumentaires de presse parfois très élogieux (mais c’est de bonne guerre). J’aime suivre quelques auteurs, quand cela m’est possible, mais aussi aller fouiller du côté des livres dont on ne parle pas, que ce soit chez les « grands » ou les « petits ». N’oublions pas non plus que le temps est un facteur déterminant – ce qui explique en partie mes choix drastiques. Toutefois, n’est-il pas préférable de lire et chroniquer trois livres en prenant son temps plutôt que dix ou quinze en les survolant (une lapalissade, mais certains, en perpétuelle course contre la montre, ne le savent peut-être plus) ? Autant dire je n’ai (plus) aucun scrupule à parfois lire des ouvrages six mois (voire plus, voire moins) après leur parution et d’en rendre compte si j’en ai envie. On rétorquera que les livres ne sont plus disponibles en librairie au moment où j’en parle… on oublie qu’on les trouve sans peine sur les librairies en ligne habituelles, des mois ou des années après publication.
Tout ceci pour dire que je lis, oui, mais sans m’imposer plus de contraintes que j’en ai déjà et, surtout, en essayant de varier les plaisirs, d’un genre à l’autre, sans a priori. Anne-Sophie, de son côté, a décidé de changer quelque peu l’orientation de son blog en ce début d’année (mais qu’on se rassure, elle continuera de lire…).
10:12 Publié dans Lectures en cours... | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, la lettrine, lectures, parutions
2008.10.05
Ce que je lis...
Hormis quelques manuscrits en cours de lecture, je tâche d'avancer (lentement, il faut l'avouer) dans des ouvrages pour la plupart bien entamés ou sur le point d'être achevés (soyons optimiste...). Voici donc, très vite et en vrac...
Remington, roman de Joseph Incardona (Fayard noir), dont j'aime beaucoup le ton désenchanté, et dont le titre fait référence à l'outil de travail du narrateur...
Plus sombre encore, dans une autre collection "noire" : Vendeur de cauchemars d'André Benchetrit (DoAdo... noir, Le Rouergue), qui oscille entre réalité et fantastique.
Dans un tout autre genre, j'apprécie le style fluide et la narration déstructurée de Fenêtre sur l'abîme de Sumana Sinha, qui signe là son premier roman (Editions de la différence). Myriam présente l'auteure ici .
Du côté des essais, hormis celui-ci, je me suis intéressée à un ouvrage que les éditions Métailié remettent en vente : Signes d'identité, Tatouages, Piercings et autres marques corporelles de David Le Breton, dans la collection Traversées - l'occasion de me plonger dans une étude passionnante, où l'auteur analyse et commente, sans porter aucun jugement moral (ce qui, entre nous, change un peu).
De même, un autre ouvrage mérite un (large) détour : Portraits du jour de Marc Kravetz (Editions du Sonneur), dans lequel l'auteur a posé par écrit 150 de ses chroniques radiophoniques pour France-Culture. Pour faire le tour du monde (plusieurs fois de suite) en restant chez soi et profiter de l'érudition d'un grand reporter.
Je ne me risque pas à énumérer les nombreux albums jeunesse lus ces temps, ni même les ouvrages en souffrance ou qui attendent d'être chroniqués, néanmoins, je recommande un livre important, dont je parlerai prochainement : un récit publié aux éditions L'escampette et signé Jacqueline Merville (l'auteure, entre autres, de Black Sunday), Juste une fin du monde, véritable "traversée de l'insensé", presque irracontable - alors qu'il faut bien trouver les mots pour en parler.
Pour finir, je découvre aussi peu à peu les derniers numéros de la revue Lecture Jeune, qui traite de la lecture chez les adolescents et que publie l'association Lecture Jeunesse.
Parmi eux, un numéro consacré au monde virtuel(n° 126, juin 2008), qui propose une réflexion sur la place des blogs dans le quotidien des jeunes, sur l'impact des pratiques virtuelles sur les adolescents, confrontés (comme nous tous, mais peut-être davantage encore) à une nouvelle forme de socialisation.
Le tout dernier numéro (127) se penche sur le travail de l'auteure Valérie Dayre et propose toujours de nombreuses notes de lecture, portant sur des romans dont certains ont été évoqués sur ce blog.
(On peut lire quelques articles en ligne une fois les revues archivées sur le site).
02:27 Publié dans Critiques, Essais & non-fiction, Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lectures, romans, essais, revues, en vrac
2008.10.01
Tour d’horizon
De nombreuses lectures achevées et peu de temps pour en parler ces jours… Je tiens néanmoins à en dire quelques mots.
Du côté des romans, j’ai lu Je n’ai plus 10 ans (Neuf de l’Ecole des loisirs), de Thomas Gornet, dont j’aime beaucoup le ton et le style minimaliste – entre naïveté et sagacité. Dans ce récit en apparence paisible, ancré dans le quotidien, la parole candide, souvent littérale, du jeune narrateur est constamment en décalage avec les tensions ténues qui affleurent ; sa grande solitude face au monde adulte (qui rejette, parfois par déni, parfois en pensant agir pour son bien, les amorces de dialogue que le garçon tente de mettre en place) est palpable tout au long du roman, tout comme son désarroi. On pourra lire sur Sitartmag l’article que Madeline Roth consacre à ce roman destiné à un large lectorat.
http://thomasgornet.blogspot.com/
http://www.ecoledesmax.com/portail/
Amoureux grave d’Élisabeth Brami et de Philippe Lopparelli (T. Magnier, collection Photoroman) met en scène, avec une grande finesse, une autre solitude : celle d’un jeune homme, le temps d’un week-end – une solitude soudain troublée par l’arrivée d’e-mails dont l’expéditeur reste anonyme. Paul est un personnage très vraisemblable, construit avec soin, et l’on se sent proche de lui dès les premières pages ; il souffre d’être « la honte de la famille » parce que littéraire dans une famille de scientifiques, de devoir cacher ses angoisses à sa mère envahissante et de supporter des pulsions, pourtant fort naturelles, qui le mettent mal à l’aise. À travers l'étrange dialogue qui s’instaure via l’écran, Paul retrouve un semblant d’espoir – ou du moins de quoi avancer, temporairement. La manière dont Élisabeth Brami a su intégrer les photographies de Philippe Lopparelli au cœur même du récit est très habile et permet de souligner davantage encore leur présence. J’invite à lire le point de vue de Joannic Arnoi, plus élaboré que le mien.
Dans la même collection, on peut lire Les Giètes de Fabrice Vigne (qui se « réjouissait » ici de ce que certains « critiques » avaient pu en dire…), avec des photos d’Anne Rehbinder, ou encore Derrière le rideau de pluie de Guillaume Le Touze, photographies Michel Séméniako.
Dans un tout autre genre, j’ai lu le premier tome de la série Atlantis, L’Héritière, écrit à quatre mains par Christine et Madeleine Féret-Fleury (Hachette romans). L’écriture est d’une grande précision et l’histoire de la jeune Adel, qui s’enfuit de l’orphelinat où elle est maltraitée, est bien menée, ponctuée de multiples références à la littérature d’aventure, entre autres à Jules Verne. On apprécie le suspense, toujours ménagé, et la narration alternée – le parcours d’Adèle, entre deux mondes (le réel et un univers parallèle qui intrigue d'emblée), et la quête d’un inconnu prêt à tout pour mettre la main sur la fillette. Des énigmes, de multiples rebondissements, beaucoup d'inventivité, et une héroïne dont la naïveté première n'amenuise en rien ses côtés batailleurs.
On peut lire un extrait en ligne.
Quant à Une petite chance, de Marjolijn Hof (traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, Seuil jeunesse, collection Chapitre), cela faisait un moment que je souhaitais en parler. Un roman à la fois grave et léger, très audacieux dans son propos. On y découvre une petite fille aux prises avec des angoisses qu’elle tente d’apaiser en échafaudant des stratégies déroutantes, qui témoignent pourtant d’un sens logique étonnant. Une façon comme une autre de conjurer la mort possible de son père médecin, porté disparu. D’aucuns verront là une morbidité qui ne devrait pas avoir sa place en en littérature jeunesse… Est-il utile de répéter que la mort et son lot d’angoisses sont communs à tous ? Rien de malsain, en tout cas, dans ce court roman dont la justesse de ton est fort appréciable, car au-delà de la « thématique », l’auteure a donné vie à un personnage complexe, loin de tout stéréotype, que l’on découvre intimement à travers de nombreux dialogues bien menés et de menues anecdotes d’un quotidien qui se voit soudain bouleversé.
Justement, j’ai sous les yeux un ouvrage qui a retenu mon attention : Ces livres qui font grandir les enfants, de Joëlle Turin (Didier jeunesse, collection Passeurs d’histoires). L’auteure développe nombre d’analyses pointues à partir d’un matériau d’une grande richesse : l’album jeunesse. Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il n’est nullement question d’ouvrages didactiques ou formatés, mais de livres qui « ne s’embarrassent pas d’intentions pédagogiques explicites, de principes éducatifs affirmés et trop évidents, de propos lénifiants censés protéger le jeune lecteur de tout traumatisme. » Des albums dont les niveaux de lecture multiples font qu’ils sont pétris d’implicite : tout en donnant du plaisir au lecteur (enfant ou plus grand…), ils sont susceptibles de susciter nombre d’émotions et de questionnements, en lien direct avec le quotidien, mais aussi de participer au développement de la vie psychique et de l’imaginaire de chacun. L’auteure a choisi quelques grands thèmes (le jeu, les peurs, les « grandes questions » - la vie, la mort, les origines - les relations avec autrui, les chagrins) autour desquels elle bâtit ses analyses, toujours à l’aune d’albums représentatifs et tous différents les uns des autres (de Claude Ponti à Anaïs Vaugelade, en passant par Beatrix Potter ou Quentin Blake), nécessairement singuliers, sans jamais instrumentaliser son objet d’étude : les livres, écrit-elle entre autres, ne sont pas « des outils thérapeutiques », mais des « œuvres artistiques ». Et on lui en sait gré.
À propos d’album, et pour finir en beauté, un grand format que je recommande tout particulièrement : le dernier-né de Claudine Desmarteau, Mes années 70 (Panama), qui donne sacrément envie de (re)descendre dans la rue, de clamer « peace and love » ou d’écouter du Janis Joplin… L’impertinence salutaire et l’humour vivifiant de ce revival se goûtent sans modération et l’auteure, qui parle d’expérience, a l’habileté de mêler souvenirs personnels (sa garde-robe, ses lectures, ses goûts et ses activités, etc.) et thèmes plus vastes (libération de la femme, interdits et progrès sociaux, mode et musique, politique, etc.) ; une façon d’offrir une fresque variée, entre documentaire très subjectif et album de famille, qui met en avant la culture, au sens large du terme, caractéristique de l’époque. La drôlerie de l’ensemble permet de toucher un vaste lectorat - certains pourront revivre leur enfance en partie, d’autres (plus jeunes), n’en reviendront pas de découvrir qu’il est possible de survivre sans mangas ni mp3, affublés de sous-pulls synthétiques et entourés d’affreux papiers peints orange… c’est à eux que l’album, (où l’auteure ne craint pas de représenter des corps nus ou des hippies le joint au bec) s’adresse avant tout (« Quand j’avais ton âge, c’était les années 70 »).
http://www.desmarteau.fr/index.html
01:15 Publié dans Critiques, Essais & non-fiction, Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone, Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, albums, jeunesse, thomas gornet, elisabeth brami, marjolijn hof, christine et madeleine féret-fleury
2008.07.15
Lointaine rentrée & lectures

Êtes-vous traditionaliste et lisez-vous tout ou partie de ce que certains médias littéraires annoncent comme des lectures quasi obligatoires ? Ou bien la rentrée de septembre, idiosyncrasie franco-française, ne vous intéresse-t-elle que de loin ? Il est vrai qu'on se noie si vite dans la masse des parutions (plus de 600 romans cette année) qu'on rate souvent d'excellents ouvrages qui seraient passés moins inaperçus en temps habituel. Rester en retrait, en continuant de lire ce qu'on a prévu et envie de découvrir, sans s'agiter si on rate les supposés incontournables dont on nous rebat les oreilles (et dont on se passera) et sans aucun regret, paraît plus raisonnable. Les romans ci-dessous paraîtront fin août ou début septembre et même si je ne peux les lire tous avant la date fatidique (et même si je ne les lis que plus tard) je les mets de côté, soit par curiosité, soit parce que j'apprécie déjà le travail des auteur(e)s en question.
Le petit Gus de Claudine Desmarteau - Panama.
Le second roman de l'auteure, après Trouilleland, sans oublier Salpote et Cie.
L'âge d'ange d'Anne Percin - L'école des loisirs
Après Né sur X, Point de côté ou Servais des Collines...
Fenêtre sur l'abîme de Sumana Sinha - La Différence
On retrouve l'auteure sur auteurstv.
Mari et femme de Régis de Sa Moreira - Diable Vauvert
Le postulat de départ : un homme se réveille dans le corps de sa femme et vice-versa.
Laver les ombres de Jeanne Benameur - Actes Sud
Après Présent ?
Je n'en oublie pas les autres pour autant, qui attendent, non pas mon bon vouloir, mais quelques-unes de mes heures de liberté, et suite à des choix drastiques, je vais tâcher de lire ces quelques ouvrages dans les semaines/mois (?) à venir (je ne dresse pas la liste des albums et des textes de théâtre, deux autres piles distinctes).
Cinq vivants pour un seul mort de Catherine Lovey, dont j'avais apprécié le premier roman, L'Homme interdit, a paru aux éditions Zoé.
Candelaria ne reviendra pas de Mercedes Deambrosis, vu par Marko Velk, est l'une des nouvelles publications des éditions du Chemin de fer (lien ci-contre, à droite) dont je suis le travail depuis les débuts, une maison qui propose une belle interaction texte-images.
Bientôt l'été de Frédérique Bertrand, sorti chez Esperluète, un ouvrage graphique inclassable.
Far west / extrême-orient de Philippe Testa est sorti il y a près de 4 ans, mais je découvre les éditions Navarino et leur petit catalogue.
Caprices de Chine, de Stéphane Fière (auteur de l'excellent La Promesse de Shanghai - éditions Bleu de Chine), paru récemment aux éditions de l'Aube, propose des vues de la Chine entre nouvelles et reportages.
Les Portraits du jour de Marc Kravetz, 150 histoires pour un tour du monde, sont sorties aux éditions du Sonneur, en partenariat avec France Culture, où l'auteur officie toujours, dans l'émission Les Matins.
Rêver, grandir et coincer des malheureuses de Frédéric Recrosio, sous-titré "biographie sexuelle d'un garçon moyen" (Intervista, collection Les Mues) fera l'objet de quelques instants de détente (je l'ai déjà entamé et le tout est bien observé et très drôle).
Plus sérieux mais pas moins palpitant, A Coney Island of the Mind et autre poèmes de Lawrence Ferlinghetti, vient de paraître aux éditions Maelstrom, suite à la publication d'un précédent recueil bilingue de ce célèbre poète-éditeur (fondateur de la librairie indépendante City Lights de San Francisco), Blind Poet.
Amoureux grave d'Elisabeth Brami est sorti dans la collection Photoroman des éditions T. Magnier, accompagné des photos de Philippe Lopparelli. Joannic en parle ici.
Rendez-vous sur le lac, de Cathy Ytak, est réédité par La Cabane sur le chien, avec une jolie couverture de Corinne Salvi (l'auteure en parle ici).
Le visage retrouvé d'Erik Poulet-Reney (Seuil jeunesse, collection Karactère(s)), un roman intergénérationel, entre présent et passé. Du même auteur, j'avais aimé Les Roses de cendre.
Toujours dans une collection jeunesse, Apocalypse Maya de Frédérique Lorient, l'un des premiers titres de la nouvelle collection d'anticipation Soon, dirigée par Denis Guiot chez Syros.
Burquette de Francis Desharnais, une bande dessinée québécoise parue aux 400 coups, qui s'interroge sur la "mode" de la burqa...
Histoires maigres, paru aux éditions du Passage du Nord Ouest, est une compilation de nouvelles écossaises traduites de l'anglais par Catherine Richard - "une bonne introduction à l'Ecole de Glasgow", qui compte plusieurs auteurs engagés.
Dans un tout autre genre, Drôle de temps pour un mariage de Julia Strachey (Quai Voltaire / La table ronde, traduit par Anouk Neuhoff), publié en 1932 par The Hogarth Press, la petite maison d'édition de Virginia Woolf et de son époux Leonard, semble être un petit roman (ou une longue nouvelle...) plutôt cocasse.
Entre le chaperon rouge et le loup c'est fini, de Katarina Mazetti (traduit du suédois par Max Stadler et Lucie Clauss, éditions Gaïa) fait suite à Entre dieu et moi, c'est fini - l'un de mes incontournables...
00:05 Publié dans Critiques, Essais & non-fiction, Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone, Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lectures, romans, rentrée littéraire
2008.05.20
Titre à rallonge...
Faire l'amour est une maladie mentale qui gaspille du temps et de l'énergie... Ce n'est pas moi qui le dis, mais Fabrice Melquiot - c'est ainsi que s'intitule l'une de ses dernières pièces, publiée par L'Arche Editeur, et dont je parlerai (après Tasmanie ou Je peindrai des étoiles filantes et mon tableau n’aura pas le temps - autre titre volontairement long).
D'autres titres à a rallonge ? Me vient à l'esprit Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture, d'Ellen Willer (L'école des loisirs), que je recommande vivement. D'autres idées... ?
04:41 Publié dans Lectures en cours... | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, théâtre, titre, lecture
2008.05.13
Derniers articles, dernières lectures
Je manque de temps pour parler dès maintenant de certaines de mes dernières lectures... Il reste que j'ai apprécié, apprécie (et donc recommande...) :
Le fruit du silence roman d'Arnauld Pontier (Actes Sud, 2008), après Equinoxe.
Moi aussi d'Alain Kewes, une réjouissante nouvelle... (éditions Rhubarbe) Chez le même éditeur, on découvrira aussi La nouvelle de A à Z ou troisième tour du monde de la nouvelle en langue française de René Godenne, un excellent dictionnaire subjectif de la nouvelle en tant que genre.
La petite sirène de Myriam Mallié (peintures d'Alexandra Duprez) aux éditions Esperluète - une belle variation. Pour rester dans le texte bref, j'ai aussi lu Profil perdu de Line Aressy (éditions MLD)
Du côté des essais, je bouquine par intermittences Le sexe et la loi d'Emmanuel Pierrat (La Musardine), Discours contre dieu, un groupement des textes athées de Sade (Editions Aden), et Histoire universelle de la destruction des livres de Fernando Baez (Fayard, traduit de l'espagnol par Nelly Lhermillier), un ouvrage d'une vaste érudition.
Je termine Combien de fois je t'aime de Serge Joncour (encore des nouvelles...!) - Flammarion, ainsi que La fleur de peau de Sebastia Alzamora (trad. du catalan par Cathy Ytac - Métailié), avec un sacré retard pour tout le reste...
A signaler, la parution du 6e ouvrage de la collection Architexto (éditions Fourre-tout) : Damien Henry, architecte + Bouli-Lanners, cinéaste. On se souvient peut-être du 5e ouvrage, Martiat & Durnez, architectes + Frédéric Saenen, écrivain. De même, après Black Sunday (éditions des Femmes), Jacqueline Merville publie Juste une fin du monde (éditions L'Escampette), une "suite" du précédent.
16:54 Publié dans Critiques, Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livres, lecture, roman, essai, parutions
2008.05.06
Quelques lectures...
Merci d'abord à Hélène, grâce à qui j'ai découvert les éditions MLD. Il suffit d'ouvrir (et de lire...) Profil perdu de Line Aressy, pour saisir la qualité du travail de Mérédith Le Dez, éditrice. J'en reparlerai.
En ce moment, je lis Le Fruit du silence, le dernier roman d'Arnauld Pontier (Actes Sud). Du même auteur : Le Cimetière des anges (Actes Sud, 2005), et Equinoxe (Actes Sud, 2006).
Des chroniques à venir, sur Journal d'un garçon de Colas Gutman (Medium de l'école des loisirs), drôle, enlevé et acide à la fois, sur plusieurs albums jeunesse, dont Bou et les 3 zours d'Elsa Valentin et Ilya Green (Le poisson soluble) et les deux derniers textes de Catherine Leblanc (Viens, on va chercher un poème aux éditions Sarbacane et Litli Soliquiétude, aux éditions OSLE ?), ainsi que sur une fiction entre fable et roman - Méchantes filles de Laura Berent (Editions du cygne).
11:24 Publié dans Edition, Lectures en cours... | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lectures, romans, albums, jeunesse, mld
2008.03.28
Derniers articles, dernières lectures
Plusieurs articles ces derniers jours, en littérature générale, jeunesse ou poésie. Quelques ouvrages recommandés...
Les fantômes du soir un roman de Sébastien Doubinsky - Le Cherche Midi
Rubinstein, écrivain moyen
Tout débute sur… une chute – quand Paul Rubinstein, invité d’une émission de télévision littéraire (ou qui, du moins, en a les prétentions, comme la plupart de ces programmes pipoles, indigestes et tristounets), dégringole en direct et en public du tabouret peu confortable sur lequel on l’a posé. Une chute qui marque un tournant dans la vie pourtant paisible de cet écrivain discret, dont le dernier roman figure (miracle !) sur la (fameuse ou infamante ?) liste des goncourables – à la grande joie de l’éditeur indépendant auquel Paul a toujours été fidèle. Serait-ce le commencement d’une gloire tardive (et vraisemblablement méritée) ? Lire la suite de l'article
Ma vie de singe d'Andrée Appercelle, illustrations de Marcellin, Motus
Miracle de la poésie
L’auteure donne la parole à celle qui fut son « animal d’affection » durant vingt-trois ans : Judith, macaque d’Asie, qu’elle adopte en 1974 et à qui les illustrations de Marcellin (qui signe déjà les illustrations de Quand j’étais petite, chez le même éditeur) confèrent une belle expressivité. Comme à l’accoutumée, on appréciera aussi la qualité de réalisation de cet ouvrage des éditions Motus, 64 pages imprimées sur papier recyclé, un choix qui renforce l’impact des illustrations. Lire la suite de l'article
Aria des Brumes de Don Lorenjy - Le Navire en pleine ville
Philo-fiction
Au centre du récit, Carl, un « automax », sorte d’androïde programmé pour réussir, construit de toutes pièces (sa musculature, mais aussi ses souvenirs ou ses capacités à obéir aveuglément…) par l’Alliance, un empire tout-puissant dont l’un des objectifs est de reprendre le contrôle de la planète Aria – qui échappe depuis quelque temps à leur circuit économique. Notre homme-robot est lâché sur la planète autonome en compagnie de quatre de ses semblables, mais la mission, pourtant minutieusement préparée, mathématiquement infaillible, échoue au bout de quelques instants... Lire la suite de l'article
Ne sois pas timide de Claire Ubac - L'école des loisirs
Aventurier virtuel
Le titre du dernier roman de Claire Ubac devrait inciter tous les grands timides à s’y plonger… Mais peut-être seront-ils déçus de ne pas y trouver de recettes miraculeuses ou d’astuces infaillibles leur permettant de vaincre leur manque d’assurance ou d’éviter de rougir à tout bout de champ ; au moins, ils passeront d’excellents moments en compagnie d’Oskar, héros malgré lui d’une aventure qui oscille entre la réalité – avec son lot de déconvenues et de vrais bonheurs – et le virtuel – un monde dans lequel plonge le jeune homme, après s’être converti à un jeu en ligne lui promettant de « surmonter la solitude et découvrir le chemin vers les autres» ; une devise qui pourrait s’appliquer à tout réseau d’amitiés virtuelles. Lire la suite de l'article
Ce que la vie signifie pour moi de Jack London, traduit de l’anglais par Moea Durieux - Editions du Sonneur
Profession de foi
Ce court texte autobiographique paru en 1906 donne à voir un Jack London (1876-1916) sous un jour inhabituel ; car on ne le sait peut-être pas, mais avant d'être l’auteur de Croc Blanc ou de L'appel de la forêt, l'écrivain fut un autodidacte, originaire d’une famille populaire, adepte du capitalisme puis du... socialisme. Il retrace ici son parcours cahoteux, entre petits métiers et vagabondages, une trajectoire militante, des usines aux salons, et vice-versa... Lire la suite de l'article
Le jour où Lania est partie de Carole Zalberg - Nathan Poche
L’engagement, mais pas seulement
Lania vit dans son village, entourée de ses frères et sœurs, de parents aimants qu’elle aide aux champs. Malgré les sécheresses ou les inondations, la pauvreté endémique et les nombreuses responsabilités qui lui incombent, elle aime cette existence simple, la seule qu’elle connaisse, même si elle cherche sa place, entre les « grands » et les « petits », et rêve au jour où enfin elle sera « grande » elle aussi. Mais quand des étrangers viennent proposer à ses parents de l’emmener travailler en ville (« Vous voulez son bonheur, n’est-ce pas, alors laissez-la partir avec nous »), tout va trop vite... Lire la suite de l'article
Mes lectures du moments... en cours ou achevées...
A l'arrière des taxis de Marie Leymarie - éditions Syros, collection tempo + (à partir de 13 ans)
Un roman dont j'ai d'abord apprécié la couverture (signée Ilya Green, auteure de l’excellent Strongboy, le tee-shirt de pouvoir – Didier jeunesse) et qui se lit aisément - un peu trop, peut-être. On y fait la connaissance d'un jeune homme de 17 ans, velléitaire, accablé par un ennui rédhibitoire, qui se retrouve mêlé à des histoires d'amour qu'il semble ne pas avoir choisies... et qu'il subit, de la même manière qu’il subit sa vie d'enfant gâté. Un portrait bien construit, dont on aurait aimé qu'il soit un peu plus "épais" - tout comme les personnages secondaires, en particulier Irina, une jeune fille attachante qui ne se soucie guère des apparences et dont le narrateur tombe pourtant amoureux, inexplicablement…
La Nouvelle de A à Z de René Godenne - éditions Rhubarbe
Une mine d'informations sur le genre nouvellistique, sous forme de glossaire, par un "missionnaire" de la nouvelle.
Discours contre Dieu de Sade - éditions Aden, collection opium du peuple - une anthologie des textes athées du marquis, extraits de leur contexte romanesque.
Et pour accompagner le précédent, Dictionnaire diabolique de Marcos Drake - éditions Scali - un ouvrage épais, dans lequel je compte bien me plonger davantage.
Je lis Lucky Girls de Nell Freudenberger (nouvelles traduites de l'anglais par Clément Baude, La Table Ronde), et La fleur de peau de Sebastià Alzamora (recommandé par sa traductrice du catalan, Cathy Ytak) - éditions Métailié. Je vais me pencher sur la toute nouvelle collection des éditions Actes Sud Junior : "Ceux qui ont dit non", dirigée par Murielle Szac - de courts romans historiques qui mettent en scène quelques figures de révoltés, tout en faisant le lien avec l'ici et le maintenant. A suivre, donc...
12:13 Publié dans Critiques, Edition, Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone, Littérature jeunesse, Romans ados | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, critique, livres, romans, poésie, albums, jeunesse
2008.02.20
Retour... et lectures
Après une (forcément trop brève…) pause de l’autre côté de la Manche, quelques (là encore brèves) nouvelles de lectures dont je reparlerai prochainement. La pile d'ouvrages en souffrance ne cesse de monter et je me vois contrainte d'effectuer des choix parfois bien difficiles...
Les fantômes du soir de Sébastien Doubinsky - Le Cherche Midi
Aria des Brumes de Don Lorenjy - Le Navire en pleine ville
Ne sois pas timide de Claire Ubac - L'école des loisirs
Ce que la vie signifie pour moi de Jack London - Editions du Sonneur
Les inséparables de Colas Gutman - L'école des loisirs
Dieu vit à Saint-Pétersbourg de Tom Bissell - Albin Michel, Terres d'Amérique
Je me suis aussi lancée dans le dernier roman de Hanif Kureishi, Something to tell you, un grand plaisir pour l’instant… (à paraître chez Faber en mars et un peu plus tard en France), dont j'aime beaucoup la couverture (ci-contre). Du même auteur, on appréciera entre autres le recueil de nouvelles, regroupées sous le titre La lune en plein jour.
01:10 Publié dans Lectures en cours..., Littérature étrangère, Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lecture, romans, parutions
2008.01.24
Derniers articles, dernières lectures
Quelques articles publiés récemment ainsi que mes lectures en cours...
*** Fiction

Ces gens-là, de Virgile Durand, Plon 2008
À chacun son secret…
Ces gens-là, premier roman de Virgile Durand, retrace plusieurs parcours d’existence plus ou moins liés, sur plusieurs générations ; un entrelacs d’histoires impeccablement échafaudé, dont il est bien difficile de s’extirper tant on se laisse porter par une écriture volontairement sobre et par les personnages qui se voient attribuer chacun un long chapitre...
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Les Ostrogoths, de Martine Pouchain, Les 400 coups, coll. Connexion, 2007
"Dire que le bonheur était là, tout près, et que je ne le savais pas."
Collection dirigée par Christine Féret-Fleury, Connexion a vu le jour l'an passé ; destinée aux adolescents, ouverte à toutes les formes de littérature (romans, nouvelles, thrillers, pages romancées de l'histoire, polars, journal intime, récits d'aventures…), elle donne la parole à de jeunes auteurs aussi bien qu'à des écrivains plus connus, comme Martine Pouchain, qui signe là un roman savoureux, pourtant ancré dans une réalité qui, au premier abord, ne pourrait sembler que sordide...

Si j'ai une âme, de Vincent Peyrel, L'Amourier, 2007
Inhumaine humanité
« Je m’appelle Hans. Je m’appelais Hans. Déjà. Le 7 novembre 1919. J’ai rencontré Frédéric à la gare de Hanovre. Il faisait froid. »
« Les flics sont venus le 23 juin 1924. Frédéric n’était pas là. Le piano ne jouait pas depuis quelques jours. Je dormais. Encore. »
Si j’ai une âme pourrait être contenu dans ces deux déclarations, qui ponctuent le récit de temps à autre, à la manière d’un refrain lancinant qui semble aider Hans, le narrateur, à garder un point d’ancrage dans le réel ou à reprendre le fil de son monologue. Entre ces deux dates, l’histoire d’un couple atypique...

Premières heures au paradis de Hafid Aggoune, Denoël, 2008
(Re-)Naissances
Roman sur la filiation, la paternité et la naissance, Premières heures au paradis débute sur un abandon impulsif, qui ressemble fort à une fuite : « Ce beau jour de mai, j’ai ouvert la porte et je suis parti sous un ciel bleu. Les ténèbres envahissaient mon crâne. » D’emblée, on pénètre dans une quête pétrie de paradoxes, évoquée sous la forme d’une missive (ou tout comme) que l’acteur Théophile Cannan paraît adresser, en pensée, à la romancière Lucille Eden, sa compagne. En façade seulement, car on comprend vite qu’en dépit du choix d’une interlocutrice, c’est avec lui-même que le narrateur a rendez-vous...
*** Inclassable

Passe-Musée, passe-temps, passe-passe et passementerie de Frédéric Clément, Paris Musées, 2007
Promenons-nous… au musée
Un rendez-vous manqué avec une certaine Mademoiselle L. devant le musée des beaux-arts de Paris, la découverte d’un petit paquet de « bouts de temps » qui doit être remis à une mystérieuse Madame de R, « Muse des Musées », et voilà Monsieur Clément, fort intrigué, en quête de cette inconnue, dans un Petit Palais où visiteurs et personnel sont plongés dans un «grand sommeil ». En revanche, les résidents habituels – personnages des tableaux, figurines ou objets de toutes sortes – ont quitté leurs cadres et investi les lieux...
*** lectures achevées
Revue littéraire In-fusion - janvier 2008, numéro 1 lire cette présentation
Martiat Durnez + Frédéric Saenen - Editions fourre-tout, coll. Architexto, 2007
Architexto promeut la transdisciplinarité entre l’architecture et l’écriture contemporaines. La seconde saison (2007-2008) se poursuit avec la rencontre entre les architectes François-Xavier Martiat et Sibrine Durnez, diplômés de l’ISA Saint-Luc de Wallonie et installés à Liège depuis 2004, et l’écrivain Frédéric Saenen, fondateur de la revue Jibrile et collaborateur à de nombreuses revues littéraires en Belgique, en France et sur le web.
Cassé (Kurt Cobain) de Christophe Paviot - Naïve, 2008 - lecture hautement recommandable...
Les petits recueils de nouvelles des éditions Filaplomb
Faut pas tuer les goélands de Jocelyne Sauvard - paru dans la collection Aventuriers du monde (Monde Global), que je présente ici.
Janis Joplin de Jean-Yves reuzeau - Folio, biographies, 2007
Yapou bétail humain de Shozo Numa et Tatsuya Egawa, Kami, 2007 (le manga inspiré du roman de Shozo Numa)
Epuisé de Joe Matt, Seuil BD, 2007 (après Les Kids et Strip-Tease... la 3e auto-fiction graphique de l'auteur...)
Sur la piste des dragons, troisième carnet, par Elian Black Mor, Au bord des Continents, 2007
Lilia de nadine Brun-Cosme et Anne Brouillard, Points de suspension, 2007
*** lectures en cours... à divers stades
Qui se souvient de Paula de Romain Slocombe, Syros, 2008
Aria des brumes de Don Lorenjy - Le navire en pleine ville, 2008
Ne sois pas timide de Claire Ubac - Medium de l'école des loisirs, 2007
Chroniques d'une société annoncée - collectif Qui fait la France ? Stock, 2007
et des tas d'autres qui attendent...
07:00 Publié dans Critiques, Des nouvelles de Sitartmag, Essais & non-fiction, Lectures en cours..., Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, lecture, romans, parutions, articles, Sitartmag

























































































































