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2007.11.03

Belles Etrangères 2007

bf134851d4e0fcfd1e1042debb44b7d0.jpgAprès la Nouvelle Zélande, la Roumanie, la Russie, l'Algérie, L'inde... c'est au tour du Liban d'être l'invité des belles étrangères. 12 auteur(e)s  représenteront la littérature de leur pays : Zeina Abirached, Mohamed Abi Samra, Abbas Beydoun, Hassan Daoud, Tamirace Fakhoury, Joumana Haddad, Imane Humaydane-Younes, Elias Khoury, Charif Majdalani, Alawiya Sobh et Yasmina Traboulsi et Rachid el-Daïf, dont il faut lire l'excellent Qu’elle aille au diable Meryl Streep (Actes Sud).

Une anthologie leur est consacrée : Les Belles Étrangères, Liban - Douze écrivains libanais aux éditions Verticales Octobre 2007    www.editions-verticales.com

programme des manifestations et des rencontres http://www.belles-etrangeres.culture.fr/

 

2ebdf14e97d920763adb3fde590d76de.jpgQu'elle aille au diable, Meryl Streep ! de Rachid el-Daïf, traduit de l'arabe (Liban) par Edgard Weber (Actes Sud, 2004)

Les malheurs de Rachid...

D'entrée de jeu, Rachid nous embobine dans son discours emberlificoté et cocasse, sans jamais, semble-t-il, se départir d'un ton sentencieux qui sert à merveille l'ironie de ce roman. Sans relâche, le narrateur se réfugie dans les mots pour vivre une révolte qu'il n'a pas le courage de transposer en actes, ou pour s'assurer (il ne peut cependant nous tromper longtemps) que son statut d'homme et d'époux ne saurait être remis en question...
Son monologue suit une logique qui lui est propre, donne lieu à de nombreuses confusions, et le lecteur, bien vite, se rend compte des contradictions qui régissent l'univers intérieur de Rachid. Faut-il le plaindre ? Le condamner ? Rire de lui ? Assurément, face à la déroutante naïveté de ce narrateur, pathétique macho tiraillé entre tradition et modernité, et face à sa mauvaise foi pathologique, le lecteur ne peut qu'opter pour cette dernière proposition...
Rachid, longtemps célibataire, est enfin marié ; cela fait un mois, mais les malentendus et les querelles se multiplient entre lui et sa femme, cette dernière passant ses soirées et parfois ses nuits chez ses parents, prétextant que ces derniers, eux, possèdent une télévision, de surcroît branchée au câble... Rachid, en époux attentif (en réalité désireux de satisfaire un peu plus souvent ses ardeurs sexuelles...), décide d'acquérir lui aussi l'objet du désir, tout en se souvenant des sages paroles de son père, qui disait de la télévision : "un monde qui détruisait l'homme à cause de sa dangereuse, efficace et impressionnante magie", ajoutant : " nous ne sommes plus seuls dans notre maison, nous ne sommes plus des humains à part entière. Nous ne sommes plus que des yeux exorbités et des oreilles dressées."

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